20/03/2026
PEUR SUR LA VILLE
Je ne voterai pas Payan.
Jamais.
Autant dire à une femme battue de rester avec celui qui la bat, au risque de sa propre vie.
Et le Toursky est mort.
Voter Payan n’est pas défendre la démocratie.
On nous explique aujourd’hui que voter serait simple :
ce serait « Payan » ou « le fascisme ».
Mais qui peut encore croire à ce chantage ?
La démocratie ne se résume pas à un slogan électoral d’une banalité inquiétante.
Elle ne se résume pas à la peur, agitée élection après élection pour nous faire voter « contre » plutôt que « pour ».
Cette peur, brandie en permanence, ne peut plus masquer un bilan autoritaire et profondément anti-démocratique.
Payan a détruit le château de la Buzine.
Un salarié m’a écrit pour dénoncer les pressions subies.
Nicolas Pagnol porte plainte.
Payan, Coppola ont détruit le Théâtre Toursky, lieu emblématique de la culture marseillaise,
lieu indépendant,
lieu de création, de résistance, de liberté, de fraternité,
lieu qui rayonnait depuis 55 ans,
sur un mensonge : l’ouverture d’une soi-disant enquête pour une prétendue mauvaise gestion.
Alors que j’étais en deuil, j’ai été calomniée.
Mon nom a été jeté en pâture dans la presse, comme celui d’une coupable.
On a demandé ma tête contre des subventions.
Les délégués du personnel ont subi des pressions : se taire ou la liquidation.
Résultat : ils font partie des licenciés.
Il n’y a jamais eu d’enquête.
Tous les rapports démontrent au contraire que la gestion était saine et qu’aucune escroquerie n’a jamais existé.
Nous avons été muselés.
Empêchés de parler.
Soumis à des pressions constantes.
Maltraités.
Menacés.
Brisés.
Certains ont été poussés jusqu’au burn-out, jusqu’à envisager l’irréparable.
Cette violence a été reconnue en accident du travail.
Ce que j’ai subi a un nom : un féminicide politique.
Ce que nous avons vécu relève d’une violence institutionnelle d’une brutalité extrême.
Nous avons toutes les preuves.
Elles sont entre les mains de nos avocats, qui engagent les procédures.
Nous portons plainte.
Un élu du Printemps marseillais, Christian Nochumson, a dénoncé le mensonge et s’est vu retirer sa délégation par le maire du 2/3, Anthony Krehmeir pour avoir soutenu le Toursky.
Une adjointe au maire m’a écrit pour m’informer que le démantèlement du Toursky était programmé depuis longtemps et m’a invitée à poursuivre le combat.
Payan fait voter ses frais d’avocats par le conseil municipal — alors même qu’il fait l’objet de nombreuses plaintes — sur les deniers publics.
Partout, sa méthode verticale et autoritaire est dénoncée.
Richard Martin s’est battu jusqu’à son dernier souffle.
Seize jours de grève de la faim.
Dans l’indifférence des élus du Printemps marseillais.
Dans leur silence assourdissant.
Lors d’une réunion officielle, en présence de Coppola et de la DAC, un élu proche de Payan m’a menacée de descendre au Toursky armé de kalachnikovs, deux heures avant le début de la grève de la faim de Richard Martin en février 2023.
J’ai enregistré cette réunion.
Elle dure plus de deux heures.
L’enregistrement a été transmis à mes avocats.
Et aujourd’hui, on voudrait me faire croire que voter Payan serait un « choix démocratique » ?
Qu’après ce que nous avons subi — moi, Richard Martin, les salariés licenciés, les abonnés, les entreprises partenaires et les artistes lésés — nous devrions nous taire, nous soumettre et voter Payan pour nous « protéger du fascisme » ?
Parler serait une vengeance ?
Non.
Je le répète : c’est comme dire à une femme battue de se taire et de rester avec celui qui la bat.
Au moins, une femme battue peut espérer une protection.
Nous, non.
Et le Toursky est mort.
La démocratie, ce n’est pas faire taire.
Ce n’est pas écraser.
Ce n’est pas disqualifier.
Ce n’est pas détourner l’attention par la peur du « fascisme » pour éviter de répondre de ses actes.
La démocratie, c’est rendre des comptes.
C’est respecter les faits.
C’est respecter les personnes.
C’est respecter le droit du travail, l’équité, l’indépendance des associations, la présomption d’innocence, les droits humains.
Ce n’est pas piétiner les gens.
Ce n’est pas piétiner les lois.
Ce n’est pas abuser du pouvoir.
Ce qui s’est passé au Toursky n’est pas un détail.
C’est un révélateur.
Un révélateur des méthodes anti-démocratiques de Payan.
Un révélateur de son pouvoir autoritaire.
Un révélateur de son rapport au pouvoir.
Alors non, je ne me tairai pas.
Résister à ces méthodes ne fait pas de moi une « fasciste ».
Au contraire.
Cela fait de moi une résistante, une femme libre qui, malgré les menaces, ose prendre la parole et dire la vérité.
Refuser n’est pas un crime.
Parler n’est pas une faute.
Ne pas voter Payan non plus.
65 % des Marseillais n’ont pas voté pour lui au premier tour.
C’est un aveu d’échec.
Son bilan est déplorable et très contesté.
Pourquoi deviendrait-il acceptable aujourd’hui ?
Cessons cette peur sur la ville.
Réélire Payan serait lourd de conséquences.
Qui seront ses prochaines victimes ?
Et ne croyez pas que les élus du Printemps se lèveront pour les défendre.
L’expérience prouve le contraire.
« Ils te tairont, les gens. Les gens taisent l’autre, toujours. »
Léo Ferré savait ce que c’est que d’être réduit au silence par ceux qui ont le pouvoir de ne pas entendre.
C’est exactement ce que nous avons vécu.
C’est exactement ce que Richard Martin a vécu — lui qui a fait seize jours de grève de la faim dans leur silence assourdissant.
La phrase du poète dit tout : « Ils te tairont » — ce n’est pas une résignation, c’est une accusation.
Les gens ne se contentent pas de se taire face à ce qui dérange ; ils font taire.
Ils exercent une violence d’effacement sur celui ou celle qui ose.
« Les gens ne retiendront même pas une de leurs inspirations.
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels
puant le certificat d’études et le catéchisme ombilical.
C’est vraiment dégueulasse. » continue Léo.
C’est la méthode de Payan et de ses partisans.
Et ils n’ont même pas la décence d’en rougir.
Les vers de Ferré brûlent dans mes veines.
C’est pourquoi je ne me tairai pas.
Voter est un acte libre.
Un acte de conscience.
Et en conscience, pour les valeurs qui me sont essentielles — Liberté, Égalité, Fraternité —
Je ne voterai pas Payan.
Payan fustige aujourd’hui Sébastien Delogu et refuse la main tendue, sous prétexte que cette main n’a cessé de le frapper pendant la campagne.
Il ose proclamer qu’il refuse toute tambouille électorale alors qu’il n’utilise que cette méthode.
Sébastien Delogu se battait politiquement dans une période électorale.
Nous, au Toursky, nous ne faisions que notre travail.
Avec amour et légalement.
Payan, quant à lui, nous a donné des coups d’une violence rare. En toute conscience.
Moi, je refuse de voter sous la peur.
Je refuse de voter sous contrainte.
Je refuse de voter contre ce que j’ai vu, contre ce que je sais, contre ce que j’ai vécu.
Je refuse de me soumettre.
Dans chaque secteur, il existe d’autres choix.
Renseignez-vous.
Choisissez en conscience.
Dans le secteur du 2/3, secteur où était implanté historiquement le Toursky, il faut faire barrage à Anthony Krehmeir, complice de la destruction du lieu.
Je ne voterai pas Payan ni pour aucun de ses colistiers.
Parce que je préfère perdre une élection que perdre mon âme.
« Les experts ont analysé ce qu’il y avait au fond du vase.
Il n’y avait rien qu’un peu de vase. »
Que vive la parole du poète.