26/08/2026
Folk, rock et... état de la connaissance scientifique : trois univers originaux en pleine lumière
De la très bonne musique et une improbable causerie : c’était le programme parfait, hier mardi, de la quatrième journée du Festival.
Première rencontre du jour : celle de Florie. Connue pour les « Reprises détournées » de son double album sorti fin juin, l’ex-candidate de la Nouvelle Star 2016 va de l’avant et a tenu à présenter autre chose : ses propres chansons, autour d’instants de vie dans la France de 2026. L’une fait d’elle une ourse du Vercors, prête à sortir les griffes pour défendre ses petits. Guitare, textes, anecdotes et voix, puissante ou douce : l’artiste crée une émotion vibrante. Les yeux des spectatrices et spectateurs s’embuent, les siens aussi. Florie avait pensé à apporter des mouchoirs pour le public. Talentueuse en série ? Oui, mais prévenante.
Dans la foulée, Beau Sexe, duo rock guitare et batterie, est venu « envover du lourd » devant les gradins de la Cour. Xavier Bray, vrai-faux leader, et son pote Virgile Pegoud ont créé ce groupe il y a treize ans. Cela se sent et cela s’entend : aussitôt dans le vif du sujet, leur complicité est manifeste. Heureux de jouer à Grenoble (et en festival pour la première fois), les deux potes ont livré un concert énergique et emballant. Une musique aux petits oignons et des textes dont on ne peut qu’apprécier la qualité d’écriture. Sous le regard mi-inquiet mi-moqueur de Virgile, Xavier a aussi donné quelques infos sur la vie du duo, non sans autodérision. Un chouette moment.
Chouette, le seul-en-scène de Nicolas Prugniel (alias Barthélémy Champenois) l’est aussi. Et quel abattage ! Dans le costume cintré d’un scientifique un peu foldingue, le comédien traite d’un sujet pointu : l’avancée des connaissances sur la lumière. On comprend vite pourquoi il en parle comme d’une « hors-la-loi ». En une grosse heure et demie, apartés compris, cette simili-conférence écrite en partenariat avec des chercheurs du CNRS évoque les découvertes successives, depuis l’Antiquité grecque jusqu’à aujourd’hui, en passant par les théories de Newton ou d’Einstein. Irréprochable sur le fond et parsemé de pseudo-expériences ludiques, le spectacle est plein de drôlerie. Il a joué à guichets fermés et a reçu de copieux applaudissements.
Martin de Kerimel