08/02/2024
Je sais pas vous, mais personnellement je n'ai aucun talent particulier pour transformer la matière. J'aime pas cuisiner, j'aime pas coudre, j'aime pas dessiner, j'aime pas rafistoler de vieux meubles, je dois m'y prendre à plusieurs fois pour allumer un feu... J'éprouve donc une satisfaction toute particulière quand je vais au bout d'une tâche dont le résultat est visible. Bon, pas visible dans la matière, hein, n'exagérons pas, mais tout de même, ici dans le tissu du ouèbe. Oui, je viens de terminer une énième mouture du site internet de notre compagnie, qui a d'abord pris quelques airs de débogage d'évier ou de coupe radicale des extensions de cheveux. Tout ça pour permettre la mise à jour de l'ancêtre php, c'est là que j'ai vu que le site - et moi - avions pris un coup de vieux.
Il a fallu ensuite entamer un nettoyage à la Marie Kondo : a-t-on vraiment encore besoin de ce backup du site de 2009 ? Et ce bulletin d'inscription pour un stage de 2007, est-il encore nécessaire ? Traverser aussi des pensées du type (désolée, je n'ai pas pu m'empêcher, j'ai un hamster qui tourne sous mon crâne) : "que de galères au cours de ces années", "que de situations abusives rencontrées"... et me rappeler aussi avec bonheur des sourires, des instants suspendus... Et de la solidité de certaines rencontres, encore vérifiée, là ces derniers mois lors de la création de "Reste à ta place".
Après avoir décidé de ce que l'on ne gardait pas du passé, il y a eu la plongée métaphysique dans la question : "qu'ajoute-t-on ?" "Qu'a-t-on fait qui mérite trace ?" Ou à l'inverse : "Qu'est-ce qui est important mais ne sera pas dit, en tout cas pas là ?" Et c'est évidemment ce qui a pris le plus de temps, décider de ne pas dire. C'est sans nul doute ce qui sera à son tour modifié le plus rapidement, bien évidemment, bien évidemment.
Est venu le temps du trifouillage dans le code html, c'est le moment que je préfère, et encore avec les blocs wordpress on pourrait s'en passer, mais j'aime toujours autant accomplir des mises en page en passant par le code, c'est l'un des rares côtés artisanaux en moi. Cette plongée dans le langage html est toujours thérapeutique, oui, thérapeutique : tu démarres / tu termines la consigne ; à un point donné, pas à un autre, non non. Tu ordonnes que le machin, là, celui-là, soit centré, et il apparaît centré. Il est grand, petit, dodu, comme tu veux. Merveilleux. Ma parole construit un monde rassurant. Sans ambiguïté. Une mégalomanie roudoudou. Sans possibilité de blesser l'autre, ou d'être blessée par ce dernier. Personne ne t'agresse quand tu t'es trompée, ni quand tu as réussi d'ailleurs. Génial. Cette immersion dans le code me fait penser aussi à mes années universitaires, quand tout était encore possible, et où j'adorais déjà les jeux de langage. Parce que donner des ordres à une machine, ça reste du langage (quoique un peu solitaire, bon).
Après, bon bah voilà, ça commence à ressembler à quelque chose, trois jours de tests divers pour finalement adopter le design révolutionnaire "une photo / un texte". Une case au fin fond du thème n'a pas été cochée et le truc n'est pas adaptable en largeur sur les téléphones, deux heures d'errance désespérée et soudain l'option apparaît, à un endroit où l'on est passé pourtant quinze fois sans le voir.
Ça y est. C'est pas totalement totalement prêt, mais la notion de résultat final est une chimère, non ? Non ? La page d'accueil compte 191 modifications depuis 2006 ; il y en aura d'autres, je l'espère. Continuer à voguer d'erreur en erreur, d'expérience en expérience, comme on dit.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Sophie Hutin
Bonjour et bienvenue !L’équipe de La Marcheuse vous souhaite pour 2024de très beaux instants poétiques à partager.Vous pouvez nous retrouver au quotidien sur les réseaux sociaux :Facebook • Instagram • Pinterest