09/04/2026
Pour la troisième année consécutive, le collège Saint-Exupéry fait partie du palmarès du concours Les talents d'Achille organisé conjointement par les éditions Invenit, le musée de la Chartreuse de Douai et la DRAEAC des Hauts de France.
https://draeac.site.ac-lille.fr/les-talents-dachille/
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Félicitations aux élèves de 4°4 de Mme Okat!
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Et pour le plaisir, nous publions ici les très beaux textes des participants: celui des heureux gagnants pour commencer: les élèves de 4°4 de Mme Okat, celui des élèves de 6°4 et 6° 5 de Mme Chettouh, celui des élèves de 5°4 de Mme Lombard puis celui des élèves de 3°8 de Mme Bellynck.
Il s'agissait pour les élèves, d'écrire un texte poétique, collectivement, autour d'une œuvre d'art choisie par eux-mêmes et visible au musée de la Chartreuse et d'en proposer une lecture à voix haute:
Participation 4ème 4, classe de Mme Okat
D'après "Dans les branches d'un grand pin" de Paul Leroy
Été 1910, dernier été à deux
Été 1910, dernier été joyeux
Et après cet été, ma soeur a disparu
Et à seulement 5 ans, je ne l’ai plus jamais vue
En cette fin d’après-midi, dans une lueur dorée
Nous nous reposions un peu, après avoir joué
L’éclat de ce souvenir, honorant notre mémoire,
Ce souvenir de ton rire, contenant notre histoire
Été 1910, tu me tiens, me soutiens
Été 1910 mais depuis, plus rien
Le soleil crépusculaire
nous baignait de lumière
Nous nous étions installés en haut de cette branche,
Nous regardions d’en haut, les petites chèvres blanches
Notre regard teinté d’une belle innocence
Notre regard empli de beaux souvenirs d’enfance
Été 1910, cruelle nostalgie
Été 1910,le meilleur de ma vie
Vieil arbre vigoureux, méandreux, impétueux
Refuge de nos jeux d’enfants heureux
Vieil arbre, sève de notre jeunesse
Qui aujourd’hui m’emplit de tristesse
Feuilles légères, volatiles, tranquilles
Dans cette sombre lumière, je me consume
En regardant ce qu’autrefois nous fûmes
Été 1910, dernier été à deux
Été 1910, dernier été joyeux
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Participation 6°4 et 6°5, classes de Mme Chettouh
D’après "Attaque d’un fort", Anonyme anglais:
Une tour, une histoire. Une tour d’ivoire.
Des cris, des pleurs, des morts, des lames qui coupent des vies, des flèches qui tranchent des âmes, des
larmes qui tombent comme des océans, des guerriers assoiffés de sang. Partout le bruit et la folie : qui
défend qui ?
Chez les petits soldats pointus, les regards et les estomacs sont vides. Chaque pas en avant est un
bourdonnement de têtes et de ventres. Dans cette tour de miel, les abeilles protègent la reine.
Sans merci. La ruche applique la stratégie.
L’observateur, du haut de sa tour de beurre, gémit. Autour de lui, les boulets fondent. Sous ses fenêtres,
les armures molles s’effondrent. Tous les coups sont permis.
Ici, où tout est géométrie, les grands jouent à la guerre mais espèrent un coup de vent.
Le plateau renversé. Face A, Face B.
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Participation 5°4, classe de Mme Lombard
D'après Le "Satan mélancolique" de Jean-Jacques Feuchère
Satan pleure
Mais qui est-ce que j'aperçois ?
N'est-ce pas un diable devant moi ?
Celui-ci n'a plus qu'une pierre pour royaume,
Et une allure d'horrible fantôme...
Son corps sombre et ses ailes de fer,
Ses yeux mystérieux, figés comme le verre,
Lui donnent un air de terrible démon.
Serait-ce un descendant de Pluton ?
C'est Satan, mélancoliquement pensant.
Dans son pays, les gens sont si sanglants !
Nu comme un ver, son travail est sous terre,
Mais n'est-il pas le prisonnier de Cerbère ?
Le voilà juste là, le penseur de Rodin,
Il ne réfléchit qu'à son lendemain,
Derrière ses ailes, honteux,
Il voudrait vivre des jours heureux !
De ses mains, de ses pieds, il ne fait que grimper,
Car ses ailes, Dieu les lui a brisées,
Essayant encore et encore de sortir,
Au fond de lui, il souffre le martyr.
Est-il sorti de sa cachette des Enfers
Pour rejoindre les lumières de la terre ?
A-t-il traversé le Styx en barque,
Pour sortir de son destin, filé par les Parques ?
Il se ronge les ongles, tel un affamé,
Il n'est peut-être que frustré,
Satan est délaissé car il est laid,
Mais il ne demande qu'à être aimé.
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Participation 3°8, classe de Mme Bellynck
D'après "Dans les branches d'un grand pin" de Paul Leroy
Que ce tableau est vivant !
Pourtant, le composant, peu d’éléments : un tronc sur la droite, des branches, des feuilles, et en son centre, deux enfants arrivés là par une échelle.
Peu d’éléments mais c’est le Monde :
Le tronc est comme un mur qui vibre, il est le long cou d’une girafe, un sabre gravé dans le marbre, il est gratte-ciel, tour Eiffel allumée, bouteille dorée,
Il est tout ce qu’on y voit.
Les branches sont comme des tranches de pain, des traits de crayon qui s’emmêlent, à la craie et colorés, des bras portant la vie, des doigts entrelacés, des jambes qui se balancent.
Elles sont tout ce qu’on y voit.
Les feuilles sont comme des rivières parsemées de mousse, un nuage de fumée, des ailes formant ombrelles, la chevelure d’une mère, poussière dorée, perles qui s’éparpillent, boules de coton,
Elles sont tout ce qu’on y voit.
Les enfants sont comme des anges ensoleillés, des oiseaux posés, hiboux perchés, ils sont couchers de soleil car leurs yeux brillent, mais aussi lumières claires, ils sont plumes, ils sont brindilles, fleurs pigmentées, ils sont comme des couleurs chaudes, au milieu du tout ils sont fourmis.
Ils sont tout ce qu’on y voit.
Sur la tête de l’un deux, un chapeau,
Rond comme un gâteau, la lune qui resplendit, il est jaune comme un poussin qui naît,
une flamme de bougie allumée ou une couronne.
C’est le Monde.
Il paraît qu’un jour l’arbre a parlé :
« J’ai vu tant de choses, enfants ! Votre présence m’est relaxante.
J’ai vu vos parents passer de jeunesse innocente à adolescence rebelle pour devenir ce qu’ils sont maintenant.
J’ai vu leur mariage et ça s’est passé ici même en dessous de mes feuilles colorées.
Je n’ai pas bougé depuis tant d’ années.
J’ai vu de vieux arbres mourir sous les coups d’humains mais moi le pin je reste là et je vous regarde grandir.
Ce champ dans lequel je suis planté je l’ai vu sous toutes ses saisons.
J’ai connu aussi ce fermier qui déposait des fleurs pour sa femme à mes pieds.
Nous sommes, vous et moi, tout ce qu’on veut y voir ».