19/03/2023
Lorsque j’entame une reconversion professionnelle en 2020, j’en suis sûre, j’en suis certaine, une nouvelle vie s’ouvre à moi !
Je vais tourner la page de 15 années d’expérience professionnelle et personnelle axées sur la matière, le statut, la reconnaissance et la gratification.
Mon initiation à la spiritualité se fait de façon très autonome.
En plein confinement, je suis des méditations guidées dans mon jardin, j’écoute des podcasts, je lis des livres, j’apprends à privilégier ce qui se passe à l’intérieur, à prêter attention à ce que mon corps et mon cœur ont à dire…
Grisée par cette découverte de moi-même, de mon intériorité, d’un autre possible, je suis convaincue que ma vie est en train de prendre un grand virage. La vie d’après sera à l’opposé de celle d’avant. Amen !
J’ai à cœur de m’élever spirituellement et d’aller vers cette autre version de moi-même : la meilleure bien sûr ; celle qui, libérée de ses croyances limitantes, sortie d’un système dans lequel elle avait un rôle bien défini à jouer, est désormais libre.
J’entame mon parcours initiatique : des rencontres, des stages, des formations, des discussions, des instants magiques et hors du temps.
D’autres dimensions s’invitent dans ma vie faisant se révéler par la même occasion des sens peu sollicités ou même refoulés jusque-là : un toucher guérisseur, une intuition, du clair-ressenti (je ressens les blocages et douleurs d’autrui dans mon propre corps), des visions.
Convaincue qu’un potentiel thérapeutique implique de se consacrer à cette mission pleinement, je réfléchis aux activités qui vont me permettre d’aider mon prochain à se libérer de douleurs physiques et/ou émotionnelles.
Les massages, qui ont eu une place importante dans mon enfance déjà, ainsi que la canalisation d’énergie « Reiki », s’avèrent être les canaux que je vais privilégier pour soulager et harmoniser les corps et les âmes que j’ai l’honneur d’accompagner.
En parallèle de cela, j’ai entamé une activité de consultante et facilite des formations et des parcours de développement en entreprise. J’amène des individus et des groupes à prendre conscience de leur potentiel, de leurs biais de perception, de leurs forces qui sont aussi des fragilités, et à les mettre au service d’une communication authentique et saine avec leurs collègues et leurs équipes.
Mon réseau construit sur les 15 années précédentes est porteur de tout cela. C’est grâce à d’anciennes collègues que je décroche mes premiers mandats, par le biais de connaissances que le bouche à oreille m’apporte de nouveaux contrats.
Dans mon esprit, c’est une certitude : je vais opérer comme consultante, afin de capitaliser sur mon expérience antérieure, continuer à cultiver un réseau professionnel, garder l’esprit connecté au monde de l’entreprise.
Mais ma volonté est d’amener les soins et l’accompagnement thérapeutique à occuper la moitié de mon temps, pour finalement aboutir sur une vie qui y serait totalement consacrée.
Les démarrages sont difficiles. Je suis aussi reconnue et valorisée dans le monde RH qu’inconnue dans le milieu « énergétique ». Le temps pris pour la construction de mes contenus de formation, la relation client et le suivi de mes groupes et « coachés » empiète sur mes disponibilités en tant que thérapeute. Par ailleurs, j’ai du mal à envisager ma place dans ce monde qui s’emplit de jour en jour de nouvelles pratiques et de nouveaux praticiens. Quelle est ma spécificité ? Pourquoi moi plutôt qu’un autre ? Quelle est mon identité ?
Pourtant, les retours que je reçois après chaque soin sont très encourageants. Je suis la première agréablement surprise de l’issue de ces soins et des déblocages qu’ils permettent. Les personnes qui m’encadrent en formation (massage ayurvédique, soins quantiques, maitrise Reiki…) me confortent dans l’idée que je suis à ma place et sur le bon chemin.
Par ailleurs, mon esprit aiguisé et critique commence à réaliser que le milieu de la spiritualité prend une place qui m’interroge ; celle de mode sur les réseaux sociaux, celle de business pour aider les thérapeutes à en vivre, celle de tendance pour contrebalancer et justifier une vie toujours plus déconnectée.
Je me lasse d’entendre les mêmes préceptes, je suis déçue de rencontrer des maitres et des homologues qui prônent des postures qu’ils n’incarnent pas ou qui portent des charges émotionnelles et énergétiques lourdes alors même qu’ils se positionnent en aidants.
Par ailleurs, je suis très consciente que les rares personnes qui vivent de leur activité dite « spirituelle » ne le peuvent pas grâce aux consultations seules mais via l’animation de formations, le cumul de plusieurs activités ou le soutien d’un conjoint resté dans un métier rémunérateur.
Un an plus t**d, je m’interroge. Pourquoi suis-je encore dans une répartition de mes activités et de mes revenus qui positionne mon rôle de consultant en tête ?
Me suis-je vraiment donné les moyens de développer et de me consacrer à 100% à mon rôle de thérapeute ?
Est-ce que je suis restée attachée à une zone connue plus en lien avec mon expérience professionnelle passée ?
Viennent s’ajouter les juges intérieurs :
Tu as voulu changer mais es-tu vraiment prête à changer ?
Est-ce que réaliser ta mission de vie ne devrait pas passer par une rupture plus radicale avec le passé ?
Est-ce qu’au fond de toi tu souhaites vraiment que les activités de soins thérapeutiques soient ton activité à plein temps ?
Cette dernière question m’aidera déjà à cheminer sur mes réels besoins.
Oui, j’adore canaliser l’énergie, soigner par les mains et les mots, être à l’écoute de personnes qui me confient leur corps et leurs blessures dans une intimité qui se mérite. Oui, ces moments sacrés sont des occasions uniques de me centrer, de laisser de côté un mental très actif au profit de l’intuition et du ressenti, de me sentir utile, de mesurer l’impact direct sur le bien être de quelqu’un.
J’aime les soins, j’en ai besoin autant que celui qui les reçoit comme un accès à un autre niveau de conscience, une autre partie de moi-même.
Et pourtant… L’idée de passer des journées entières dans un quasi-silence, une ambiance tamisée, une succession de tête à tête, à enchainer des soins au risque de perdre en précision et en concentration, ne me convient pas.
Le point d’honneur que je mets à être moi-même dans une bonne énergie pour masser ou approcher mes clients ne resonne pas avec un enchainement de rendez-vous dans la même journée. Tout comme la lumière que je fais circuler pendant mes soins n’est pas seulement issue de la source que je canalise mais aussi issue du mouvement, des actions et échanges quotidiens.
Trois ans plus t**d, je n’ai plus vraiment envie de donner de noms à ces soins. Chaque rencontre est l’occasion d’un diagnostique personnalisé et je mets tous mes outils, mon savoir, mon savoir-faire et mon cœur au service de la personne qui me sollicite.
J’ai pris du recul par rapport aux pages que j’avais créées, enthousiaste, sur les réseaux sociaux pour vanter mes activités et initiatives. Car pour moi, thérapeute et influenceur ou encore « créateur de contenu » sont des métiers bien distincts. Je ne peux pas prôner une vie ancrée dans la nature et le présent si je passe mon temps scotchée à un écran.
Côté conseil, je m’éclate. Je prends mon rôle comme un révélateur permettant à chacun de prendre conscience de son potentiel et de trouver sa voie, et je dirais même ses voies. La dynamique qui émane des groupes que j’accompagne, les prises de conscience qui émergent et les émotions qui trouvent leur place dans la sphère professionnelle me font moi-même me sentir à ma juste place.
Celle du partage, de la transmission, de l’accompagnement dans l’humour et l’amour.
J’en suis venue à accepter que rien ne soit écrit, que les activités puissent ne pas s’organiser autour de pourcentages de temps, que les individus ne soient pas dédiés à une seule mission de vie qui jaillirait d’un oracle, que la spiritualité ne soit pas la pratique assidue de la méditation chaque matin dans une grotte baignée d’encens, mais bien la réalisation de ce qui nous fait vibrer.
Il y a une semaine, alors que je n’avais pas écouté de podcast depuis longtemps, je reçois le lien de l’interview d’Anna Roy. Anna Roy, une sage-femme qui a écrit des livres, intervient sur le plateau des maternelles et met son cœur et son esprit au service des parents. N’est-elle pas spirituelle ?
Il y a trois jours, je suis réveillée par un insecte qui tombe bruyamment sur mon oreiller. Je jette un coup d’œil à mon téléphone : il est 2h22. Sur les heures miroirs je suis toujours et encore une croyante. J’essaye de me rendormir, je respire… mais mon cerveau se met en mouvement.
Je décide de voir si un podcast peut m’intéresser et m’aider à repartir dans les bras de Morphée.
Stéphanie Dordain propose une réflexion sur « Qu’est-ce qu’une vie spirituelle ». Et là, en quelques minutes tout prend sens. Elle explique qu’une vie spirituelle c’est une vie qui met de la lumière dans celle des autres parce qu’on fait les choses avec engouement et passion. Faire ce qui nous fait vibrer est une façon d’apporter de la joie et de la sérénité autour de nous.
Je repense aux personnes qui illustrent ces propos :
• La couturière qui a repris les tenues de mariage de mon fils et futur époux avec entrain et dévouement, faisant passer une urgence de dernière minute en mission exceptionnelle
• La femme de ménage avec laquelle j’échangeais lorsque je faisais des heures supplémentaires sur le plateau de mon ancien lieu de travail et qui avait toujours un mot pour me tirer de mon écran
• Mon époux qui a l’air d’opérer comme un magicien lorsqu’il coupe les cheveux et harmonise les têtes de ses client(e)s tout en écoutant leurs histoires
Et que dire du boulanger qui fait son pain avec tendresse et application ? Du contrôleur de train qui a un mot gentil pour mon fils ? De l’infirmière des urgences qui vous prend en charge en faisant une plaisanterie ?
Les juges intérieurs ont disparu pour être remplacés par une évidence et un sentiment de paix.
Il n’y a pas à choisir entre conseil et soins. Il n’y a pas à prioritiser. Il n’y a pas lieu de culpabiliser ou de douter. Il n’y a que moi et ce pour quoi j’ai toujours été faite.
Que j’anime une formation, accompagne un individu, prodigue un soin ou un massage, la résultante est toujours la même : libérer autrui des poids inutiles du passé et de l’ego pour trouver sa juste place et s’exprimer dans son plein potentiel.
Je repense aux messages de mes anciens collègues à chaque fois que j’ai terminé un stage ou quitté un emploi. Je repense aux « feedback » reçus dans mes précédents emplois ou par les participants à mes formations. Les mots « lumière », « lumineuse » ou « brillante » reviennent sans cesse.
Cette lumière que j’ai pu apporter ou qu’on a pu m’apporter à chaque étape de ma vie et dans tous les rôles que j’ai pu endosser, n’est rien d’autre que de l’Amour.
Aimer ce que l’on fait, faire les choses avec Amour, donner de l’attention à ceux avec qui ou pour qui on le fait, prendre soin de soi-même aussi ; voilà la clé d’une vie spirituelle.
Tout cela pour vous dire que je pense aujourd’hui que la spiritualité est de l’Amour.
Nous verrons ce que j’en dis demain 😉
https://donneusedelecon.webnode.fr/portfolio/nouvelle-perspective/