30/09/2025
Philippe TRAVERSIAN est parti à la rencontre d'artistes présents à ART MANET 2025. Il nous partage aujourd'hui le portrait qu'il a réalisé de Guy BROCHOT , photographe . Nous vous souhaitons une agréable lecture, et vous invitons à venir les 18 et 19 octobre découvrir par vous-même plus de 40 artistes à la Ferme du Manet à Montigny le Bretonneux.
Guy Brochot photographe
« La passion est le seul moteur »
Tout commence à 5 ans lorsqu’il lève les yeux vers le ciel et s’émerveille devant le passage d’étranges machines volantes à l’aérodrome de Villacoublay. Ce regard d’enfant ne l’a jamais quitté, c’est devenu un véritable engagement artistique.
« C’est parti comme ça » raconte-t-il, « en les voyant pour la première fois, j’ai été pris par la technologie, l’esthétique. La passion m’a totalement enveloppé, c’est inexplicable ».
Il a tout fait pour entrer dans l’aéronautique, et ce ne fut pas facile.
Il travaille depuis cinquante ans à sublimer cet univers en conservant l’esprit des belles années. Photographe depuis 1971, pilote privé, planeur, parachutiste sportif, Guy Brochot vit l’aviation de l’intérieur. De cette proximité avec le ciel est née une œuvre rare, sincère où l’avion n’est pas seulement une machine, mais un fragment de lumière et de silence figé dans le temps.
Il s’initie au parachutisme à l’armée au 1er RPIMA de Bayonne. « J’ai voulu aller plus loin » dit-il. A l’arrivée, 2500 sauts au compteur, champion du monde de vol relatif à 4. « On saute à 4000mètres ».
En 71 il achète son premier appareil photos à Dakar, il va mitrailler l’aéroport de la capitale du Sénégal sous toutes les coutures.
Durant des années, il doit se cantonner, comme le public, d’admirer les démonstrations derrière les barrières lors des meetings. Il ronge son frein, apprend.
Ses beaux-parents habitent la baie du Mont St Michel, « je me suis passionné pour le Mont vu de l’extérieur. Des recoins secrets, une lumière toujours différente, il faut avoir l’œil pour faire de belles images. Je n’ai travaillé qu’avec un Pentax 6x7. Pas de mise au point automatique, réglage de la vitesse et du diaphragme, c’est tout. Je n’avais que dix vues, il fallait donc les penser, les soigner. Je me considère tel un peintre pensant son sujet, le composant patiemment. »
A Etretat il travaille avec l’aérospatial, Air France lui demande de shooter le Concorde ; « Une expérience inoubliable, j’ai adoré. J’en ai profité durant une semaine, voler dans cet avion de légende, c’était magnifique ».
Le numérique ne l’a pas séduit ; « Il m’a déçu, on consomme de l’image, les photographes assurent avec des rafales, de temps en temps, tu as une bonne image qui sort, par hasard.
Guy n’a pas vraiment de référence, de maître, il se méfie. En revanche, il regarde beaucoup ses confrères.
« Des idées me trottent dans la tête en permanence, je réfléchis, mon cerveau n’est jamais au repos ! »
Est-il un aventurier ? « Oui, aventurier, c’est le bon mot, j’aime l’aventure ».
Il est déjà venu quatre ou cinq fois exposer à Art Manet, en voisin, il habite à côté.
« J’ai fait de belles ventes. Je suis surpris quand j’expose, la photo s’est vulgarisée. Quand les jeunes m’interrogent, je leur dis qu’il n’y a qu’une seule voie, la passion. Si on n’a pas ce moteur, ça ne marche pas. »
Plus de cent milles images sont soigneusement rangées dans sa photothèque. Il ne s’est pas limité à l’aviation, ses clichés de belles voitures notamment, comme celle de la Ferrari posant fièrement devant le Mont St Michel, sont absolument sublimes.
Car il y a une grande différence entre le cliché et la photo d’Art.
Ph.T