21/02/2021
Maternité : le fait de porter et mettre au monde un enfant. Deux verbes d’action que de nombreuses amies, cousines, soeurs, inconnues ont pratiqué, rêvé ou refusé d’habiter. On a tous des femmes dans notre entourage qui tombent enceintes par hasard, par magie, miracle, difficulté, erreur, flash éclair, assistance médicale, chance… et celles qui tombent de ne pas l’être, enceintes. Espoir, douleur, désillusion. Il y a celles qui seront mère à travers un autre chemin et celles qui choisissent de ne pas le devenir. Tout commence par un désir. Désir d’être mère. Désir de ne pas l’être.
Mais alors, où se situe-t-on lorsqu’on est entre deux chaises d’un désir non identifié ? Quand «porter» et «mettre au monde» sont deux verbes qui font peur. L’idée de partager mon corps, qu’il grossisse, se transforme, s’abîme, se déchire, soit marqué, endommagé, malmené, et mette du temps à encaisser ce truc fou sans jamais retrouver sa forme initiale, me tourmente. J’ai toujours considéré les enfants (même ceux de ma famille ou de mes amis) comme un monde parallèle, je les ai toujours ignorés. Je n’ai jamais été une fille rêvant d’avoir des enfants, comme si j’avais toujours eu conscience, très jeune, de la responsabilité abyssale que cela impliquait et de l’autonomie que cela pouvait me retirer. Néanmoins, je ne suis pas de celles qui ont décidé qu’elles ne seraient pas mères. Ni qui le souhaitent à tout prix.
Je sais qu’il est t**d. On est tous au courant qu’on est beaucoup plus fertile à 22 qu’à 40. Alors, quelle femme est-on lorsqu’on appartient à cette cette catégorie bancale : “je ne sais toujours pas si je veux des enfants et je sais que je n’ai plus le temps d’avoir le temps d’y réfléchir” ?
Mon rapport aux enfants a quelque peu évolué ces dernières années (je les ignore moins), et même si je ne sais toujours pas si je veux être mère, une vieille mère du coup, et si cela sera possible, je regarde celles qui le deviennent avec un regard d’amour sur ce qu’elles s’apprêtent à vivre.
Laisser la vie et ses chapitres mystérieux s’écrirent selon ce que l’on doit vivre, quelque soit le vertige de l’incertitude.