20/08/2026
Frères humains qui après nous vivrez
si nous n’avons bu jusqu’à la dernière goutte
le bleu des glaciers
si les langues de feu n’avalent pas
toute la fraîcheur de l’aube sous le couvert des arbres
nos sœurs humaines saurez-vous encore
célébrer les paysages
en lire la beauté sauvage
réchappée de nos mains violentes
frères et sœurs vous restera-t-il
quoi nommer de notre humanité
ou les mots se rétracteront-ils
au fond de vos gorges blessées
ouvertes sur le cri
si pitié de nous autres avez
vous vous souviendrez
que nous aimions l’herbe tendre
les nuages irisés du soir
le galop d’un cheval hors de l’enclos
la mer violette et les saisons
le vent et la lumière au travers des branches
les lucioles et les papillons
(après Villon)