03/01/2026
Raconter une Fable avec le Tarot
Le Loup et L’Agneau
Pour résumer et titrer cette fable > La Force inversée
Une Force bien maitrisée et équilibrée est une vertu, mais dans le cas de notre Loup elle est utilisée dans un total excès, de manière injuste pour s’imposer. Elle anéantit non seulement la discussion qui permet à notre agneau de se défendre, mais à la fin de la fable, c’est l’agneau lui-même qui est anéanti, tué « le loup l’emporte et le mange ».
Utilisation des cartes pour décrire les personnages et leur évolution.
*L’agneau avec l’Etoile > « qui se désaltérait dans le courant d’une onde pure ». Un agneau au même titre que notre Etoile est vulnérable (sans vêtements et sans défenses). Il est calme et serein dans son action.
*Le loup avec Le Mât > pour « un loup survient à jeun, qui cherchait aventure, et que la faim en ces lieux attirait » Pour le coup, sa petite besace remplie de peu de choses, pourrait être ici l’allégorie de prendre son estomac, trop vide, sur l’épaule pour aller chercher à le remplir par-delà les chemins. De plus l’animal qui blesse le personnage de la carte, pourrait être la métaphore visuelle du besoin primaire : celui de manger qui est une véritable souffrance pour celui qui a faim.
*Par la suite, le Mat se transforme en Diable > « qui te rend si hardi de troubler mon breuvage, dit cet animal plein de rage » Le loup manipulateur et agressif prend tout de même le temps de parler avec notre agneau (épée, air, intelligence, communication). Mais « la bête cruelle » n’offre qu’une discussion vaine, puisqu’en réalité, il ne fait que déchainer ses frustrations et enchaine par là même notre agneau en le rendant bon coupable.
*Tandis que L’agneau va se retrouver avec La Tempérance inversée > pour notre agneau, elle représente son plaidoyer. Ses réponses cherchent à rééquilibrer la vérité, la réalité, son innocence « en aucune façon je ne puis troubler sa boisson », mais en vain. On ressent toute sa douceur, et sa pureté qui pourraient être attribuées à celle d’un ange. Mais face aux paroles tranchantes du loup, il n’arrive pas à adoucir et tempérer l’impitoyable bête.
*Le Jugement du Loup > c’est la montée et l’apothéose des frustrations de notre loup, qui s’exprime à cet instant « vous ne m’épargnez guère, vous, vos bergers et vos chiens ».
A ce moment-là, on peut réfléchir sur ce choix surprenant du Diable transformé en un retentissant ange de Jugement. Le « on me l’a dit, il faut que je me venge » amène à se questionner sur ces simples mots. Le loup, au même titre que notre agneau, chien ou berger est une créature de Dieu quoi qu’on en dise, même si elle est bien souvent diabolisée. Ces simples paroles : « on me l’a dit » pause question. Qui lui a dit ? Ses congénères, la voix de sa conscience, un être supérieur, le Diable… pourquoi pas aussi le Divin lui-même ??? Nous n’en savons rien, mais on pourrait presque nous faire supposer, avec une pointe d’imagination et de surréalisme que notre loup a eu clairement l’autorisation d’accomplir ce terrible Jugement. (Est-ce une simple excuse d’assouvissement ou une vraie réalité de fait ???).
*La Justice tête en bas pour l’agneau > Elle démontre ici toute l’injustice faite à notre pauvre et vulnérable bête « sans autre forme de procès »
Ce choix évoque aussi la supériorité qu’il peut y avoir entre le Jugement et notre carte de la Justice. La Justice n’est pas un être céleste. Elle n’est qu’une femme qui fait partie de notre monde terrestre, malgré ses attributs divins. Mais la raison du ciel, le Jugement, et assurément plus fort et quelque part aussi, la meilleure.
La finalité avec L’ASN > « le loup l’emporte, et puis le mange » c’est le simple résultat final de toute cette histoire. Et d’ailleurs on peut le dire ; les loups mangeront toujours les agneaux, le Jugement divin sera toujours supérieur à la simple justice humaine tout comme la mort fera toujours partie de la vie. Il est ici question de chaine alimentaire, de hiérarchie de force, de réalité à accepter, même si celle-ci nous semble parfois horriblement injuste car il faut le dire, certains équilibres qui se jouent dans la nature des choses, même s’ils nous semblent être des déséquilibres au premier abord, ont la préséance sur la raison humaine.