Exposition "L'illustration ornithologique"

Exposition "L'illustration ornithologique" Je souhaite partager avec le plus grand nombre le monde fascinant de l’illustration naturaliste.

Le parcours sur lequel nous travaillons pour cette exposition offrira une grande diversité afin de maintenir l'intérêt d...
23/02/2024

Le parcours sur lequel nous travaillons pour cette exposition offrira une grande diversité afin de maintenir l'intérêt du visiteur au long des différentes salles. Pas question donc de ne faire qu'accrocher aux murs des 6 salles des dizaines de gravures et lithographies.
Il y en aura, bien sûr, mais aussi beaucoup d'autres choses.
Ça parlera d'histoire, de techniques de fabrication de l'image, de cabinets de curiosités, de chaos et d'ordre, et de bien d'autres choses !
Il devrait y en avoir pour tous les goûts.
Une attention toute spéciale sera portée à la dimension "médiation culturelle", notamment en direction des enfants d'âge scolaire qui ne manqueront pas d'arpenter les salles avec leurs enseignant.e.s.
L'édition naturaliste à destination de la jeunesse remonte à la toute fin du 18ème siècle. L'histoire naturelle est considérée par les pédagogues comme une riche matière, propre à ouvrir et à développer les jeunes esprits. Mais, attention, tout cela doit, le plus souvent, se faire dans le respect des préceptes moraux et surtout religieux du temps. Les questions liées à la reproduction ne sont pas autant abordées que les merveilles de la création divine !
Reste une production variée et abondante, souvent magnifiquement illustrée.
Le "Porte-feuille des enfans, mélange intéressant d'animaux, plantes, fleurs, fruits, minéraux, costumes, antiquités et autres objets instructifs et amusants pour la jeunesse ; choisis et gravés sur les meilleurs originaux, avec de courtes explications scientifiques et proportionnées à l'entendement d'un enfant." (rien que les titres de ces ouvrages ... j'adore !!) de l'allemand Friedrich Justin Bertuch (1747-1822) offre, de 1796 à 1821, 10 volumes ornés de près de 1000 planches, abordant tous les domaines de connaissance. C'est une sorte de "Tout l'Univers" (ça parlera aux plus anciens), une véritable encyclopédie en image, fascinante !
Voici quelques unes des 100 planches du volume 1 dont une avec sa légende. A noter que l'ouvrage a été édité en version bilingue allemand-français, une pratique assez courante à la fin du 18e et au début du 19e siècle, quand le français était la langue scientifique par excellence. Rêvons un peu !!

Quand on regarde la "peinture de fleur" que je vous propose aujourd'hui, on ne peut qu'admirer la finesse des détails, l...
13/02/2024

Quand on regarde la "peinture de fleur" que je vous propose aujourd'hui, on ne peut qu'admirer la finesse des détails, la beauté des couleurs et la précision "botanique" de la représentation de ce plan de groseillier à maquereau.
Le fond noir permet à l'artiste de rendre parfaitement la translucidité des baies gonflées de jus, de magnifier les nuances de vert du feuillage et de faire ressortir le rouge luisant des branches.
Comme dans pratiquement toutes ses peintures de fleurs, l'artiste représente également, avec beaucoup de réalisme, des insectes.
Il ne s'agit pas ici, à proprement parler, d'illustration naturaliste, rien n'indiquant que cette œuvre ou d'autres de la même veine aient servi à illustrer un ouvrage de botanique.
Pourtant, il paraît presque "naturel" de considérer Barbara Regina Dietzsch (1706-1783) comme une grande illustratrice.
Christoph Jakob Trew (1695–1769), médecin et botaniste de renom, la cite d'ailleurs dans la préface de son ouvrage Plantae selectae, paru en 1750 et illustré par Georg Dyonisus Ehret (1708-1770), en parlant des plantes du jardin botanique de Karlsruhe : “ ... certaines d'entre elles ont également servi de modèles à Barbara Regina Diezsch, qui est maintenant célèbre partout.”. Elle s'abreuve donc à la même source que ses collègues illustrateurs !
Mais, celles et ceux qui ont suivi ce post entre 2019 et 2021 s'en souviendront peut-être, Barbara Regina Dietzsch a illustré un livre d'ornithologie intitulé "Sammlung meistens Deutscher Vögel gemahlt von jungter Barbara Regina Dietzsch (Collection d'oiseaux principalement allemands, peints par la jeune Barbara Regina Dietzsch) publié par Adam Ludwig Wirsing en 2 volumes (1772 et 1777) et pour lequel elle a fourni 50 planches, vraisemblablement, au vu des dates, du "recyclage" d’œuvres de jeunesse.

Il nous est difficile d'imaginer une époque où la reproduction d'une image n'était pas chose facile, bon marché et quasi...
09/02/2024

Il nous est difficile d'imaginer une époque où la reproduction d'une image n'était pas chose facile, bon marché et quasi instantanée.
Les techniques d'impression modernes (type quadrichromie) ont démocratisé le livre illustré en diminuant considérablement les coûts de production et de fabrication. La photographie permet depuis plus d'un siècle de reproduire ad infinitum n'importe quelle image, en noir et blanc d'abord puis en couleur. La photocopie, inventée en 1938 et commercialisée par Xerox à la fin des années 1950, met la reproduction à la portée de tous. La généralisation des ordinateurs personnels et des imprimantes, jet d'encre et laser, avec les logiciels de traitement d'image, mettent à la disposition de M. ou Mme Tout-le-monde, doté d'une compétence minimale, la chaîne complète de fabrication de l'image.
La question du temps est centrale dans le processus de fabrication de l'image entre le 15e et le 19e siècle. Temps pour l'artiste de produire un original, le plus souvent à l'aquarelle quand on parle d'illustration naturaliste, temps pour le graveur de reporter le dessin original sur la plaque de cuivre ou d'acier (et quiconque a déjà pratiqué la gravure en taille douce ou au burin sait le temps que cela prend !), temps de l'impression sur le papier en sachant que chaque "copie" nécessite le ré-encrage de la matrice (et ça aussi, ça prend du temps !), temps du séchage et, le cas échéant, temps de la mise en couleur.
Et ceci, sans parler de la fabrication du livre qui sera orné des dites images.
Nul doute que la production des chefs d’œuvres de l'édition naturaliste était une aventure éditoriale fort risquée, aussi bien pour l'auteur que pour le libraire-éditeur.
Prenons par exemple la version "de luxe" de l'Histoire naturelle des oiseaux de Georges Louis Leclerc de Buffon.
Les Planches Enluminées se composent de 42 cahiers de 24 planches portant comme seul texte le nom du spécimen représenté, soit un total de 1008 gravures coloriées à la main. 973 représentent des oiseaux et, curieusement, 35 représentent des insectes, amphibiens ou coraux.
Ces planches sont mises à la vente cahier après cahier pendant plusieurs années, en livraisons de vingt-quatre chacune, indépendamment du texte.
Une lettre de Buffon nous apprend que cette entreprise a mobilisé plus de 80 ouvriers pendant près de dix ans. On pense que ces planches ont été tirées à 600 exemplaires, ce qui représente au final plus d’un demi-million d’estampes !!
La production était supervisé par Edme-Louis Daubenton dit "le jeune" (1730-1785) - cousin de Louis Jean-Marie D’Aubenton, dit Daubenton (1716 1799), collaborateur historique de Buffon - qui veillait notamment au processus de mise en couleur.
Ce n'est que parce que Buffon était très bien en cours et avait portes ouvertes à l'Imprimerie royale qu'une telle entreprise a été possible sans qu'une souscription préalable ait été lancée.
Comme quoi le piston, ça ne date pas d'hier !

Nouvelle exposition, donc, mais pas de "bricolage cette fois-ci !Travailler avec une "vrai" musée a des avantages mais a...
02/02/2024

Nouvelle exposition, donc, mais pas de "bricolage cette fois-ci !
Travailler avec une "vrai" musée a des avantages mais aussi quelques inconvénients dont ... la nécessité de respecter certaines règles parfois difficiles à comprendre.
Mais les avantages l'emportent de loin !!

Une salle sera consacrée aux techniques de production de l'image et mettra en évidence la chaîne de métiers qui doit se mettre en place pour parvenir au produit final.
Jusqu'au début du 20e siècle, quand l'auteur d'un livre souhaite des illustrations, il lui faut d'abord trouver un(e) artiste pour réaliser un original qui est ensuite confié aux bons soins d'un graveur pour le reporter sur la plaque de cuivre ou d'acier (la "matrice"), ou d'un lithographe pour le copier sur la pierre. Il faut bien sûr que l'artiste ait sous les yeux un modèle lui permettant de représenter aussi fidèlement que possible le sujet.
Intervient ensuite le tireur et sa presse. Chaque épreuve est tirée sur un papier de qualité supérieure fabriqué le plus souvent à la main, du moins jusqu'à la fin du 18e siècle.
Enfin, si la couleur est jugée nécessaire, elle est presque toujours appliquée à la main. La colorisation manuelle perdurera jusqu'au début du 20e siècle même si des techniques d'impression en couleur sont testées dès le 18e siècle et deviennent vraiment utilisables dans la seconde moitié du 19e siècle avec, notamment, la chromolithographie.
Un panneau donnera un aperçu d'un atelier de colorisation au début du 19e siècle, plus précisément celui d'Elisa Mantois, connu pour avoir mis en couleur les planches du "Traité complet de l'anatomie de l'homme comprenant la médecine opératoire" de Jean-Marc Bourgery, avec 725 planches lithographiques d'après nature par Henri-Nicolas Jacob, paru en 8 volumes entre 1831 et 1854.
Pour ce traité d'anatomie comme pour l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon, la couleur se révèle indispensable. ce dernier écrit d'ailleurs dans l'introduction à son ouvrage : "... dans les animaux quadrupèdes, un bon dessin rendu par une gravure noire suffit pour la connaissance distincte de chacun, parce que les couleurs des quadrupèdes n'étant qu'en petit nombre […] on peut aisément les dénommer et les indiquer par le discours ; mais cela serait impossible, ou du moins supposerait une immensité de paroles […] très ennuyeuses, pour la description des couleurs dans les oiseaux ; il n'y a pas même de termes […] pour en exprimer les nuances, les teintes, les reflets et les mélanges ; et néanmoins les couleurs sont ici des caractères essentiels, et souvent les seuls par lesquels on puisse reconnaître un oiseau et le distinguer de tous les autres."

Entre la gravure de Rollier d'Europe de Jacques de Sève tirée du tome 3 de l'Histoire naturelle des oiseaux (édition in-quarto de 1774) et celle de François-Nicolas Martinet tirée des "planches enluminées" de l'édition dite "Daubenton" (entre 1765 et 1770), il n'y a pas photo si j'ose ce jeu de mots anachronique !

Premier post !L'exposition a maintenant un nom officiel :"LA NATURE ENLUMINÉE - Voyage dans le monde merveilleux de l'il...
31/01/2024

Premier post !
L'exposition a maintenant un nom officiel :
"LA NATURE ENLUMINÉE - Voyage dans le monde merveilleux de l'illustration naturaliste".
Il ne s'agira donc pas seulement d'oiseaux mais d'un échantillon aussi exhaustif que possible de ce qu'il est convenu d'appeler l'édition naturaliste entre la fin du 15e siècle et le début du 20e siècle.
Un programme ambitieux qui mêlera originaux encadrés de gravures et lithographie, ouvrages anciens, objets naturalistes variés, panneaux divers sur des auteurs, des artistes, les techniques de reproduction de l'image, et j'en passe !
Un premier scoop : les femmes autrices et artistes seront à l'honneur.
Voici un "vélin" de Madeleine Basseporte (1701-1780), la seule femme a avoir occupé, pendant 45 ans, la charge de "Peintre des vélins du Roi" !

LE RETOUR !Eh oui ! Pas complètement disparu depuis mon dernier post de mars 2021 mais occupé à tant d'autres choses ......
31/01/2024

LE RETOUR !
Eh oui ! Pas complètement disparu depuis mon dernier post de mars 2021 mais occupé à tant d'autres choses ... sans toutefois oublier ma passion, que j'ai continué à cultiver mais en privé.
L'envie de partager à nouveau mes trouvailles et mon émerveillement resurgit, de temps en temps, mais je remets toujours au lendemain le passage à l’acte !
Et puis, un message, reçu au mois de mars 2023, m'invitant à participer à la conception et au montage d'une importante exposition consacrée à ... l'illustration naturaliste ! Juste ce qu'il fallait pour relancer sérieusement la machine !
Me voilà donc reparti dans l’entreprise lancée en 2018, alors que je préparai l’exposition « L’illustration ornithologique – Quand la science rencontre l’art ». Au fait, pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, l’expo, présentée du 29 octobre au 3 novembre 2019 lors du Festival international du film ornithologique de Ménigoute, a rencontré un franc succès. Le livre d’or a été totalement rempli (les 24 pages et les 2ème, 3ème et 4ème de couverture !) et les commentaires très positifs.
Dommage que les années Covid (2020 et 2021) n’ait pas permis sa diffusion alors que plusieurs contacts avaient été pris pour la faire tourner. Elle est bien sûr toujours disponible sous 2 formats, plus ou moins encombrants. Si vous êtes intéressés, me contacter pour les conditions de mise à disposition.
Mais c’est maintenant un nouveau projet qui se dessine, plus ambitieux parce que sous l’égide d’un musée, un vrai et beau musée qui possède, notamment, une collection d’histoire naturelle très riche.
L’exposition, qui devrait ouvrir en juin 2024, proposera un parcours très complet pour faire découvrir à tous les publics le monde fascinant de l’illustration naturaliste. Et il y aura de la matière puisqu’elle occupera 6 salles plus une partie du grand hall d’entrée. Et on parle de salles de plusieurs dizaines de m² (la plus grande fait plus de 80 m² !).
C’est pour moi un projet à la fois gratifiant mais aussi très lourd. C’est un travail collectif qui implique des personnels du musée, des infographistes, etc. Les uns apportent leur savoir-faire en termes de muséographie, d’organisation, de recherche d’objets, etc., les autres posent leur regard professionnel et critique sur les propositions de maquettes que je soumets et proposent améliorations et nouvelles idées. Mon rôle est surtout celui d’un conseiller-expert qui apporte sa connaissance du domaine concerné.
La première difficulté est de cadrer le sujet compte tenu de son ampleur : période de temps considérée, sujets abordés, auteurs ciblés, etc. Les discussions sont en cours mais les contours d’un « parcours » commencent à se dessiner et nous devrions avoir un synopsis assez complet, sinon définitif, dans les quelques semaines qui viennent.
Puis viendront :
- la conception de modes de "mise en scène" innovateurs : accrochage, vitrines, présentoirs et supports, … ;
- la recherche des artefacts qui seront présentés : gravures et lithographies anciennes, livres, collections d’histoire naturelle, outils de fabrication de l’image, objets de décoration, ... Les riches collections naturalistes du musée seront bien sûr exploitées et valorisées ainsi que ma (modeste !) bibliothèque. Des demandes de prêt sont en cours auprès d’autres institutions culturelles ;
- l’écriture des textes de présentation et des cartels explicatifs pour chaque salle ;
La dernière étape sera bien sûr l’installation, pour être prêt pour l’ouverture au public en juin 2024, pour une durée de 8 mois.
Sans oublier que, dans le cadre d’une exposition de ce calibre, de nombreux événements périphériques seront organisés : conférences, démonstrations, animations, ateliers, visites scolaires, etc. qu’il faudra prévoir, planifier et organiser.
Du pain sur la planche donc mais ce n’est pas pour me déplaire.
J’ai donc décidé de réactiver ma page FB pour partager cette belle aventure, vous faire découvrir au fil du temps les étapes de préparation de l’exposition, vous raconter les anecdotes amusantes, frustrantes ou étranges qui ne manqueront pas d’émailler les quelques mois qui viennent et, bien sûr, distiller quelques bribes de ce que sera cette exposition pour vous donner envie de venir la visiter.
A suivre donc …

Jean W.

Petit changement de registre pour cette nouvelle chronique.Depuis des années que j'explore (avec vous, un peu) le monde ...
01/03/2021

Petit changement de registre pour cette nouvelle chronique.
Depuis des années que j'explore (avec vous, un peu) le monde fascinant de l'illustration naturaliste, l'envie m'a pris, un jour, de me réapproprier certaines gravures et, littéralement, de "rebattre les cartes".
Je me suis donc amusé à faire des mélanges, à joindre plumes et poils, à télescoper oiseaux et papillons, pour créer des chimères.
Dans la mythologie grecque, la Chimère était une créature fantastique dotée d'une tête de lion, d'un corps de chèvre et d'une queue de dragon, qui crachait le feu et dévorait les humains.
Plus généralement, une chimère est un animal composé de morceaux de différents animaux. C’est donc en général un pur produit de l’imagination ... même si la nature nous réserve parfois quelques surprises comme le curieux Ornithorynque (littéralement "bec d'oiseau"), mammifère doté d’une queue de castor, d’un corps de ragondin, de pattes de loutre et d’un bec de canard. Et en plus, il pond des œufs !
Mais revenons à mes chimères. Pour corser l'exercice, j'ai commis pour chacune un petit texte à la manière du grand Buffon, sans prétendre bien sûr atteindre la perfection du célèbre naturaliste.
Je propose donc à votre curiosité deux de ces drôles de bestioles. D'autres suivront ... peut-être !
Je révélerai dans une prochaine livraison les auteurs des 4 gravures originales qui m'ont fourni les pièces détachées.

Adresse

Village De Lessert
Coulon
79510

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