25/06/2026
🇨🇴 Il y a onze mois, personne ne connaissait son nom. Le 21 juin 2026, Abelardo de la Espriella est devenu président de Colombie.
À moins d'un point d'écart face au sénateur progressiste Ivan Cepeda Castro, cet avocat sans passé politique vient de réussir l'un des coups électoraux les plus stupéfiants d'Amérique latine.
Mais qui est-il vraiment ?
Fondateur d'un mouvement d'extrême droite créé en août 2024, candidat déclaré en juillet 2025, élu en juin 2026 : sa montée a été fulgurante. Et pour cause — sa campagne n'a pas lésé sur les moyens. Jet privé, omniprésence sur TikTok, slogans sécuritaires martelés, insultes contre son adversaire, et zéro débat de fond.
Derrière le personnage, un profil qui interpelle. De la Espriella est citoyen étatsunien depuis 2024 — ce qui implique, selon la formule du serment étatsunien, d'avoir « absolument et entièrement abjuré toute loyauté envers tout État étranger ». Il réside entre Miami, où se trouve son cabinet d'avocat, et Florence, où il détient des intérêts dans l'agroalimentaire. Parmi ses clients les plus célèbres : des figures liées au paramilitarisme d'extrême droite, et Alex Saab, l'homme de paille du régime Maduro extradé aux États-Unis pour blanchiment.
Son programme est sans ambiguïté : 10 prisons construites et gérées sur le modèle Bukele, bombardements des zones rurales touchées par les groupes armés, fin de tout dialogue avec ces mêmes groupes, retrait de l'ONU, de l'OEA et de la Cour interaméricaine des droits de l'homme, rétablissement des relations diplomatiques avec Israël, et baisse des impôts sur les entreprises.
Le paradoxe le plus frappant : il a remporté les grandes villes, là où l'insécurité est relativement faible. C'est son adversaire Iván Cepeda qui a gagné dans les campagnes, les terres indigènes et afro-colombiennes — précisément les zones que De la Espriella promet de bombarder.
Soutenu par Trump, Milei, Kast, Meloni, Boris Johnson et Keiko Fujimori, il incarne une tendance lourde : la constitution d'un bloc de droites radicales à l'échelle continentale, aligné sur Washington.
Le président sortant Gustavo Petro laisse pourtant un bilan économique solide : 3% de croissance, recul de la pauvreté, hausse de 23% du salaire minimum. Tout cela a été balayé par une campagne construite autour d'une seule formule, revendiquée par ses propres conseillers : « celui qui gagne n'est pas celui qui dit la vérité, mais celui qui raconte la meilleure histoire. »
Analyse complète de Jean-Jacques Kourliandsky à lire sur https://www.espaces-latinos.org/👇