Apollonie et Baudelaire

Apollonie et Baudelaire APOLLONIE ET BAUDELAIRE
-COMÉDIE DRAMATIQUE-
Une femme tente d'échapper à l'emprise d'un homme grâce à l'amour d'un poète.

L'étonnant rendez-vous d'amour entre Charles Baudelaire et sa muse Apollonie Sabatier, qui a posé pour une sculpture sulfureuse.

Ne manquait que rendre hommage à la tombe de Apollonie Sabatier, au Cimetière de Neuilly sur Seine, après celle de Charl...
12/05/2025

Ne manquait que rendre hommage à la tombe de Apollonie Sabatier, au Cimetière de Neuilly sur Seine, après celle de Charles Baudelaire, suite au spectacle 'Apollonie et Baudelaire' qui vient d'être représenté
du 2 Mars au 5 Mai 2025 au Studio Hébertot

Céline Debayle, Georges About, Anne Turolla Roxane Le Texier, Luc Betton, Clara Starkier, Bruno Biezunski, Alexandre Triaca, Frédéric Morel,
Michele Savalle, Pierre Cordier, Thierry Savatier

Balade au Cimetière du Montparnasse, pour rendre hommage à Charles Baudelaire, après la fin du spectacle 'Apollonie et B...
07/05/2025

Balade au Cimetière du Montparnasse, pour rendre hommage
à Charles Baudelaire, après la fin du spectacle
'Apollonie et Baudelaire' au Studio Hébertot

Avec Céline Debayle, Georges About, Roxane Le Texier, Luc Betton, Clara Starkier, Bruno Biezunski, Alexandre Triaca, Frédéric Morel, Michèle Savalle, Jean-Marie Granghaud, Pierre Cordier

Apollonie et BaudelaireUne pièce de Céline Debayle et Georges-Marie AboutMise en scène Georges AboutAssistante Mise en s...
29/04/2025

Apollonie et Baudelaire
Une pièce de Céline Debayle et Georges-Marie About
Mise en scène Georges About
Assistante Mise en scène Anne Turolla

Roxane Le Texier, Apollonie Sabatier
Luc Betton Charles Baudelaire
Clara Starkier Adèle Sabatier, dite Bébé, soeur de Apollonie
Bruno Biezunski Théophile Gautier
Alexandre Triaca Alfred Mosselman
Les Dimanches et Lundis à 19H, du 2 Mars au 5 Mai 2025
Studio Hébertot

D’étonnants ex-libris découverts au Fonds ancien (2/3)
Posted on 12 juillet 2018 by Stéphanie Daude

Une collection de récits de voyages imaginaires abritant
deux ex-libris superposés, de personnes ayant entretenu une relation amoureuse pendant une dizaine d’années, tel est le genre de découverte que l’on peut faire au Fonds ancien !

Les 17 premiers volumes (sur 36) des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques / [éd. par Charles-Georges-Thomas Garnier].- Amsterdam [i.e. Paris], 1787-1789 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 1511)

Cette collection, ce sont les 36 volumes des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques, publiés entre 1787 et 1789, et les ex-libris, celui d’Alfred Mosselman, objet d’un précédent billet, et de Madame Sabatier, évoquée dans celui-ci.

Un troisième billet est consacré à Auguste Dubois, entré en possession de ces exemplaires, légués après son décès à l’Université de Poitiers, où il enseignait.

Aglaé Joséphine‎ Savatier, dite Apollonie Sabatier (1822-1890), Madame Sabatier ou la Présidente
L’égérie des artistes et des écrivains

Fille illégitime d’un préfet et d’une lingère, Aglaé Joséphine Savatier débuta comme figurante à l’Opéra de Paris, devint modèle et commença très tôt à fréquenter les artistes. Un moulage fut opéré sur son corps par le sculpteur Auguste Clésinger pour la Femme piquée par un serpent, statue de nu couché qui suscita l’intérêt et le scandale au Salon de 1847. Ce fut cependant la relation d’Apollonie avec Baudelaire qui fit couler le plus d’encre. « L’Ange Gardien, la Muse et la Madone » (ainsi se clôt « Que diras-tu ce soir ») lui inspira plusieurs poèmes, qu’il lui adressa anonymement entre 1852 et 1854, avant leur publication dans la première édition des Fleurs du mal en 1857. Madame Sabatier se donna à son admirateur un soir d’août de la même année, peu après le procès et la condamnation du poète, mais il préféra que cela restât sans lendemain.

Reliure d’un des trente-six volumes des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques / [éd. par Charles-Georges-Thomas Garnier].- Amsterdam [i.e. Paris], 1787-1789 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 1511)

La Présidente en sa bibliothèque

D’après Thierry Savatier, son arrière-petit-neveu, qui récuse totalement sa réputation de courtisane ou de « vivandière de faunes » (expression utilisée par les frères Goncourt et notamment alimentée par l’obscène Lettre à la Présidente de Théophile Gautier), Madame Sabatier possédait une bibliothèque fournie, comprenant entre autres des œuvres écrites, offertes et dédicacées par ses amis, Baudelaire, Gautier, Flaubert.

Apollonie veillait à ce que ses ouvrages fussent soigneusement mais sobrement reliés, ordinairement avec un plein ou demi-maroquin vert. Les Voyages imaginaires arborent une demi-reliure en veau brun et des marbrures vert foncé, à l’extérieur, sur les plats et les tranches, comme à l’intérieur, où du papier marbré a été collé en guise de gardes. Ces différents motifs de marbrure seraient caractéristiques des premières décennies du XIXe siècle. À cette époque cependant, on fabriquait du papier marbré en grande quantité et il pouvait être utilisé bien plus t**d.

La Présidente marquait ou faisait marquer ses livres, sur la reliure et/ou à l’intérieur, cas de ces Voyages, où l’ex-libris figure sur la garde collée de tête, en haut à gauche. La devise « Vis Superba Formæ » fut choisie par Théophile Gautier. Empruntée au recueil poétique Les Baisers de Jean Second (1511-1536), elle signifie « force orgueilleuse de la beauté » ou « force superbe de la forme ». Elle entoure le chiffre d’Apollonie Sabatier (monogramme avec ses initiales) et sert de perchoir à un oiseau au bec ouvert et aux ailes déployées, un phénix selon Thierry Savatier.

Pages de garde d’un des trente-six volumes des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques / [éd. par Charles-Georges-Thomas Garnier].- Amsterdam [i.e. Paris], 1787-1789 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 1511)

Que sont ses livres devenus ?

À la mort de la Présidente, survenue en 1890, sa bibliothèque comptait apparemment cent trente-sept volumes. Les titres n’étaient cependant mentionnés ni par l’inventaire officiel de ses biens, ni par celui de son dernier amant, Edmond Richard (1847-1934), qui hérita de la plupart de ces ouvrages semble-t-il et les dispersa. Impossible donc de savoir si les Voyages imaginaires faisaient toujours partie de la bibliothèque d’Apollonie à son décès.

Il n’est pas exclu qu’ils aient été offerts ou vendus bien avant. Madame Sabatier connut une période financièrement difficile entre 1860, date de sa séparation d’avec Mosselman, dont elle refusa la rente, et 1870, date à laquelle une pension lui fut octroyée par Richard Wallace (1818-1890), un ancien amant devenu immensément riche grâce à un héritage inattendu (car fils illégitime comme elle). Apollonie fut contrainte de se défaire d’une grande partie de ses objets d’art et tableaux en 1861. Pas sûr néanmoins que la vente des Voyages imaginaires lui aurait rapporté une somme conséquente, ou alors ils auraient pu être perçus comme un souvenir encombrant.

De temps en temps, des ouvrages ayant manifestement appartenu à la Présidente resurgissent en vente publique. Dans sa biographie, Une femme trop gaie, datant de 2003, Thierry Savatier évoque une douzaine d’exemplaires mis sur le marché depuis un siècle et/ou conservés par des institutions, des particuliers. D’autres livres possédés par Madame Sabatier, telles des éditions de Balzac, ne sont connus que grâce aux témoignages fournis par des correspondances.

Le dernier billet est consacré à Auguste Dubois.

Ex-libris de Madame Sabatier sur un des trente-six volumes des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques / [éd. par Charles-Georges-Thomas Garnier].- Amsterdam [i.e. Paris], 1787-1789 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 1511)

Sources consultées pour Madame Sabatier et Alfred Mosselman

Source principale

Savatier (Thierry), Une femme trop gaie : biographie d’un amour de Baudelaire, nouvelle édition [en ligne], Paris, CNRS Éditions, 2003

Autres sources

Dufay (Pierre), Autour de Baudelaire : Poulet-Malassis, l’éditeur et l’ami, Madame Sabatier, la Muse et la Madone, Paris, Au cabinet du livre, 1931

Moss (Armand), Baudelaire et Madame Sabatier, 2e édition, Paris, Nizet, 1978

Pia (Pascal), Baudelaire, Paris, Le Seuil, 1995, p. 57-64

Pichois (Claude) et Ziegler (Jean), Charles Baudelaire, nouvelle édition, Paris, Fayard, 1996

Porché (François), Baudelaire et la Présidente, Genève, Éd. du Milieu du monde, 1941

Ziegler (Jean), « Baudelairiana, Madame Sabatier (1822-1890), quelques notes biographiques », in Bulletin du bibliophile, III-IV, 1977, p. [365]-382

Apollonie et BaudelaireUne pièce de Céline Debayle et Georges-Marie AboutMise en scène Georges AboutAssistante à la mise...
25/04/2025

Apollonie et Baudelaire
Une pièce de Céline Debayle et Georges-Marie About

Mise en scène Georges About
Assistante à la mise en scène Anne Turolla
Avec Roxane Le Texier, Luc Betton, Clara Starkier, Bruno Biezunski, Alexandre Triaca
Et Frédéric Morel, Michèle Savalle, Jean-Marie Granghaud
Presse Pierre Cordier
Les Dimanches et Lundis à 19H au Studio Hébertot

A propos du père de Charles Baudelaire
JOSEPH-FRANÇOIS BAUDELAIRE

Né en 1759 à La Neuville-au-Pont, en Champagne, il fait ses études tout d'abord dans une pension de Sainte-Menehould puis au collège Sainte-Barbe à Paris. Ordonné prêtre, il devient répétiteur dans ce même collège avant d'être engagé en 1785 par le duc de Choiseul-Praslin comme précepteur de ses deux fils. Durant la Révolution, il s'occupe de ses deux élèves, restés sous sa garde, et les fait vivre en donnant des leçons de dessin et peignant quelques gouaches. Ayant abdiqué le 29 brumaire an II « ses fonctions de ministre du culte catholique », il n'est pas inquiété.

En 1796, ses élèves n'ayant plus besoin de précepteur, il vit des faibles revenus de son activité artistique. Le 23 prairial an VI (11 juin 1798), il est nommé « commissaire-adjoint au triage des livres des bibliothèques des couvents, des émigrés ou des condamnés ». C'est là qu'il fait la connaissance du peintre Jean Naigeon et du sculpteur Claude Ramey qui demeureront ses amis et lui serviront de témoins lors de la déclaration de la naissance de son fils Charles.

Le 16 nivôse an VIII (6 janvier 1800) il est élu à la majorité secrétaire particulier de la commission administrative du Sénat qui comprenait cinq sénateurs dont le duc de Choiseul-Praslin, frère de ses anciens élèves. Il est logé au Sénat dans un appartement de huit pièces donnant sur la cour de la trésorerie en face du Petit Luxembourg. Le 8 vendémiaire an XII (1er octobre 1803), il devient chef des bureaux de la prêture : il exécute les décisions des prêteurs (qui remplacent la commission administrative), contrôle les dépenses intérieures, prépare les budgets et signe les mandats de paiement. Il s'installe alors dans une maison appartenant au Sénat au 31 de la rue de Vaugirard. Ses fonctions lui permettent d'être en relation directe avec les artistes qui travaillent à l'embellissement du Palais.

Il prend sa retraite en 1817. Sa femme explique ainsi son départ : « Lorsque les Bourbons sont revenus, ils ont amené avec eux le gaspillage dans toutes les administrations. Mr. Baudelaire, d'une probité si sévère, si ménager de l'argent de l'Etat, ne voulait pas se prêter aux exigences de toutes les nouvelles créatures dont il était entouré Chacun tirait à soi : qui voulait être chauffé, qui voulait
être éclairé pour rien. M. de Sémonville, lui-même, donnait l'exemple. M. Baudelaire le gênait ».

Devenu veuf, il se remarie et s'installe 13 rue Hautefeuille : c'est là que naît Charles Baudelaire, l’auteur des Fleurs du Mal, en 1821.

Apollonie et BaudelaireUne pièce de Céline Debayle et Georges-Marie AboutMise en scène Georges AboutAssistante à la mise...
23/04/2025

Apollonie et Baudelaire
Une pièce de Céline Debayle et Georges-Marie About

Mise en scène Georges About
Assistante à la mise en scène Anne Turolla
Avec Roxane Le Texier, Luc Betton, Clara Starkier, Bruno Biezunski, Alexandre Triaca
Et Frédéric Morel, Michèle Savalle, Jean-Marie Granghaud,
Presse Pierre Cordier
Studio Hébertot

-Caroline Aupick, mère de Charles Baudelaire-
Née en 1793, morte en 1871, Caroline Aupick, mère de Baudelaire, vécut en un siècle qui exaltait la maternité et enfermait les femmes dans un carcan d'irresponsabilité. Son éducation, sa jeunesse d'orpheline pauvre, promise au déclassement, les diverses étapes d'un destin accidenté, permettent de mieux appréhender son rôle difficile de mère d'un génie souffrant.

Toute sa vie, Baudelaire aima intensément sa mère. Si, aux rapports tendres et confiants de l'enfance, succédèrent la rébellion et la marginalisation de l'adulte, Mme Aupick demeura le centre névralgique de la vie affective de Baudelaire qui, laminé par la solitude, la pauvreté, des souffrances physiques et psychiques, ancra sur l'image maternelle des rêves de quiétude, de prospérité, d'amour et de sécurité.

Épouse, en secondes noces, d'un général devenu ambassadeur et sénateur, Mme Aupick, qui fit mettre son fils sous tutelle, incarnait les valeurs d'une bourgeoisie avec laquelle Baudelaire avait rompu. À la fois ennemie et amie, agresseur et recours, elle offre un visage ambivalent, reflet, aussi, de la complexité et des contradictions baudelairiennes.

Baudelaire enfant reçut l'empreinte de la féminité irradiée par Caroline Aupick qui, inconsciemment, participa à la formation de sa sensibilité poétique. Entre refus, incompréhension ou enthousiasme, cette mère inquiète réagit de façon contrastée à une oeuvre profondément novatrice. Survivant à Baudelaire, elle favorisa l'émergence de la gloire filiale.

Ce livre fait revivre les relations passionnées et conflictuelles de la mère et du fils. La confrontation de leur univers, de leurs attentes, de leurs déceptions, enrichit la connaissance du poète et de son oeuvre.

Apollonie et BaudelaireUne pièce de Céline Debayle et Georges-Marie AboutMise en scène Georges AboutAvec Roxane Le Texie...
21/04/2025

Apollonie et Baudelaire
Une pièce de Céline Debayle et Georges-Marie About
Mise en scène Georges About

Avec Roxane Le Texier, Luc Betton, Clara Starkier, Bruno Biezunski Alexandre Triaca
Studio Hébertot

-AUTOUR DE ALFRED MOSSELMAN-

Entre 1813 et 1824, François-Dominique Mosselman acquiert
les premiers sites d'extraction, de production et de transformation du zinc, dont la mine et les ateliers de Moresnet, les sites de Hergenrath, Saint-Léonard et Angleur (dans la région administrative française de l'Ourthe), et les mines de charbon de Foxhall et Darford (en Angleterre).

Visionnaire, François-Dominique Mosselman a l’intuition d’un marché fort porteur !

Fin 1794 François-Dominique Mosselman a ouvert une maison de banque à Paris qui connaît une croissance rapide. Il vit désormais entre Bruxelles et Paris.

C’est en 1815 qu’on expérimente le zinc Vieille Montagne pour la première fois sur une modeste toiture à Paris. La même année Napoléon perd la bataille de Waterloo et quitte le pouvoir.
Sans lien de cause à effet, le zinc, lui, prend son essor.
On le voit épouser les formes cintrées des toitures
dites à l’impériale de la rue de Rivoli au début des années 1820.

La technique à tasseaux se développe. Les systèmes de fixation et de jonction sont mis au point pour des décennies.
François-Dominique Mosselman doit défendre ses titres de propriété sur la Vieille Montagne, notamment le site de la si riche mine de l’Altenberg qui est convoitée par les Prussiens et les Hollandais.
Ceux-ci n’arrivant pas à se mettre d’accord, créent en 1816 un territoire neutre de quelques kilomètres carrés autour de la mine dont ils laissent finalement l’administration au directeur du site. Cette incroyable histoire va durer plus d’un siècle !

Puis en 1830, la Belgique conquiert son indépendance. Elle nomme son ambassadeur en France. Il est prince. Il s’appelle
Charles Le Hon. Le hasard fait bien les choses.
Son épouse est Françoise « F***y » Mosselman, la fille de
François-Dominique, notre banquier négociant.

F***y Mosselman est surnommée par Honoré de Balzac
« Iris au regard bleu, l’ambassadrice aux cheveux d’or ».
Aussi charmante qu’intelligente et intrigante, elle reçoit le gratin de la politique, des arts et de la finance française de cette époque dans l’hôtel particulier de la Chaussée d’Antin (acheté au banquier Récamier en 1805 par son père) et devenu le siège de l’ambassade de Belgique.

En 1832, Alfred Mosselman, frère de F***y, prend la direction des affaires familiales. Il créé une sorte de holding appelé
« Mosselman frères et sœurs », dans laquelle la Banque de Belgique injectera en 1838 quelques 800 000 francs !

Un jour de 1833, le Duc de Morny, fils illégitime de la reine Hortense et du Général de Flahaut, petit-fils de Talleyrand,
un aristocrate brillant et influent, est invité à une soirée à l’ambassade de Belgique. Il tombe sur le champ amoureux de la belle ambassadrice dont il fera sa maitresse pendant plus de vingt-cinq ans !
En homme d’affaires avisé, De Morny a placé ses intérêts dans l’industrie sucrière en plein essor. Pour les beaux yeux de F***y,
il devient actionnaire actif de la « Société des Mines et Fonderies de la Vieille Montagne » qui a été créée en 1837.
De Morny va ainsi devenir le grand ambassadeur de l’industrie de zinc.
F***y financera son irrésistible ascension en politique.

Car c’est ce même Duc de Morny, qui en 1851, est à l’origine du coup d’état mettant sur le trône son demi-frère, Napoléon III.
Il deviendra l’éminence grise de l’Empereur.

Roger Baltus

16/04/2025

'APOLLONIE ET BAUDELAIRE'
Une pièce de Céline Debayle et Georges-Marie About
Mise en scène de Georges About
Assistante mise en scène Anne Turolla
Avec Roxane Le Texier,
Luc Betton, Clara Starkier, Bruno Biezunski, Alexandre Triaca
Et Frédéric Morel, Michèle Trubert-Savalle, Jean-Marie Granghaud
Actuellement au Studio Hébertot

LE CENACLE DE LA RUE FROCHOT CHEZ "LA PRESIDENTE" APOLLONIE SABATIER
-PAR BERNARD VASSOR-

" La Présidente", Aglaé Savatier de son nom véritable fut mise dans ses meubles au 4 rue Frochot par le banquier d'origine Belge
Alfred Mosselman. Cette rue avait été percée en 1826, et s'était appelée successivement, rue Bréda, rue de Brach, rue de la Nouvelle Athènes, enfin rue Frochot. Le quartier avait été dénommé Bréda street et était devenu le repaire des dégrafées.
Au numéro deux, des photographes, les frères Erwin y avaient leur atelier. Ils avaient une soeur, Léonide Leblanc, qui allait faire fortune dans la haute bicherie.
Aglaé Apollonie habitait le deuxième étage du numéro quatre.
Les fenêtres de son salon donnaient sur l'avenue Frochot, qui était surélevée, et son appartement était au niveau du rez-de-chaussée de l'avenue Frochot, sa fenêtre touchant presque celle de l'atelier du peintre Isabey.
Ancienne élève de la soprano Laure Damoreau-Cinti Montaland, elle aurait pu faire une carrière au théâtre, elle avait une jolie voix et de réels talents musicaux. Si l'on en juge par une vente de sa collection de tableaux en 1849, ses goûts allaient vers les "précurseurs" de l'École de Barbizon. Théodore Rousseau, Diaz, Jules Dupré, et Bonington qui bien que ne faisant pas partie de cette école, n'en est pas moins un des précurseurs de l'impressionnisme.
Ses soirées rue Frochot avaient été fixées comme partout le dimanche. A ces réunions où les femmes n'étaient pas volontiers conviées, la liste des invités est édifiante : Baudelaire, Théophile Gautier, Maxime du Camp, Auguste Préault, Jules Turgan, Henri Monnier, Edmond About, Ernest Meissonnier, Berlioz, Flaubert, Bouilhet, les frères Goncourt, Ernest Feydeau, Arsène Houssaye, Edmond Richard.
Cependant, exception à la règle, quelques femmes furent invitées, Mlle Virginie Huet, pianiste virtuose, concertiste qui accompagnait Ernesta Grisi, la femme de Théo, venait accompagnée de sa soeur Mlle Honorine Huet qui était peut-être la maîtresse de Gautier, et l'institutrice de sa fille Judith Gautier qui évoque ce souvenir dans le "Second rang du Collier des jours" Elle l'appelle méchamment "mam'zelle Huai " sans accentuer le T pour accentuer son accent marseillais. Virginie Huet donnait de temps en temps des leçons de piano aux filles de Théophile Gautier. Les vingt premières pages de ses "souvenirs littéraires" sont consacrées aux soeurs Huet.
Les conversations avaient une grande liberté de langage, les propos les plus licencieux immoraux et égrillards émaillés de récits croustillants. Gautier était un maître du langage graveleux rabelaisien et poissard.
Elle quitta la rue Frochot en 1864 après sa rupture avec Mosselman.

15/04/2025

'Apollonie et Baudelaire'
Texte de Céline Debayle et Georges-Marie About
Studio Hébertot
Mise en scène Georges About

-Charles Baudelaire, l'homme derrière les chefs-d'œuvre-

L’œuvre de Baudelaire ne se résume pas aux Fleurs du mal.
Ses critiques et autres textes comme ses journaux intimes méritent d’être partagés.
Maurice Ulrich

« Quand Baudelaire regarde un arbre, il se regarde regarder l’arbre », écrivait Sartre dans l’essai qu’il lui a consacré en 1947
où il n’hésitait pas à moquer ses amours entre sa maîtresse Jeanne Duval et la divine Apollonie Sabatier, placée un peu à la légère sur un piédestal, comme ses prétentions au dandysme. Parfois le crâne rasé, ou bien les cheveux teints en vert, autant d’excentricités à l’opposé de son modèle, le dandy britannique Brummell.

On peut regretter que Sartre ne se soit pas davantage penché sur une œuvre qui ne se résume pas aux Fleurs du mal, condamnées en 1857. Baudelaire fut un remarquable critique d’art, indéfectible soutien de Delacroix, de Manet, capable de saisir l’audace et la nouveauté des ciels de Boudin, le maître de Monet… Critique littéraire, traducteur d’Edgar Allan Poe, de Thomas de Quincey, auteur des Confessions d’un mangeur d’opium, et lui-même auteur des Paradis artificiels et consommateur de hachisch, avec quoi il se sent « semblable à un roman fantastique qui serait vivant au lieu d’être écrit ».

Un homme révolté dans son époque
Dans son petit traité, De l’essence du rire, il voit ce dernier comme le choc pascalien de deux infinis, grandeur et misère, « le rire est satanique », il est celui de l’ange déchu et d’ailleurs écrit-il, comme en écho de Kierkegaard qui lui est contemporain, « la création ne serait-elle pas la chute de Dieu » ? Dieu, « le seul être qui, pour régner, n’a même pas besoin d’exister ».

En 1848, on le verra sur les barricades et parcourant les rues en criant qu’il faut fusiller le général Aupick, qui n’est autre que son beau-père et d’une certaine manière le responsable de sa mise sous tutelle financière… Baudelaire n’est pas un révolutionnaire, quand bien même il note, au passage, « avis aux non-communistes. Tout est commun, même Dieu ». C’est un révolté : « Si un poète demandait à l’État d’avoir quelques bourgeois dans son écurie, on serait fort étonné, tandis que si un bourgeois demandait du poète rôti, on le trouverait tout naturel. »

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