Lâchers de poèmes

Lâchers de poèmes Un peu n'importe où, un peu n'importe quand, vous pouvez tomber dessus. Si c'est le cas, laissez-no

26/11/2025
Lâcher n° 76Mulhouse, 25 novembre 2025UD CGT 68, 4 rue du pommier (hall d’accueil)« Voir un univers dans un grain de sab...
26/11/2025

Lâcher n° 76
Mulhouse, 25 novembre 2025
UD CGT 68, 4 rue du pommier (hall d’accueil)

« Voir un univers dans un grain de sable
Et le ciel dans une fleur des champs.
Tenir l’infini dans sa paume,
Mettre l’éternité dans une heure. »

W. BLAKE

Lâcher n° 74  -Strasbourg, 29 octobre 2025Librairie GutenbergLAVER PAR TERREcomme dans une publicitéoù les parfums trave...
30/10/2025

Lâcher n° 74 -Strasbourg, 29 octobre 2025
Librairie Gutenberg

LAVER PAR TERRE

comme dans une publicité
où les parfums traverseraient l’écran
une danse entre soi et l’idée qu’on se fait
du propre
un pas de deux une enjambée des petits pas
que le seau accompagne
passage d’une pièce à l’autre
territoires
d’un visage à un souvenir
un geste mal contrôlé et on chavire
avec les reliques
et parfois se cognant à un meuble
toucher terre
c’est quelqu’un qui se rappelle
avec un cheveu

on avait tout oublié
dans la valse de la serpillère
sans savoir que ce qu’on ramasse
dans le fond brun de l’eau
tremble »


K.Otidiennes, Sophie BRAGANTI

Lâcher n°61 bis  - STRASBOURG, « Le Roi et sou fou », remise en mains propres, 26 août 2025kimase kimiigakuri ochi shimi...
30/08/2025

Lâcher n°61 bis - STRASBOURG, « Le Roi et sou fou », remise en mains propres, 26 août 2025

kimase kimi
igakuri ochi shi
michi yokete

Venez par ici
en essayant d’éviter
les bogues à terre

きませきみいが栗落ちしみちよけて

Les 99 haïkus de RYŌKAN
Verdier, 1986, p. 28 (traduit par Joan Titus-Carmel)

Hors-série  # 2Strasbourg, août 2025Quelques monodoses en prévision du   et la suite…     générale
20/08/2025

Hors-série # 2

Strasbourg, août 2025

Quelques monodoses en prévision du et la suite…

générale

STRASBOURG, rue des Pucelles, 14 août 2025
16/08/2025

STRASBOURG, rue des Pucelles, 14 août 2025

Lâcher n°69  - STRASBOURG, « Snack Michel », 31 juillet 2025 (laissé sur la table puis récupéré par Valérie 😉)L'intellig...
01/08/2025

Lâcher n°69 - STRASBOURG, « Snack Michel », 31 juillet 2025 (laissé sur la table puis récupéré par Valérie 😉)

L'intelligence

L'intelligence dit que la fourmi travaille.
L'amour dit qu'elle souffre.
L'intelligence dit que la fleur est éclose.
L'amour dit qu'elle est belle et va mourir.
L'intelligence dit que la pierre est muette.
L'amour dit qu'elle a peur de parler.
L'intelligence dit que l'astre en cache d'autres.
L'amour dit qu'il est le seul dans sa gloire infinie.
L'intelligence dit que la rivière coule.
L'amour dit qu'elle passe et que c'est triste.
L'intelligence dit qu'elle est lumière.
L'amour dit qu'il accepte d'être aveugle.
L'intelligence dit que le jour suit la nuit.
L'amour dit que le jour et la nuit se confondent.
L'intelligence dit qu'il faut comprendre.
L'amour dit qu'on a tort de trop s'interroger.
L'intelligence dit que l'oiseau vole.
L'amour dit que l'oiseau est dieu.
L'intelligence dit que l'amour le dérange.
L'amour dit qu'il envie l'intelligence.

Alain Bosquet

Lâcher n°45 bis STRASBOURG, Collège Louise Weiss, casier d’une collègue d’allemand – 3 juillet 2025BEI NACHTWeit über Pr...
04/07/2025

Lâcher n°45 bis
STRASBOURG, Collège Louise Weiss, casier d’une collègue d’allemand – 3 juillet 2025

BEI NACHT

Weit über Prag ist riesengroß
der Kelch der Nacht schon aufgegangen ;
der Sonnenfalter barg sein Prangen
in ihrem kühlen Blütenschooß.
Hoch grinst der Mond, der schlaue Gnom,
und neckend streut er das Gesträhne
der weißen Silberhobelspäne
hernieder in den Moldaustrom.
Da plötzlich, wie beleidigt, hat
zurückgerufen er die Strahlen,
weil er gewahr ward des Rivalen :
der Turmuhr helles Stundenblatt.

Rainer Maria RILKE, Larenopfer,
in Rainer Maria RILKE, Die Gedichte, Insel (1986) p. 25
Voir la traduction

Lâcher n°68 STRASBOURG, Centre commercial de l’Esplanade, 24/06/2025Sur un bac à fleurs puis remise en mains propres Sig...
26/06/2025

Lâcher n°68
STRASBOURG, Centre commercial de l’Esplanade, 24/06/2025
Sur un bac à fleurs puis remise en mains propres

Signez la pétition : « Foutez-nous la Paix ! » : https://urlr.me/8jdtvg

Chanson dans le sang

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de soûlographie alors
si sage... si monotone ...
Non la terre ne se saoûle pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige ...
le grêle... le beau temps ...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins ... ses maisons ...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent ...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
Elle s'en fout
elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler ...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres ... le sang des guerres ...
le sang de la misère ...
et le sang des hommes torturés dans les prisons ...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman ...
Et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons ...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit

La guerre déclarée
j'ai pris mon courage
à deux mains
et je l'ai étranglé.

Le Ministre de la guerre :
Je poursuis.
Un hôpital détruit : dix, cent —
et je suis modeste —
peuvent être reconstruits
Et, le projet adopté à l'unanimité,
la nuit est tombée,
l'hôpital a sauté avec aux alentours quelques bribes du quartier.

Le jour se lève sur la ville
où le rire s'amenuise, se dissipe et disparaît.
Tout redevient sérieux.
La vie, comme la Bourse, reprend son cours
et la mobilisation générale se poursuit de façon normale.

Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né... avec l'enfant nouveau ...
la mère qui crie... l'enfant pleure ...
le sang coule... la terre tourne
la terre n'arrête pas de tourner
le sang n'arrête pas de couler
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués... des humiliés ...
des suicidés... des fusillés... des condamnés ...
et le sang de ceux qui meurent comme ça... par accident
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus t**d tout noir
un peu de sang s'étale encore ...
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait ... avec ses vaches ...
avec ses vivants ... avec ses morts ...
la terre qui tourne avec ses arbres ... ses vivants... ses maisons...
la terre qui tourne avec les mariages ...
les enterrements ...
les coquillages ...
les régiments ...
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.


Jacques PRÉVERT, Paroles (1936)

Lâcher n° 65 STRASBOURG, UD CGT, rue de Leicester 12/06/2025, 15h30L’une l’autre"Qui va vers la perte,la perte l’accueil...
14/06/2025

Lâcher n° 65
STRASBOURG, UD CGT, rue de Leicester 12/06/2025, 15h30

L’une l’autre

"Qui va vers la perte,
la perte l’accueille."
(Tao Tê King)

Tout est ainsi,
de souches en exils
où poser le pied requiert
parfois l’habit de fantôme.

Un combat d’îles
et de terre.
Et le corps fait patience
à l’obligée des jours,
encalminé au rivage de lenteur.

Mais toi mon autre,
mon adjacent dans la lettre du poème,
parole échouée au ventre,
tu nais
d’ambulation lointaine
et de houache,
portant guérison par-delà la douve.

Longtemps
je n’ai fait que passer
dans l’aurore multipliée.
Si tu fermes la nuit,
j’en ouvre obstinée la marche.

Avant que ne vienne demain,
au paraphe adventice
du matin,
tu m’auras signée.

Valérie BRANTÔME

Lâcher n°39STRASBOURG, chez B. – 14 janvier 2023LA FLÛTE                                        IUn jour je vis s'asseoi...
30/08/2023

Lâcher n°39
STRASBOURG, chez B. – 14 janvier 2023

LA FLÛTE

I

Un jour je vis s'asseoir au pied de ce grand arbre
Un Pauvre qui posa sur ce vieux banc de marbre
Son sac et son chapeau, s'empressa d'achever
Un morceau de pain noir, puis se mit à rêver.
Il paraissait chercher dans les longues allées
Quelqu'un pour écouter ses chansons désolées ;
Il suivait à regret la trace des passants
Rares et qui, pressés, s'en allaient en tous sens.
Avec eux s'enfuyait l'aumône disparue,
Prix douteux d'un lit dur en quelque étroite rue
Et d'un amer souper dans un logis malsain.
Cependant il tirait lentement de son sein,
Comme se préparait au martyre un apôtre,
Les trois parts d'une Flûte et liait l'une à l'autre,
Essayait l'embouchure à son menton tremblant,
Faisait mouvoir la clef, l'épurait en soufflant,
Sur ses genoux ployés frottait le bois d'ébène,
Puis jouait. — Mais son front en vain gonflait sa veine,
Personne autour de lui pour entendre et juger
L'humble acteur d'un public ingrat et passager.
J'approchais une main du vieux chapeau d'artiste
Sans attendre un regard de son œil doux et triste
En ce temps, de révolte et d'orgueil si rempli ;
Mais, quoique pauvre, il fut modeste et très poli.

II

Il me fit un tableau de sa pénible vie.
Poussé par ce démon qui toujours nous convie,
Ayant tout essayé, rien ne lui réussit,
Et le chaos entier roulait dans son récit.
Ce n'était qu'élan brusque et qu'ambitions folles,
Qu'entreprise avortée et grandeur en paroles.

D'abord, à son départ, orgueil démesuré,
Gigantesque écriteau sur un front assuré,
Promené dans Paris d'une façon hautaine :
Bonaparte et Byron, poète et capitaine,
Législateur aussi, chef de religion
(De tous les écoliers c'est la contagion),
Père d'un panthéisme orné de plusieurs choses,
De quelques âges d'or et des métempsychoses
De Bouddha, qu'en son cœur il croyait inventer ;
Il l'appliquait à tout, espérant importer
Sa révolution dans sa philosophie ;
Mais des contrebandiers notre âge se défie ;
Bientôt par nos fleurets le défaut est trouvé ;
D'un seul argument fin son ballon fut crevé.

Pour hisser sa nacelle il en gonfla bien d'autres
Que le vent dispersa. Fatigué des apôtres,
Il dépouilla leur froc. (Lui-même le premier
Souriait tristement de cet air cavalier
Dont sa marche, au début, avait été fardée
Et, pour d'obscurs combats, si pesamment bardée ;
Car, plus grave à présent, d'une double lueur
Semblait se réchauffer et s'éclairer son cœur ;
Le Bon Sens qui se voit, la Candeur qui l'avoue,
Coloraient en parlant les pâleurs de sa joue.)
Laissant donc les couvents, Panthéistes ou non,
Sur la poupe d'un drame il inscrivit son nom
Et vogua sur ces mers aux trompeuses étoiles ;
Mais, faute de savoir, il sombra sous ses voiles
Avant d'avoir montré son pavillon aux airs.
Alors rien devant lui que flots noirs et déserts,
L'océan du travail si chargé de tempêtes
Où chaque vague emporte et brise mille têtes.
Là, flottant quelques jours sans force et sans fanal,
Son esprit surnagea dans les plis d'un journal,
Radeau désespéré que trop souvent déploie
L'équipage affamé qui se perd et se noie.
Il s'y noya de même, et de même, ayant faim,
Fit ce que fait tout homme invalide et sans pain.

" Je gémis, disait-il, d'avoir une pauvre âme
Faible autant que serait l'âme de quelque femme,
Qui ne peut accomplir ce qu'elle a commencé
Et s'abat au départ sur tout chemin tracé.
L'idée à l'horizon est à peine entrevue,
Que sa lumière écrase et fait ployer ma vue.
Je vois grossir l'obstacle en invincible amas,
Je tombe ainsi que Paul en marchant vers Damas.
— Pourquoi, me dit la voix qu'il faut aimer et craindre,
Pourquoi me poursuis-tu, toi qui ne peux m'étreindre ?
« Et le rayon me trouble et la voix m'étourdit,
Et je demeure aveugle et je me sens maudit. »

III

— " Non, criai-je en prenant ses deux mains dans les miennes,
Ni dans les grandes lois des croyances anciennes,
Ni dans nos dogmes froids, forgés à l'atelier,
Entre le banc du maître et ceux de l'écolier,
Ces faux Athéniens dépourvus d'Atticisme,
Qui nous soufflent aux yeux des bulles de Sophisme,
N'ont découvert un mot par qui fût condamné
L'homme aveuglé d'esprit plus que l'aveugle-né.

C'est assez de souffrir sans se juger coupable
Pour avoir entrepris et pour être incapable ;
J'aime, autant que le fort, le faible courageux
Qui lance un bras débile en des flots orageux,
De la glace d'un lac plonge dans la fournaise
Et d'un volcan profond va tourmenter la braise.
Ce Sisyphe éternel est beau, seul, tout meurtri,
Brûlé, précipité, sans jeter un seul cri,
Et n'avouant jamais qu'il saigne et qu'il succombe
À toujours ramasser son rocher qui retombe.
Si, plus haut parvenus, de glorieux esprits
Vous dédaignent jamais, méprisez leur mépris ;
Car ce sommet de tout, dominant toute gloire,
Ils n'y sont pas, ainsi que l'œil pourrait le croire.
On n'est jamais en haut. Les forts, devant leurs pas,
Trouvent un nouveau mont inaperçu d'en bas.
Tel que l'on croit complet et maître en toute chose
Ne dit pas les savoirs qu'à tort on lui suppose,
Et qu'il est tel grand but qu'en vain il entreprit.
— Tout homme a vu le mur qui borne son esprit.

Du corps et non de l'âme accusons l'indigence.
Des organes mauvais servent l'intelligence
Et touchent, en tordant et tourmentant leur nœud,
Ce qu'ils peuvent atteindre et non ce qu'elle veut.
En traducteurs grossiers de quelque auteur céleste
Ils parlent... Elle chante et désire le reste.
Et, pour vous faire ici quelque comparaison,
Regardez votre Flûte, écoutez-en le son.
Est-ce bien celui-là que voulait faire entendre
La lèvre ? Était-il pas ou moins rude ou moins tendre ?
Eh bien, c'est au bois lourd que sont tous les défauts,
Votre souffle était juste et votre chant est faux.
Pour moi qui ne sais rien et vais du doute au rêve,
Je crois qu'après la mort, quand l'union s'achève,
L'âme retrouve alors la vue et la clarté,
Et que, jugeant son œuvre avec sérénité,
Comprenant sans obstacle et s'expliquant sans peine,
Comme ses sœurs du ciel elle est puissante et reine,
Se mesure au vrai poids, connaît visiblement
Que son souffle était faux par le faux instrument,
N'était ni glorieux ni vil, n'étant pas libre ;
Que le corps seulement empêchait l'équilibre ;
Et, calme, elle reprend, dans l'idéal bonheur,
La sainte égalité des esprits du Seigneur. "

IV

Le Pauvre alors rougit d'une joie imprévue,
Et contempla sa Flûte avec une autre vue ;
Puis, me connaissant mieux, sans craindre mon aspect,
Il la baisa deux fois en signe de respect,
Et joua, pour quitter ses airs anciens et tristes,
Ce Salve Regina que chantent les Trappistes.
Son regard attendri paraissait inspiré,
La note était plus juste et le souffle assuré.

Alfred de VIGNY, Les destinées, in Poèmes
Bibliothèque Lattès (1987) p. 360-369

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4 Rue Du Pommier
Mulhouse
68200

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