31/01/2025
Ils ont tout cassé.
On est tombé dedans, un peu par accident.
Faut dire qu'à jouer Shakespeare et Sophocle, on rentrait pile-poil dans les programmes de collège et lycée.
On a fait une première scolaire, et on a pris un pied inattendu.
(Et je peux vous dire que prendre du plaisir à retourner à l'école n'allait de soit pour personne au sein de la compagnie.)
Mais c'était comme nos meilleures dates en rue, avec un public à conquérir comme on les aime.
Du coup, on a inscrit tout les spectacles de la compagnie sur le passculture et on s'est organisé des petites tournées de scolaires.
Et puis toujours, après la représentation, pendant une demi-heure, une heure même, on discutait du texte, de l'auteur, du spectacle et puis du théâtre.
Franchement, sans se vanter, on reste persuadé qu'on a fait plus là pour l'accessibilité des œuvres, que toutes les sorties organisés en car dans les temples culturels.
Du théâtre à porté de bras.
On était si convaincu, qu'on a écouté la demande (en art : blasphème !) : "Vous auriez pas un Molière !"
Non on n'a pas un Molière. On déteste Molière !
Mais bon, puisque vous le voulez, on va vous le faire.
Dom Juan par la compagnie Brasse de l'Air, adapté tout exprès pour être joué là, dans les collèges et les lycées.
So long petit ange parti trop tôt ! T'auras jamais vu la trace d'un public.
Alors ouais, on est dégouté pour nous et pour les collègues, c'est clair.
Mais on a aussi la rage pour les profs et les élèves. Surtout pour les élèves.
On lâche rien. Ca branle dans le manche et les mauvais jours finiront.
On se retrouve dans la rue, et pas pour se raconter des histoires.
Contre tout ce qu'ils nous font à tous : Luttons !