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Andrea Mantegna, Lamentation sur le Christ Mort, 1475-1478On constate que les représentations religieuses de la Renaissa...
23/10/2024

Andrea Mantegna, Lamentation sur le Christ Mort, 1475-1478

On constate que les représentations religieuses de la Renaissance on pu présenter une figure plus humaine que divine du Christ. Andrea Mantegna représente en effet un Christ dont le corps s'étale dans un espace humain qui est l'espace en trois dimensions.

Mais cette oeuvre de Mantegna arrive en fait assez tôt dans la production picturale italienne du Quattrocento.

Tôt dans la mesure où, pour la première fois, le point de vue subjectif (alors qu'il venait de faire preuve d'une grande légitimation théorique par la perspective en point de fuite) arrive face à un dilemme qui, s'il n'est que pressenti par Mantegna, ne sera pas résolu avant la fin du XVIe siècle :

un point de vue subjectif peut-il vraiment rendre compte de l'intégrité objective du visible ?

Or Mantegna, appartenant à l'esprit renaissant, répond par l'affirmative : il y a bien pour lui une coïncidence entre le Sujet et l'Objet.

Toutefois le peintre explore un point de vue qui déforme les proportions traditionnelles :
l'écrasement du torse et des jambes la proportion de la tête par rapport au corps (légèrement soulevée par rapport au corps raccourci ce qui accentue sa dimension) la hauteur des mains égale à la hauteur des bras la hauteur des pieds égale à la hauteur des jambes

Bref, le corps du Christ apparaît étrange.

Mais ces distorsions (dues à la position subjective du point de vue) sont récupérées par une rationalisation des effets de raccourci.

Le but étant pour Mantegna de trouver des proportions adéquates pour un point de vue donné.

Le point de vue en raccourci n'empêche pas la symétrisation des parties avec l'alignement horizontal des membres (coudes, mains, genoux et pieds) ni la visibilisation des stigmates.

La tête fait la moitié du torse et la moitié des jambes ce qui correspond assez aux proportions classiques et le corps est circonscrit en un cercle (dont le centre toutefois n'est plus attribué au nombril mais au sexe du fait du raccourci).

Titien, Vénus d'Urbin, 1538Diego Vélasquez, Vénus à son miroir, 1644 - 1648Titien et Velasquez, bien qu'appartement à de...
11/10/2024

Titien, Vénus d'Urbin, 1538
Diego Vélasquez, Vénus à son miroir, 1644 - 1648

Titien et Velasquez, bien qu'appartement à des écoles différentes, nous montrent dans leur nu leur conception de la Beauté.

Chacun à leur manière ils nous dévoilent comment l'art est en mesure d'exprimer la féminité pure.

Si Titien puise une conception de la beauté qui relève de la perfection formelle, Velasquez préfère la touche et la sensualité de la chair plutôt que la forme.

Beauté formelle contre beauté charnelle s'offre donc en opposition entre les deux Vénus de Titien et Velasquez.

Si l'esprit encore classique de Titien conserve une harmonie des parties en division distincte (spatiale ou anatomique) le baroque du peintre espagnol vise un autre but : confondre les éléments visibles et invisibles en une unité vitale indécomposable quitte à confondre les parties entre elles (avant-plan et arrière-plan, buste et hanche, épaule et bras, visage et ombre).

On ne pourrait pas affirmer lequel des deux aboutit le mieux vers sa quête de la sensualité. Leurs différences reflètent toutefois à quel point deux époques (XVIe et XVIIe) ont exprimé, certes par des voies singulières, une même ambition pour la représentation de la perfection féminine.

Titien, Vénus d'Urbin, 1538Diego Vélasquez, Vénus à son miroir, 1644 - 1648Velasquez reprend le thème païen de la Vénus ...
10/10/2024

Titien, Vénus d'Urbin, 1538
Diego Vélasquez, Vénus à son miroir, 1644 - 1648

Velasquez reprend le thème païen de la Vénus dont la tradition remonte à l'école vénitienne de la Haute Renaissance (Giorgione puis Titien).

Ce thème du nu est traité à la fois à la manière classique de Titien en 1538 et à la manière baroque de Velasquez un siècle plus t**d.

Tout à fait caractéristique de leur volonté artistique qui leur est propre, le modèle de Titien et celui de Velasquez révèlent toutes les différences qui séparent les cultures classique et baroque.

Titien, dont la Vénus n'est, en fin de compte, qu'une des oeuvres précédant la maturité finale du peintre, relève encore pleinement du schéma renaissant :
la composition d'une scène en parties distinctes et donc divisible selon les points significatifs
une perspective avec un point de fuite centré au niveau de l'axe
une composition anatomique parfaitement proportionnée et dont la division est en rapport avec la division des parties spatiales (propre à l'esprit classique)
un dessin ferme et solide qui structure chaque articulation du corps et les détails ornementaux
une lecture de la scène qui décompose les éléments en unité simple

Quant à Velasquez son schéma est propre au baroque et sa conception du corps, de l'espace et des éléments principaux fait fusionner le tout en un ensemble indivisible :
pas de division de la scène en partie distincte
les parties significatives n'ont pas plus d'importance que les parties secondaires
une touche qui casse la linéarité solide du dessin
aucun personnage ne peut être lu isolément

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Neuilly-sur-Seine
92200

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