03/09/2026
La Glíma, lutter comme les Vikings
Quand on imagine les guerriers vikings, on pense immédiatement aux épées, aux haches, aux boucliers et aux grandes batailles. Pourtant, le combat ne passait pas uniquement par les armes. Dans les sociétés scandinaves, la lutte occupait également une place importante, comme exercice physique, jeu, compétition et moyen de mesurer sa force et son habileté.
Son nom n’est d’ailleurs pas une invention moderne. Le terme vieux-norrois glíma désigne la lutte ou l’action de lutter. Le verbe glíma signifie lui-même « lutter ». Le mot a traversé les siècles et désigne encore aujourd’hui différentes formes de lutte traditionnelle islandaise.
Si le terme est ancien, cela ne signifie cependant pas que les règles de la Glíma moderne sont exactement celles pratiquées à l’époque viking.
La lutte dans les sagas
Les textes médiévaux scandinaves nous fournissent plusieurs témoignages de ces pratiques.
La Grettis saga Ásmundarsonar, ou Saga de Grettir le Fort, composée en Islande au Moyen Âge et racontant principalement des événements des Xe et XIe siècles, est particulièrement intéressante. Grettir y apparaît comme un homme d’une force exceptionnelle et plusieurs épisodes font intervenir des épreuves physiques et des affrontements à la lutte.
La Kjalnesinga saga, ou Saga des gens de Kjalarnes, présente également un affrontement à la lutte entre Búi et Jökull. Comme souvent dans les sagas, ces épreuves permettent aux protagonistes de démontrer leur force et leur habileté, mais participent aussi à leur réputation.
En dehors des sagas islandaises, les Gesta Danorum de Saxo Grammaticus, rédigées autour de 1200, constituent une autre source médiévale importante. Saxo rassemble de nombreuses traditions héroïques scandinaves dans lesquelles apparaissent combats au corps à corps et épreuves de force.
Force, technique et équilibre
La lutte ne doit pas être imaginée comme un simple concours de puissance.
Pour faire tomber son adversaire, le combattant doit contrôler ses appuis, provoquer un déséquilibre, utiliser des saisies et exploiter les mouvements de l’autre. La force compte, mais le placement, la rapidité et la technique peuvent permettre à un combattant plus léger de prendre l’avantage.
Pour des hommes habitués au combat, savoir rester debout et provoquer la chute de son adversaire constitue évidemment une compétence précieuse.
Peut-on reconstituer la Glíma viking ?
La prudence reste nécessaire. Le vocabulaire vieux-norrois et les textes médiévaux attestent bien la pratique de la lutte dans le monde scandinave. En revanche, aucun manuel technique de lutte datant de l’époque viking ne nous est parvenu.
Il est donc impossible d’affirmer que la Glíma islandaise actuelle reproduit exactement les techniques et les règles des IXe, Xe ou XIe siècles.
La pratique en reconstitution se situe ainsi à la rencontre des sources médiévales, des traditions nordiques conservées et de l’expérimentation moderne.
La Glíma à Endesumar
À Endesumar, les visiteurs pourront découvrir cette pratique en action avec un tournoi de Glíma réunissant des combattants venus éprouver leur force, leur équilibre et leur technique.
Pour encadrer les affrontements, Les Héritiers du Lug superviseront le tournoi de Glíma et feront découvrir au public cette forme de lutte aux profondes racines nordiques.
Une occasion de rappeler qu’avant de savoir manier une hache ou une épée, savoir rester sur ses deux pieds face à un adversaire déterminé est déjà tout un art.