24/08/2025
🥾 🚣♀️ 𝐄𝐧 𝐫𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟓-𝟐𝟎𝟐𝟔 𝐝𝐞 𝐥'𝐎𝐏𝐄𝐑𝐀 𝐔𝐍𝐃𝐄𝐑𝐆𝐑𝐎𝐔𝐍𝐃 : 𝐋𝐚 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐬𝐨𝐧 𝐧𝐚𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞, 𝐟𝐥𝐞𝐮𝐫𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞 𝐬𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 🌋
4/15 : 𝐃𝐚𝐯𝐢𝐝 𝐆𝐑𝐀𝐒𝐒𝐄𝐋𝐋𝐈 – 𝑽𝒐𝒄𝒆 '𝒆 𝒏𝒐𝒕𝒕𝒆 (E. de Curtis/E. Nicolardi), live au Festival du Péristyle 2024
[À l'occasion de la venue du groupe 𝐒𝐭𝐚𝐜𝐜𝐚𝐍𝐚𝐩𝐨𝐥𝐢 à l'Amphi le 7 novembre, 15 vignettes audiovisuelles à compulser comme un herbier sauvage, un aperçu de ce dont sont capables les chansons napolitaines, fines et fières fleurs des rues et des champs alentours, beautés du Sud farouches et raffinées que des siècles de métissages et d’histoires ont paré d’une incomparable patine poétique.]
Le répertoire du musicien 𝐄𝐫𝐧𝐞𝐬𝐭𝐨 𝐃𝐄 𝐂𝐔𝐑𝐓𝐈𝐒 (1875-1937) est l'une des cornes d'abondance d'où sont tombés certains des plus éclatants trésors de la chanson napolitaine – ce roi Midas étant notamment l'auteur de l'immarcescible 𝑻𝒐𝒓𝒏𝒂 𝒂 𝑺𝒖𝒓𝒓𝒊𝒆𝒏𝒕𝒐, dont on reparlera bientôt par ici.
Arrière-petit-fils du compositeur Saverio Mercadante, 𝐃𝐄 𝐂𝐔𝐑𝐓𝐈𝐒 n'avait pas vraiment le profil d'un musicien des rues : c'était un pianiste de formation passé par le prestigieux Conservatorio di San Pietro a Majella de Naples. Ce qui ne l'empêcha nullement d'être un magistral artisan de chansons populaires, et de devenir par la même occasion l'emblème d'un coin du monde bien moins éhontément binaire que le nôtre, puisque l'esprit savant n'y est pas considéré comme l'apanage et le privilège des seules têtes emperruquées de la musique dite classique.
Car pour être "classiques", c'est-à-dire inusables même après 100 000 écoutes et interprétations, Dieu sait si les mélodies de 𝐃𝐄 𝐂𝐔𝐑𝐓𝐈𝐒 le sont. En témoignent 𝑻𝒐𝒓𝒏𝒂 𝒂 𝑺𝒖𝒓𝒓𝒊𝒆𝒏𝒕𝒐, donc, mais aussi 𝑻𝒊 𝒗𝒐𝒈𝒍𝒊𝒐 𝒕𝒂𝒏𝒕𝒐 𝒃𝒆𝒏𝒆, 𝑨𝒖𝒕𝒖𝒏𝒏𝒐 ou encore ce 𝑽𝒐𝒄𝒆 '𝒆 𝒏𝒐𝒕𝒕𝒆 qui nous occupe ici. Une variation de plus sur le thème du désespoir amoureux, soit, mais certainement pas superflue puisque son histoire aura cette fois-ci connu un épilogue heureux.
On raconte en effet que son jeune auteur, 𝐄𝐫𝐧𝐞𝐬𝐭𝐨 𝐍𝐈𝐂𝐎𝐋𝐀𝐑𝐈, en griffonna fiévreusement les paroles en 1903 sur l'une des tables du Caffè Gambrinus de Naples, tandis qu'il vivait un douloureux amour, réciproque mais impossible, avec la fille d'un riche propriétaire terrien qui refusa de lui donner sa main, et préféra la marier à un sinistre barbon de 75 ans plus argenté.
Pour avoir su sublimer un tel crève-cœur, et l'avoir transformé avec 𝐃𝐄 𝐂𝐔𝐑𝐓𝐈𝐒 en une merveille poétique du calibre de 𝑽𝒐𝒄𝒆 '𝒆 𝒏𝒐𝒕𝒕𝒆, 𝐍𝐈𝐂𝐎𝐋𝐀𝐑𝐈 fut finalement récompensé : un an seulement après cet infâme mariage, le septuagénaire qui lui avait volé son adorée cassa sa pipe, et le jeune Ernesto put enfin convoler en justes et joyeuses noces avec elle, et vivre à ses côtés près d'un demi-siècle de bonheur.
De ce chant de désolation qui finit par apporter la bonne fortune, voici la version à mains et à voix nues qu'en propose 𝐃𝐚𝐯𝐢𝐝 𝐆𝐑𝐀𝐒𝐒𝐄𝐋𝐋𝐈, qu'on retrouvera avec son groupe 𝐒𝐭𝐚𝐜𝐜𝐚𝐍𝐚𝐩𝐨𝐥𝐢 le 7 novembre prochain à l'Amphi de l'Opéra de Lyon.
Récital di canzoni Napoletane, 4 luglio 2024,Amphithéatre de l'opéra de Lyon."CUORE NAPOLETANO" David Grasselli concert solo.Contact: [email protected]