22/04/2018
EXPOSITION PATRICK BAILLET 2018
L’œuvre de Patrick Baillet est une œuvre puissante et fluide en même temps. Puissante par l’énergie du jeté sur le support comme un acte organique à peine maitrisé, une force tellurique irréversible qui envahit l’espace et que viennent rythmer les accidents de l’instrument, de la peinture ou bien du chemin buissonnier que prend celle-ci avant de s’immobiliser. Là encore il semble que le geste de l’artiste emprunte la voie ancestrale de la nature dans son processus et sa fonction chlorophyllienne. Mais fluide également, par l’impression d’affleurement et de dérive lente et continue qui nous procure la sensation de « descendre des fleuves impassibles » « Où coule au lieu du sang l’eau verte du Léthé », comme si ayant franchi ce fleuve des enfers, nous voguions au sein même de la matière. Comme si un nouvel univers se cachait sous la surface peinte en puissance, sorte de continent qui dériverait hors de l’espace et du temps. Ce temps qui nous ramène parfois quelques repaires figuratifs, mais qui ne sont posés là, en retrait, que pour nous inciter à ne pas nous tenir à l’enveloppe des choses ou des êtres. Seuls comptent, bien sûr, l’énergie et la circulation interne, l’amour et l’émerveillement.
Eric Louviot, avril 2018