15/07/2025
Dans ma dernière newsletter, je déposais une lettre intime et sincère : le résultat d’un long travail sur moi pour comprendre. J’y écrivais : « Je ne veux plus mettre d’ambition dans ce projet, car même si c’est elle qui m’a fait arriver jusque-là, aujourd’hui, c’est aussi elle qui me dévore. »
Voici quelques vérités derrière ce projet pour lequel j’ai pris tant de plaisir à bâtir une image et un storytelling travaillés avec soin. Tout ce que j’ai partagé est sincère, mais peut-être n’ai-je pas assez parlé des autres côtés. Ceux qu’on garde pour soi ou pour les proches, parce qu’on cherche le beau, le concret, le maîtrisable. Je n’ai jamais voulu donner une fausse image, juste porter ce projet du mieux possible, de la façon la plus « professionnelle » possible - si tant est qu’on puisse la définir.
Rien n’a été facile ni donné. Tout est le fruit d’un travail acharné, d’un planning mouvant ou inflexible, d’une rigueur intransigeante, d’une énergie poussée à bout. En le posant ici je ne cherche pas à être félicitée. Je le dis parce que c’est dangereux. Travailler trop même par passion, est dangereux. Il y a parfois de la souffrance dans l’accomplissement, et il ne faut pas en faire un mérite.
Ce projet m’a mise face à des limites que je pensais inatteignables. Persuadée qu’en travaillant plus que les autres j’y arriverais. Mais quand les objectifs qu’on se donne ne se réalisent pas, tout s’écroule. On se déteste, on se compare, on dissèque ses statistiques, sa stratégie, on en cherche des nouvelles, mais on ne ressent ni fierté, ni accomplissement. Juste un vide qu’on ne comble pas.
Puis vient enfin la vérité la plus importante : accepter. Accepter que tout change y compris nous. Qu’on a le droit de ne plus avoir envie et que ça ne serait pas un échec. Depuis ce jour, je vais mieux.
J’ai repoussé ma to-do list, sans durée. Je veux retrouver la légèreté, le goût de faire de la musique pour elle seule, sans objectif. Cet été passera avec ses odeurs de crème solaire et de goudron chaud après la pluie. Et quand j’aurai retrouvé une énergie neuve, je verrai si j’ai encore envie, et comment faire suite.
Tout passe après les ombres,
si on décide d’écouter.