15/06/2020
Chronique d'un arrêt (suite)
L’homme-qui-court-toujours :
– Par ailleurs, le champ magnétique de la terre était fortement perturbé et, si l’arrêt durait trop longtemps, les pôles magnétiques s’inversaient.
– Ca veut dire que le pôle Nord était au sud ? demanda Isabelle.
– Ca veut dire plus exactement, poursuivit l’homme, que si la boussole avait existé à ce moment-là, elle aurait indiqué le pôle Sud et non le Nord comme aujourd’hui.
Ces interversions ont été fréquentes, à peu près tous les 200 000 à 300 000 ans.
Nous avons alors perfectionné notre système de freinage, en faisant en sorte qu’il maintienne fermement l’axe de la Terre en position, tout en laissant à notre planète ses degrés de liberté de rotation sur elle-même.
Mais il fallait quand même entretenir ce mouvement : Quand vous, les humains de la circonférence, vous courez, vous prenez appui sur la terre pour vous déplacer. Tandis que nous, agents du service tellurique, avons été formés à courir sur la terre pour la faire tourner, un peu comme une otarie sur un ballon.
Il suffit juste que l’on soit une petite centaine, répartis en des points du globe identifiés à l’avance, et que nous courions de façon synchrone pour que la terre continue de tourner apparemment normalement.
En maintenant ce mouvement, nous évitons les désagréments de déséquilibre d’ensoleillement et le champ magnétique de la Terre reste stable. Cela fait aujourd’hui plus de 700 000 ans qu’il n’y a pas eu d’inversion ! (A suivre)