04/10/2026
LES ROCHES ROUGES
Le film commence au pied d’un viaduc, écrasé par la lumière crue du soleil.
Tout en bas attend un tout petit garçon blond-blanc, à la carnation transparente, quasiment albinos ; il est bo**ré de tics.
Ses amis arrivent et les voilà partis sur leurs quads.
Leurs terrains de jeu, bien loin du numérique et des écrans, sont les roches rouges, à deux pas de chez eux.
Ils les grimpent pour sauter toujours plus haut dans la mer Méditerranée.
Bruno Dumont filme deux bandes de gamins d’à peine 6 ans. Il capte la sensualité enfantine : des petits corps sur le minéral des roches, au contact de l’eau, peau à peau dans leurs câlins.
Les quelques adultes qui apparaissent sont comme des pantins à l’écran.
Aucune musique, peu de dialogues, des images au grand angle qui font paraître les enfants encore plus petits dans le paysage grandiose.
Obtenir des financements français pour ce film audacieux semble avoir été impossible. Le réalisateur a dû aller voir par-delà nos frontières, du côté de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal.
Il en ressort un film à hauteur d’un monde que seuls des enfants parviennent à construire.
Dumont nous captive dans son film hors norme, aux allures de western amoureux chez les petiots.
C’est un cinéaste de l’image, pas psychologie ni usage verbeux, mais des regards intenses qui parviennent à installer une tension qui nous happe.
Tension qui s’accroit par la mise en danger des enfants dans leurs sauts qui tels des petits animaux, nagent comme des chiots, totalement livrés à eux-mêmes.
Il en faut du talent pour parvenir à créer un film si singulier, avec une caméra au plus près des visages, de la gestuelle, des tics et gesticulations.
Le résultat est unique et nous imprime durablement la rétine de ces paysages superbes et inquiétants, longtemps après avoir quitté la salle.
Les roches rouges (France – 1h31 mn) de Bruno Dumont avec Kaylon Lancel (Géo), Kelsie Verdeilles (Ève), Louise Podolski (Manon), Mohamed Coly (Rouben), Alessandro Piquera (B), Meryl Pires