09/04/2023
Communiqué du Collectif du 5 novembre – Noailles en colère : solidarité et premières propositions d'urgence faites aux pouvoirs publics.
Marseille, le 9 avril 2023
Au soir de l’explosion et de l’effondrement du 17 rue Tivoli, le Collectif du 5 novembre – Noailles en colère tient à réaffirmer sa solidarité aux personnes touchées, qu’elles soient sinistrées, délogées ou à la recherche de leurs proches. En tant que citoyen·nes marseillais·es, habitant·es de Noailles, voisin·es, nous partageons leur émotion, qui rappelle la nôtre et celles de tou·tes les marseillais·es aux lendemains du 5 novembre 2018. Si les causes ne sont a priori pas les mêmes, les effets d’un tel drame se font écho.
Nous sentons le même traumatisme se réveiller à travers la ville, celui qui s’est réactivé à chaque drame depuis bientôt cinq ans : aux Lauriers, à Maison Blanche, aux Flamants, à Félix Pyat … Ce « per-trauma » qu’avait identifié à l’époque le collectif bénévole de psychologues est toujours présent. Nous pensons aujourd’hui à chacune des victimes directes ou indirectes du mal-logement et de tels accidents collectifs.
180 personnes viennent d’être délogées. Leur information et leur accès aux droits doit être assuré. Nous considérons qu’un arrêté de mise en sécurité doit être pris, incluant l’ensemble du périmètre de l’évacuation, afin d’assurer aux personnes concernées leur prise en charge dans le cadre de la Charte du relogement. Depuis notre expérience de délogé·es et de citoyen·nes solidaires, nous savons également que d’autres besoins vont rapidement devoir être pris en charge. Nous proposons que les centaines de logements « Airbnb » des quartiers environnants fassent l’objet de réquisitions afin d’assurer un parc de relogement rapidement mobilisable et à la hauteur des besoins. Nous attendons également de l’Etat et du Ministère que, comme lors du drame de la rue d’Aubagne, les assureurs et banques soient contactés afin de suspendre les crédits immobiliers et vérifier que les police d’assurances assurent une prise en charge suffisante. Si tel n’est pas le cas, nous attendons que le Fond National d’Aide d’Urgence soit mobilisé pour compenser les manques identifiés. Enfin, la situation psychologique des délogé·es et de l’ensemble des voisin·es nous alerte. La cellule psychologique mise en place doit être prête à être pérennisée et développée par téléphone pour les personnes ne pouvant se déplacer.
Dès à présent, nous nous organisons en soutien aux voisin·es, dont certain·es de nos proches, et les associations du secteur, afin de créer des espaces d’entraide et de solidarité. Nous continuerons également à rester disponible pour coopérer avec les services de la Ville actuellement mobilisés. Nous tiendrons informé·es les personnes concernées au plus vite. Les personnes délogées et sinistrées peuvent dès maintenant nous contacter via Twitter, notre page Facebook ou sur [email protected] .
Marseille s’est immédiatement montrée solidaire et digne, dès cette nuit et comme à son habitude, elle le restera.