03/01/2026
LE FILS : Papa ? Ça va ?
LE PÈRE : J’ai mal à la tête.
LE FILS : Tu aurais moins de migraines si tu t’abrutissais pas tout le temps devant ton écran.
LE PÈRE : Il est bien, cet écran, il est plat.
LE FILS : Oui, ça, pour être plat il est plat, creux même, non ?
LE PÈRE : Il est plus léger. Et puis c’est plus confortable pour les yeux.
LE FILS : Tu parle. Ça change rien à ce qu’il y a dedans. Pourquoi tu ne lis pas des livres ?
LE PÈRE : Pfft ! Ça me donne mal à la tête, les livres.
LE FILS : Et la télé ? Elle te donne pas mal à la tête, la télé ?
LE PÈRE : Non, elle me berce, la télé, si tu veux savoir.
LE FILS : Moi, je me sens exister quand je lis, quand j’écris. Je préfère la littérature, l’art en général, à la vie. Peut-être parce que je la trouve triste, la vie. Les mots, l’art en général, ont le pouvoir de créer un autre monde. Moi, j’y crois, papa, au pouvoir des mots, On veut nous faire croire que les mots ne disent plus rien, les vider de leur sens. C’est ce que font l’extrême droite, les nationalistes. En vidant les mots de leur sens, ils vident toutes les pensées du monde ! J’ai envie d’avoir du courage, papa !
LE PÈRE : C’est quoi, avoir du courage, fiston ?
LE FILS : C’est d’éclairer la réalité. De continuer son chemin. D’aimer la vie et de regarder la mort paisiblement. De ne pas subir la loi du mensonge.
LE PÈRE : Une utopie,
LE FILS : Une utopie ? Nous avons le devoir d’inventer. L’utopie, c’est le devoir d’invention ! J’ai envie d’espérer, moi, papa.
Extrait de «Jeannot comme Jaurès » de Filip Forgeau –
Premières représentations les 16-17 et 18 avril 2026 au théâtre de la maison du peuple
Depuis 1986 la Cie Création Éphémère aime faire vivre les mots, les auteurs, la pensée.
Poussez les portes de la Fabrick c'est l'occasion d'éteindre notre télévision, de ne pas céder à la fatalité et de poser un autre regard sur le monde qui nous entoure, de nous y engager pleinement pour ne pas le subir, pour imaginer des jours heureux et un avenir meilleur... Bonne Année 2026