30/06/2025
✨ Thème 1 - Défi 3 | Toi dans la vie réelle VS Burly Toi
Il est temps de reprendre, après de longs mois de pause 🤫, le de ! (Est-ce que ça suffira à remotiver les troupes, telle est la question… 🤷♀️)
Dans la vie de tous les jours, je suis discrète. Introvertie, peu sociable, peu démonstrative. J’aime que les choses soient carrées, bien organisées, prévisibles, sous contrôle. Je râle souvent : c’est ma façon d’évacuer les petites frustrations du quotidien (et il y en a beaucoup !). Pour les grandes, je choisis le silence. J’ai besoin de calme, de temps pour moi, de jeux, de lecture, de séries que je connais par cœur. Je suis en retrait. Presque effacée. Et… ça me va. Enfin, je crois.
Mais il y a, sous cette apparente tranquillité, une autre énergie. Quelque chose qui aime le vertige, l’adrénaline, le frisson de l’inconnu. Un espace où les règles changent. Et c’est là qu’intervient Cheeky Bibi.
Elle est plus directe. Elle ose. Elle accepte le bruit, les interactions, les câlins. Elle parle (si on vient à elle, faut pas exagérer non plus !), elle ose dire ce que je garde pour moi. Elle ne cherche pas à arrondir les angles. Elle vit plus fort, plus libre. Elle s’autorise là où moi je me retiens. Elle exprime son enthousiasme, là où je le garde souvent enfoui. Elle dénonce ce que je préfère taire. Elle est cette version de moi que je ne montre pas. Ou pas souvent. Ou pas à tout le monde.
Il y a un écart. Une bascule. Et parfois un conflit. Mais est-ce elle, vraiment ? Ou est-ce encore moi, mais autrement ? Moins censurée, plus directe. Peut-être pas une autre, mais une part que j’ai longtemps mise de côté pour « bien faire ». Ne sommes-nous pas nombreux·ses à composer avec ce tiraillement, en silence, sans jamais vraiment savoir comment l’assumer ?
Ce que je vis dans le burlesque n’est pas juste une parenthèse, ni une soupape. C’est une expérience active, transformatrice. Ce que je découvre sur scène, je commence à l’infuser ailleurs. Lentement. Parfois maladroitement. Mais je sens que cette liberté gagne du terrain, au-delà des projecteurs.
Cette coexistence n’est pas simple. Elle me déstabilise autant qu’elle m’apaise. Elle m’aide à respirer plus large, mais elle complique mes relations hors de la scène où je me sens souvent à côté de la plaque, comme si je parlais une autre langue. Comme si je jouais un rôle partiel. Comme si l’autre partie de moi, celle qui s’élance sur scène, était invisible. Et que ça faussait les échanges. Peut-être que les gens ne voient qu’un morceau. Peut-être que je ne leur montre pas le reste. Je ne sais pas.
Alors, est-ce ça, ma vraie place ? Ou juste un espace que j’ai apprivoisé parce qu’il me permet d’être pleinement moi ? Parfois je crois que Cheeky Bibi, c’est moi. Parfois j’ai l’impression que c’est une autre. La vérité est sans doute entre les deux.
C’est dans cet entre-deux que j’apprends à naviguer : entre protection et exposition, repli et expansion. Ce n’est pas un équilibre figé, mais un ajustement constant. Inconfortable, parfois flou, souvent bancal… mais vivant.
Alors oui, cette dualité me bouscule. Mais elle m’éclaire aussi. Elle me construit. Elle me rappelle que nous ne sommes pas une seule chose, nous sommes toustes multiples, et que chaque facette mérite d’exister, d’être accueillie, et parfois… d’être applaudie.