29/04/2026
"L'Espérance" est née d’une commande de Jean Reno, ami du sculpteur.
Une demande qui l’a profondément touché, tout en le confrontant à l’une des questions les plus délicates de la création : comment donner une forme à ce qui ne se voit pas, à ce qui relève de l’attente, du souffle, de la promesse intérieure ?
Le personnage est assis, penché en avant, dans une posture de méditation proche du Penseur de Rodin. Le corps est immobile, ancré dans la terre, soumis à sa gravité. Rien ici n’est triomphant.
L’espérance, telle que la conçoit le sculpteur, n’est ni certitude ni exaltation ; elle est patience, recueillement, consentement au temps. La tête repose sur l’avant-bras replié. C’est à cet endroit précis, là où l’esprit se retire du monde visible, que surgissent trois oiseaux. Ils traversent la tête comme un songe, comme une visitation.
Pour le sculpteur, les oiseaux portent inlassablement la même symbolique : la liberté, la paix, l’espérance. Ils ne fuient pas le réel ; ils l’habitent autrement.
Jean Reno dira que cette sculpture le fait rêver : peut-être décoller, mais pas définitivement. Car l’homme doit demeurer sur terre. L’Espérance ne promet pas l’évasion, encore moins le salut spectaculaire. Elle dit plutôt la possibilité d’un passage intérieur, d’une élévation silencieuse qui n’arrache pas au monde mais le transfigure. Entre l’immobilité du corps et le mouvement de l’esprit, entre le poids de la matière et la légèreté de l’oiseau, l’œuvre tient dans un équilibre fragile. Elle affirme que l’espérance n’est pas ailleurs : elle traverse l’homme, quand celui-ci accepte de s’arrêter, de se pencher, d’écouter.