27/08/2026
Avant dernier jour du festival Paroles de Conteurs.
Tout est gris aujourd’hui, et pourtant tout est beau.
Le lac change de couleur.
Les arbres se chargent de gouttes.
Les nuages descendent jusqu’à nous.
Et les contes ?
Ils continuent.
Évidemment qu’ils continuent.
Il en faudrait davantage qu’une journée de pluie pour empêcher une histoire de trouver son chemin.
Les contes se glissent entre les gouttes, se cachent sous les capuches, entrent dans les poches, traversent les flaques. Ils s’accrochent aux branches mouillées, se mélangent aux brumes et vont certainement se déposer quelque part au fond du lac.
Car après tous ces jours de paroles, je ne peux pas croire que l’eau n’ait rien retenu.
Le lac a entendu nos histoires.
Il a entendu les conteuses et les conteurs. Les histoires anciennes et celles inventées. Les vérités, les mensonges, les silences.
Il a entendu les applaudissements, les éclats de rire, les conversations tardives et toutes ces paroles échangées entre deux spectacles, autour d’un verre, sur un chemin, au bord de l’eau.
Alors aujourd’hui, la pluie rassemble tout cela.
L’eau du ciel rejoint l’eau du lac.
Et peut-être qu’elle emporte avec elle quelques mots, quelques voix, quelques fragments de récits.
Mémoires d’eau.
J’aime penser que les histoires ne disparaissent jamais vraiment. Qu’elles changent simplement de forme.
Qu’une parole racontée devient souvenir, qu’un souvenir devient sensation, qu’une sensation devient à son tour une autre histoire.
Le festival touche doucement à sa fin, mais quelque chose continue de circuler.
Sous la pluie.
Dans les nuages.
Entre les arbres.
Et dans le lac.
Nous repartirons bientôt.
Mais les histoires, elles, resteront peut-être encore un peu ici.
Et un jour, qui sait…
une goutte d’eau tombera quelque part, très loin de Vassivière, sur l’épaule de quelqu’un.
Et sans savoir pourquoi, cette personne aura soudain très envie de raconter une histoire.