12/07/2026
Hier soir au Quai, encore deux pièces contemporaines intéressantes et poétiques: le journal d'un malade d'une maladie dont on prononce encore le nom avec des tremblements et une autre sur l'expérience d'un jeune étudiant doctorant étranger en France.
Didier Doumergue a fait représenter par des interprètes étudiants sa pièce, L’autre chambre, sur son journal de malade d'un virus inconnu, à l’époque condamné à mourir sous peu et Koffi N’Danou la sienne, Le corps qui parle sans cesse, sur son expérience d’étudiant doctorant étranger en France. J'appréciais déjà et j’avais déjà vu représenter celle de Didier et je découvre avec intérêt celle de Koffi, dans laquelle on peut se reconnaître : « Ce corps et ce visage que je compose pour les autres, pour autrui, pour le monde Ce corps et ce visage soucieux des regards qui les croisent… » ou encore « …une structure familiale qui ne m’y a pas préparé… ni mon milieu d’origine, ni l’influence d’un environnement, passé ou présent, ne semblent agir en ma faveur… Mes goûts et couleurs ne correspondent pas Les lignes de mes mains ne sont porteuses d’aucun présage Et l’histoire s’arrête là A quelques pas de moi ». Expérience de la tyrannie du regard d'autrui! Poétique est le style de Koffi N’Danou, rythmé par le balancement de la voile gonflée du bateau de l’émigré, rythmé « comme les pas d’une danse de possession » entre ange protecteur et agissant et démon dépréciateur. Et, sur le plateau, le corps parle, « continue de parler sans cesse à la place de la langue sans savoir d’où il parle » et il semble parler de renaissance.