Un film au cinéma

Un film au cinéma un film au cinéma avec Lyne Bonnaud

FJORDAprès avoir vu le dernier film de Cristian Mungiu, réalisateur maintes fois récompensé, ce sont les interprètes qui...
23/08/2026

FJORD

Après avoir vu le dernier film de Cristian Mungiu, réalisateur maintes fois récompensé, ce sont les interprètes qui me laissent sous le charme. Bien qu’ayant beaucoup aimé « Julie en 12 chapitres » et « Valeur sentimentale », Renate Reinsve ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, bien au contraire. Ici, elle transcende l’écran aux côtés de Sebastian Stan, déjà remarquable dans la peau de Trump (The Apprentice). On peine à les reconnaître sous les traits de leurs personnages, ici tout en réserve.

Le couple et leurs cinq enfants reviennent s’installer dans le pays natal de la jeune maman. Son époux est d’origine roumaine. Les parents, très pieux, pratiquent avec une grande ferveur leur religion protestante, dans laquelle ils élèvent leur progéniture.
L’intrigue du film s’installe de manière très manichéenne. Lors d’un cours de sport, l’enseignante remarque des marques sur le haut de l’épaule de la jeune fille et pense à un châtiment corporel. Il n’en faudra pas plus pour qu’un signalement soit déposé auprès de l’aide sociale à l’enfance.

Le cinéaste manipule outrageusement les spectateurs de son film par des clichés non dissimulés. Et cependant, une certaine magie opère lentement, indépendamment du fait qu’il aborde un sujet brûlant et relativement tu.
Il construit un film qui nous malmène par les questionnements qu’il sous-tend. Et c’est heureux à voir au cinéma. Ainsi, la société progressiste norvégienne est mise face à ses propres limites et contradictions. L’intégration peut-elle se faire autrement que par l’assimilation ? Rien n’est moins sûr dans le drame familial qui se joue sous nos yeux. Sous couvert de défendre des valeurs qu’elle estime justes, elle rejette ceux qui ne peuvent s’y conformer aisément.
Il semble que le réalisateur se soit inspiré d’un drame qui a secoué la Roumanie en 2016. Il aura laissé le temps passer pour pouvoir se l’approprier avec son cinéma.

Je reconnais à ce réalisateur beaucoup de talent, mais je n’aime pas beaucoup ses films (« 4 mois, 3 semaines, 2 jours », « Baccalauréat »), qui prennent en otage le spectateur, exception faite de « R.M.N. », qui m’avait littéralement subjuguée.
Je ne peux apprécier ni adhérer à son cinéma, qui prend trop de raccourcis en forçant le trait pour créer son effet, bien que cela fonctionne. Mais force est de constater que Mungiu parvient à se rattraper et à créer un espace pour penser et débattre, ce qui est très précieux dans nos sociétés qui en manquent cruellement.

« Fjord » et ses protagonistes, coincés entre la mer et les montagnes norvégiennes, interrogent notre capacité à faire communauté dans un vivre-ensemble harmonieux.

Ses films sont nécessaires, il faut les voir.

Fjord (Roumanie 2h26 mn) de Cristian Mungiu avec Sebastian Stan, Renate Reinsve, Alin Panc

The last vikingThe last viking est un film sur la corde raide des émotions, de l’éclat de rire aux larmes aux yeux, sans...
21/07/2026

The last viking

The last viking est un film sur la corde raide des émotions, de l’éclat de rire aux larmes aux yeux, sans faire l’impasse pour autant d’un petit peu de dégoût devant des scènes gores et ubuesques à souhait.
L’équilibre était difficile à trouver pour ce film aux allures d’une œuvre des frères Cohen qui se seraient égarés au Danemark.

L’écriture est soignée et le personnage de Manfred à John Lennon, incarne une forme de pureté absolue. Mads Mikkelsen fait vivre ses doubles avec beaucoup d’émotion, dans un mouvement sensible de l’expression du visage parfois quasi imperceptible, quand tout le corps ne bascule pas dans un même mouvement très engagé. C’est suffisamment rare au cinéma pour parvenir à créer une forte intensité émotionnelle burlesque, et de fait très beau à voir.
Ce grand acteur danois n’en finit pas de nous surprendre. Après Drunk et son final jouissif, dans lequel il brille par ses talents de danseur qui fut son premier métier, il est ici plus proche d’un Edward aux mains d’argent.

Certaines scènes du film sont des clins d’œil non dissimulés à la belle série Millénium, sans être des copiés/collés pour autant. Le scénario est efficace, et le montage fonctionne parfaitement pour passer un moment de cinéma assez exquis.

Le début comme la fin semblent emprunter les techniques du lavis, et apportent une touche précieuse à l’univers débridé qui fait la marque de fabrique de cette comédie noire.

The last viking (Danemark 1h56 mn) de Anders Thomas Jensen avec Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Sofie Gråbøl

AVAAva, 13 ans, passe en bord de mer ce qui semble être son dernier été. Elle perd progressivement sa vue diurne. Sa mèr...
21/07/2026

AVA

Ava, 13 ans, passe en bord de mer ce qui semble être son dernier été. Elle perd progressivement sa vue diurne. Sa mère, pas toujours très adaptée, lui pèse. Elle recherche la compagnie d’un grand chien noir avant de se rapprocher de son maître, Juan, un jeune Gitan énigmatique, mis au ban de sa communauté.

Premier film de Léa Mysius, Ava ne quitte jamais son personnage principal. Dès les premières images, l’écriture du film prend la tangente, loin des sentiers battus du récit d’apprentissage et du passage de l’adolescence à l’âge adulte.
La première scène détonne par sa fausse langueur. Un chien noir passe entre les estivants pour s’arrêter manger des frites sur le ventre de la jeune Ava, endormie. Une menace plane.
La cinéaste emprunte des chemins elliptiques pour nourrir son propos.

Ava est un coup de maître. Avec Les Cinq Diables, son second long métrage, la jeune réalisatrice bordelaise transformera brillamment l’essai.
Noée Abita, fine silhouette aux grands yeux noirs, fait elle aussi ses débuts au cinéma. Elle incarne Ava avec une présence d’une rare singularité pour une toute jeune novice. On comprend sans peine qu’elle ait pu être nommée dans la catégorie du meilleur espoir féminin à Cannes.
La vue d’Ava, en symbiose avec son innocence, s’efface progressivement au rythme de l’éveil de sa sensualité. La partition de la jeune actrice est tout aussi troublante que son personnage de femme en devenir, qui tâtonne dans l’urgence qui est la sienne.
Le jeune Juan Cano, qui lui donne admirablement la réplique de son regard aquilin, participe lui aussi pleinement à l’étrangeté du film. Son personnage véhicule avec lui la magie du peuple gitan.

L’image est belle, sans pour autant dénaturer le sujet de ce Bonnie and Clyde pieds nus dans le sable, à l’abri d’un blockhaus, dont les butins seraient les goûters des nudistes pris en joue.
Un film aussi rafraîchissant et solaire qu’une braise sous la neige.

AVA (France 1h45 mn) de Léa Mysius avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano, etc.

MaspalomasLe film Maspalomas débute dans le paysage dunaire de Grande Canarie. Vicente se perd dans les dunes pour y con...
15/07/2026

Maspalomas

Le film Maspalomas débute dans le paysage dunaire de Grande Canarie. Vicente se perd dans les dunes pour y consommer du sexe. Il retrouve son ami Ramon sur la plage. Les deux hommes y coulent une retraite sous le soleil, dans une ambiance de fête sans lendemain, loin des vicissitudes de la vie. Vicente a quitté son conjoint, Estebàn, qui l'entretenait ; Ramon est prêt à l'héberger.
Un soir de fête et d'orgie sexuelle, Vicente est victime d'un AVC. Il se retrouve dans un EHPAD, où sa vie d'avant le rattrape.
La rencontre avec le solaire Xanti, son voisin de chambre, va radicalement changer sa vie.

Toute la beauté du film réside dans son déroulement, toujours sur la crête d'un équilibre tendu, auquel il ne déroge jamais.
Les cinéastes basques abordent le vieillissement, le sexe et le fait d'être soi-même au regard des autres avec beaucoup d'humanité et de dignité.

Une très belle surprise cinématographique, au cœur de l'été, dont il serait terriblement dommage de se priver.

Maspalomas (ESpagne 1h55 mn) de Aitor Arregi, José Mari Goenaga avec José Ramón Soroiz, Nagore Aranburu, Kandido Uranga

La chaleurLes premières images m’ont projetée dans le souvenir de Mektoub, My Love : Canto Uno. Des jeunes gens, beaucou...
09/07/2026

La chaleur

Les premières images m’ont projetée dans le souvenir de Mektoub, My Love : Canto Uno. Des jeunes gens, beaucoup de jeunes gens, courent en maillot de bain vers la mer. Les mêmes scènes se répètent, les corps sont en mouvement. Il fait chaud et la lumière traverse l’écran.
C’est l’été. La saison est propice aux rapprochements entre les garçons et les filles. Ils déambulent, leurs corps à peine vêtus.
Puis la caméra se resserre sur un jeune homme en particulier, Marouane. Passionné de musique classique, il s’apprête à partir étudier la musicologie. Il est souvent accompagné de son ami Noé, du camping à la mer, toujours un peu en marge des autres.

Il y a une langueur qui s’installe lorsque Marouane apparaît à l’écran, ou plutôt une sorte de torpeur intérieure chez ce jeune homme qui marche vers un but plus ou moins défini, le regard caché sous ses boucles noires. Tourmenté par les événements de la veille au soir, il est peut-être dans une forme de déni de ce qui a pu se passer.
Il se rapproche de la belle Giulia, une jeune Italienne, elle aussi en vacances avant sa rentrée universitaire.

Stéphane Demoustier, tout comme dans La Fille au bracelet, parvient habilement à créer une ambiance où la tension est palpable. Une tension qui ne cesse de s’accentuer tout au long de ce long métrage pourtant assez court (1 h 32), dont l’action se déploie sur quarante-huit heures.

La fin est cinématographiquement très belle. Elle fonctionne comme un négatif du reste du film : jusque-là, les images suggéraient les mots ; dans les derniers instants, les images disparaissent et seule la voix demeure. Cette simplicité de mise en scène renforce toute la profondeur du propos.

La chaleur (E.U. 1h32 mn) de Stéphane Demoustier avec Hadrien Hussein, Tristan Richard, Martina La Manna

Ghost ElephantsUn film de Werner Herzog, c’est un voyage sensoriel d’images et de musicalités, aux confins du rêve et de...
07/07/2026

Ghost Elephants

Un film de Werner Herzog, c’est un voyage sensoriel d’images et de musicalités, aux confins du rêve et de la réalité. J’en ressors toujours habitée par un ensemble de sensations et d’émotions qui m’émeuvent.
La promesse est grande, avec le cinéaste allemand, de se laisser porter dans un univers singulier qui n’appartient qu’à lui. Par son écriture et son dispositif de mise en scène, il parvient à placer, au cœur de son intrigue, des personnages hors normes, experts dans leur domaine (La Grotte des rêves perdus, Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft, La Soufrière, etc.).
Ses quêtes de l’impossible nous embarquent, nous spectateurs, aux côtés du personnage principal, dans un voyage à mi-chemin entre onirisme et réalité, dont nous ressortons curieux d’en découvrir encore un peu davantage sur le sujet qu’il déploie par tâtonnements.

Dans ce film, nous suivons les pas du Dr Steve Boyes dans ses missions d’explorateur, à la recherche des plus grands éléphants du monde. Le plus beau spécimen jamais découvert, nommé Henry, a été tué il y a bien longtemps avant d’être exposé au musée Smithsonian de Washington. Steve va le voir ; il le connaît et cherche depuis déjà une décennie, sur les hauts plateaux d’Angola, à plus de 1 200 mètres d’altitude, les éventuels descendants d’Henry.
Des expéditions avec les trois meilleurs pisteurs namibiens des San Bushmen à la rencontre des peuples des hauts plateaux, le voyage devient une aventure humaine quasiment mythologique. Le grand mammifère s’éloigne dans les brumes fantasmagoriques pour laisser place à l’altérité. Ces hommes, qui ne partagent ni la même langue ni les mêmes phonèmes, poursuivent pourtant un même objectif. Et derrière les grands yeux bleus de Steve, l’homme vieillissant se questionne.

Ne serait-il pas préférable de ne pas trouver le grand éléphant ?
Le fantôme laisse alors toute sa place à l’imaginaire et aux nouvelles expéditions.
ll se dégage du film une grande poésie, portée par ces hommes qui marchent ensemble en explorant les contours d’un même rêve…

Ghost Elephants (E.U. 1h39 mn) de Werner Herzog

Au cœur des ténèbres : l’apocalypse d’un metteur en scènePlus de dix années ont passé depuis la découverte d’Apocalypse ...
13/05/2026

Au cœur des ténèbres : l’apocalypse d’un metteur en scène
Plus de dix années ont passé depuis la découverte d’Apocalypse Now, film baroque et dantesque, dans lequel toutes les expérimentations semblent avoir pu trouver leur place, quand sort, en 1991, ce documentaire sur le tournage de ce film culte.
La plupart des images sont celles d’Eleanor Coppola, la femme du réalisateur. Sur le tournage, avec époux et enfants, elle le filmait, l’enregistrait, parfois à son insu. C’est cette matière filmée qui constitue ce témoignage exceptionnel, vestige de ce tournage hors norme.

Marlon Brando, dont le cachet était d’un million de dollars par semaine — et pas un jour de plus —, était censé perdre du poids ; lorsqu’il s’est présenté, il en avait pris un peu plus et n’avait pas lu une ligne du livre de Conrad, qui donnait pourtant toute son essence au film. Harvey Keitel avait été remercié en cours de tournage et remplacé au pied levé par Martin Sheen. Le même qui, du haut de ses 36 ans, fumait trois paquets de ci******es par jour, n’avait aucune condition physique et fut victime d’une crise cardiaque. Il fallut attendre son retour après qu’il eut été pris en charge à temps.
Un typhon fit 200 morts et détruisit tous les décors.
Les troupes du gouvernement philippin vinrent récupérer les cinq hélicoptères du film pour mener une opération contre des rebelles qui sévissaient à cinq kilomètres du lieu de tournage.

Francis Coppola, qui sortait du succès du film Le Parrain, finançait lui-même son Apocalypse Now, fresque sur des combattants américains au Vietnam dont personne ne voulait.
Il avait hypothéqué sa maison familiale.
Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes autour de ce long métrage qui deviendrait le chef-d’œuvre que l’on connaît aujourd’hui…

Est-ce que les grands réalisateurs américains de l’époque n’ont pas tous cherché à s’affranchir d’Hollywood et de ses contraintes, qu’ils jugeaient formatées, pour créer une œuvre artistique flirtant parfois avec la mégalomanie ?
Chez Cimino, après Voyage au bout de l’enfer, ce fut La Porte du paradis : 3 h 39, un budget de 44 millions de dollars et 220 heures de rushes. Le film fut retiré de l’affiche après une semaine d’exploitation. George Lucas, qui devait à l’origine adapter le livre de Conrad, réalisera finalement les Star Wars, tandis que Martin Scorsese enchaînera Raging Bull après Taxi Driver. Il y avait de la démesure chez ces grands noms du cinéma américain, qui ont marqué par leurs œuvres l’histoire du septième art.

Devant ce documentaire, il ressort avant tout un homme, un artiste à l’énergie f***e, cherchant à maintenir à flot la communauté qui fit Apocalypse Now, mais aussi beaucoup de chaleur humaine dans ce qu’il parvient à impulser, sans toujours savoir où il va, pour continuer de susciter l’envie chez chacun.
Ses enfants sont présents ; la petite Sofia, qu’il tient par la main, porte déjà dans le regard ces mêmes yeux Coppola, qui voient le cinéma de son père. Mais en sortant du documentaire, on se demande si derrière chaque grand artiste ne se cache pas simplement un autre être humain.

C’était vrai chez les Salgado ; cela l’est aussi chez les Coppola. Madame confie face à la caméra qu’ils étaient devenus un peu trop riches, qu’il y avait trop de pièces dans leur maison. Quand bien même ils pouvaient tout perdre, il fallait humainement revenir à une forme d’essentiel. Et lui avait besoin d’avancer sur son projet, sans quoi il ne serait plus vraiment lui-même. Francis Coppola était entreprenant, il trouverait toujours le moyen de nourrir sa famille.
La foi en son art et en l’autre, c’est peut-être là la recette des grands artistes et des grandes œuvres, et assurément la beauté de certains couples.

Il y a de la lumière au cœur des ténèbres…

Hearts of Darkness: A Filmmaker's Apocalypse (E.U. 96 mn) de Fax Barh et Georges Hickenlooper

DAO d’Alain GomisUn nouveau film d’Alain Gomis me fait toujours courir en salles. Il y a dans son cinéma une matière int...
02/05/2026

DAO d’Alain Gomis

Un nouveau film d’Alain Gomis me fait toujours courir en salles. Il y a dans son cinéma une matière intime, nourrie de sa double culture, où la quête d’identité demeure centrale.

Gloria, quinquagénaire, revient avec sa fille Nour en Guinée-Bissau pour organiser les funérailles de son père et accomplir les rituels de transmission. Un an plus t**d, Nour se marie en France. Deux moments fondateurs, deux fêtes qui tissent les liens et interrogent l’appartenance à une communauté.

Qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? La langue, la sexualité, la religion, le lieu de vie ? Autant de questions qui traversent le cinéma d’Alain Gomis et résonnent en chacun.
En littérature, « A l’assaut des frontières » de Leïla Slimani esquisse des réponses, après sa trilogie familiale « Le pays des autres », lorsqu’elle évoque la perte de sa langue d’enfance — celle des ouvriers de la ferme de ses grands-parents, bien avant l’arabe.

Gomis s’affranchit des codes narratifs : il passe d’une fête à l’autre sans transition, sans jamais perdre le spectateur. Les plans-séquence sur les essences de la végétation suffisent. Autre trouvaille : il filme ses futurs acteurs dont ses proches, en plan fixe face caméra. Ils se racontent alors, bien avant même d’incarner leurs personnages. Ce film en train de se faire, inclus dans le film, crée une émotion singulière chez le spectateur, au cœur de l’expérience collective du cinéma.

Dans Dao, Gloria s’impose par une présence silencieuse et forte, à la fois ancrée et à distance du monde qui l’entoure. Elle me renvoie à la belle Diàra dans « Le rire et le couteau ». Là encore, en Guinée-Bissau, une femme farouchement indépendante trace sa route, avec les siens et en retrait, comme en léger décalage de sa communauté. Ces deux figures féminines semblent habiter pleinement l’endroit où elles ont choisi d’exister au monde — et c’est d’une grande beauté.

Dans « Aujourd’hui », Gomis captait déjà l’indicible. Satché était avec les siens tout en étant déjà ailleurs. Il avançait d’un souvenir à l’autre, en lévitation parmi les vivants, déjà en partance avant la nuit.
Par ses images, le réalisateur filme les ressentis intérieurs et ce qui circule entre les êtres, ce que nous sommes et ce que nous acceptons de laisser percevoir aux autres.

Dao est une promesse de voyage au cœur d’une identité plurielle, entre continent africain et Europe. Une œuvre qui porte une réflexion sensible sur la porosité des frontières et la construction intime de l'être humain — une proposition rare et précieuse au cinéma.

DAO (franco-sénégalo-guinaobisséen – 3h05) d’Alain Gomis avec Katy Correa, D’Johé ouadio, Samir Guesmi, Faro Baco, Nicolas Gomis, etc.

Adresse

Nantes
44000

Site Web

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Un film au cinéma publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Raccourcis

Partager

Type