05/01/2021
"J'emergeais d'un état cotonneux en plein Bayou. Mes vêtements, visage et cheveux couverts de boue. Je sifflais mon cheval...par chance la brave bête était pas loin. Que faire après mon escapade infructueuse ? Je n'avais personne à aller voir, aucun ami pour raconter mes petits malheurs. Miss Fike, madame Nazar, Marcel ou mademoiselle Davenport ne sont que des partenaires commerciaux, aux mieux des collègues. Quand à mes rares amis, Al Mualim, Eviludo, ou bien sûr Miss O'Donnell, ne sont plus là...
"Et bien, laissez moi vous dire que vous avez une sale gu**le l'ami ! Me lança Cripps à mon arrivée au camp. C'était bien la peine d'aller en ville si c'était pas pour prendre de bain !"
Je lançais un regard noir au vieux briscard qui ne sembla y accorder aucune importance. Il se dirigea vers le feu de camp qui crepitait vivement puis se tourna vers moi en me tendant un bol.
"Tenez, un bon café bien chaud. Et allez dormir un bon coup, j'aurai du travail pour vous demain, j'ai entendu parler d'un ours qui terrorise..."
C'était tout. Cripps n'allait me poser aucune question, juste parler business. Il agitait les bras en me décrivant avec enthousiasme un énorme animal, moi ne me concentrant que sur la douceur du café chaud.
Je n'étais pas sûr de ce que le vieux Cripps savait de moi, de mon passé. Il ne me posait jamais de questions à ce sujet, sauf si ça concernait notre intérêt commun "vous avez déjà traqué un alligator ?"
Le vieux Cripps est comme ça, toujours fourré au camp ,qu'importe le froid, la pluie ou le vent. Je lui dis de dormir dans ma tente lorsque je ne suis pas là, plus confortable que de dormir dans la roulotte. Je ne crois pas qu'il le fasse.
Avant d'aller m'écrouler au lit, je lui fais un vague geste de la main et un petit sourire...demain, le travail m'attendait."
(journal du 02 janvier 1898, partie 3/3)
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