07/06/2024
“GERMAINE TILLION” biographie par Lorraine de Meaux, Perrin 2024
Malgré son entrée au Panthéon (mai 2015), unanimement appréciée semble-t-il, la figure de Germaine Tillion n’était pas encore aussi connue qu’on aurait pu le souhaiter jusqu’à ce mois de mai 2024, qui voit sortir sa biographie très approfondie. Il y a lieu d’en parler dans la Lettre de Coup de soleil, du fait que les liens de Germaine Tillion avec l’Algérie ont été nombreux et de plusieurs sortes, avant et après la guerre d’indépendance, en deçà et par delà la très sombre période que fut pour elle la seconde guerre mondiale et sa déportation à Ravensbrück.
Germaine Tillion, ayant choisi de devenir ethnologue, accomplit de nombreuses missions dans les Aurès entre 1934 et 1940 et y collecte tout un matériel très précieux, avec l’aide de son amie Thérèse Rivière : photographies, films et enregistrements des chants propres à étayer sa connaissance des Berbères chaouis. C’est l’invasion allemande de la France qui l’oblige à rentrer en France. Mais on peut dire que dès lors, l’Algérie a déjà conquis une place définitive dans sa vie.
Elle y sera impliquée encore pendant la guerre d’Algérie, du fait que Jacques Soustelle, lui-même ethnologue en même temps qu’homme politique, venant tout juste d’être nommé gouverneur d’Algérie (janvier 1955), a recours à elle pour la question délicate entre toutes des relations avec le FLN. Et cette mission restera la sienne bien après le départ de Soustelle (février1956). Elle est connue pour un épisode en effet remarquable, sa rencontre avec Yaceg Saadi en peine bataille d’Alger.
Germaine Tillion s’inscrit résolument dans une perspective anti-terroriste et fait partie de ceux et de celles qui dénoncent l’usage de la torture. Comme Gisèle Halimi, elle prend la défense de Djamila Boupacha, militante du FLN, arrêtée en 1960 pour une tentative d’attentat à Alger.
Albert Camus lui vouait une grande admiration, ils étaient amis et partageaient les mêmes opinions.
Denise Brahimi