04/05/2022
C'est sorti tout seul. C'était spontané, sincère, amusant et amusé ! 🙃
J'aime ces petites phrase qui sortent dans les ateliers, ces petits moments où tout se dit.
Dans la classe où j'interviens pour ce cycle d'ateliers de , les jeunes m'appellent encore "Madame" et me vouvoient. Des restes de l'année où j'ai été leur , alors qu'aujourd'hui en tant que , je préfère qu'on m'appelle par mon prénom et qu'on me dise "tu".
Mais bon, ce n'est pas ça qui importe. C'était la 4ème séance (sur 7 au total) ; les jeunes entraient désormais tous avec calme et gaieté dans la séance, de la jusqu'à la fin. Ils se laissaient aller, expérimentaient, essayaient la peinture et le collage sans appréhension ni jugement.
Et moi, avec mes gros sabots, je leur demande l'impensable : pour leur création finale (illustrer un passage d'un livre lu en classe, dans le cadre du prix littéraire ), ils devront lâcher le crayon de papier et le feutre, qu'ils connaissent (trop) bien. Maintenant, ils ont découvert d'autres techniques et sont capables de les mettre en oeuvre.
Aïe. Fermeture complète, retour en arrière, perte des repères rassurants pour eux : c'est la panique. Ils sont persuadés de ne pas y arriver sans feutre ni crayon. C'est fou comme dès que l'on parle de "rendu final" (je n'aime pas beaucoup ce mot), les réflexes mis en place tout au long de la scolarité reviennent au galop. "Faire bien". "Faire beau". "Bien préparer, tracer, dessiner".
J'ai cru que c'était le moment, je me suis trompée. Alors j'ai fait marche arrière, et ils ont repris des sujets libres pour une séance. Ils ont repris confiance, je les ai accompagnés, encouragés, montré qu'ils pouvaient le faire.
C'est ça, de travailler avec l'humain, dans l' . Pouvoir prendre du recul et revenir en arrière pour mieux avancer.
À la séance suivante, ils étaient prêts, l'idée avait fait son chemin. Ils feraient leur oeuvre finale sans crayon ni feutre, même pas peur !