27/01/2026
"Les braqueuses c’est d’abord une histoire de femmes ordinaires qui décident de dévaliser une banque pour pallier aux problèmes de fin de mois. On ne saisit pas entièrement ce qui pousse chacun et chacune à passer le pas mais on entend à bas bruit les factures, les enfants à qui acheter un avenir et les aïeux dont il faut bien s’occuper.
Les braqueuses c’est ensuite la nécessité de mettre en scène un braquage dont personne ne connaît a priori les ficelles. Alors on répète, comme on le ferait pour une pièce de théâtre, on mime, on imagine. Et c’est dans ce théâtre dans le théâtre que s’ouvre les possibles et les registres. Car oui les braqueuses c’est une affaire de changement de registre : tout se passe comme si le vertige de la mise en abîme de cette petite répétition improvisée nous égarait entre la réalité crue, sa représentation dans ce petit théâtre et sa sur-représentation médiatique.
Car enfin les braqueuses c’est une affaire de culture pop, de celle que véhicule la télévision avant l’arrivée de l’internet et des médias sociaux, de celle qu’on reconnaît tous et toutes et qui nous vend l’envie d’en être. Pas seulement le quart d’heure de célébrité, non celui-là les braqueuses n’ont pas l’ego pour y prétendre, mais l’envie de consommation que font naître les images de la consommation elle-même, injonction de la marchandise. Alors on passera le pas du délit, non par subversion, mais seulement pour se donner la possibilité de se conformer."