Spurs & Sabers: 4th U.S. Cavalry - France

Spurs & Sabers: 4th U.S. Cavalry - France « Régiment de Mémoire » de la cavalerie américaine au XIXe siècle, focalisé sur le 4th U.S. Cavalry Regiment.

Cavalry Regiment.
« Memorial Regiment » of the American cavalry in the 19th Century, focused on the 4th U.S.

Le 14 juin 1777, le Congrès Continental des États-Unis adopte une résolution stipulant que “le drapeau des treize États ...
14/06/2026

Le 14 juin 1777, le Congrès Continental des États-Unis adopte une résolution stipulant que “le drapeau des treize États Unis soit de treize bandes alternant rouge et blanc; que l’union soit de treize étoiles, blanches sur un champ bleu, représentant une nouvelle constellation.”

Le drapeau actuel, avec ses 50 étoiles est la 27e version de drapeau des États-Unis d’Amérique.

Brandy Station, Virginia, 9 juin 1863: la plus grande bataille de cavalerie sur le continent américain Non loin de la Ra...
09/06/2026

Brandy Station, Virginia, 9 juin 1863: la plus grande bataille de cavalerie sur le continent américain

Non loin de la Rappahannock River, le long de la route de Beverly Ford, les cavaliers du Brigadier General John Buford ont ordre de ne pas faire de feux de camps et de dormir aux pieds de leur chevaux sellés, les rênes enroulés autour de leurs poignets. La 1st Division est à environ trois kilomètres des sentinelles confédérées postées entre la Rappahannock et Culpeper, située à environ 20 km de leur position. La célèbre division de cavalerie du Major General James Ewell Brown Stuart, surnommé JEB, est déployée autour du chemin de fer Orange & Alexandria et l’Etat-Major est à Barbour House, non loin d’une gare appelée Brandy Station. Les Confédérés n’ont fait aucun effort particulier de protection et de défense de leurs positions. Ils ne s’attendent à aucune action. Seule une compagnie du 6th Virginia Cavalry patrouille la rive de la Rappahannock mais ne détecte rien. Le reste de la division dort paisiblement.

Durant les deux premières années de guerre, la cavalerie de JEB Stuart n’avait jamais eu beaucoup à craindre, au contraire. Les cavaliers confédérés humiliaient régulièrement la cavalerie fédérale et toute l’Army of the Potomac, particulièrement en juin et octobre 1862, quand ils purent chevaucher tout autour de l’armée ennemie presque librement, démontrant que la cavalerie confédérée faisait ce qui lui plaisait et démontrant surtout que la cavalerie fédérale était incapable de s’y opposer. Dans plusieurs raids et batailles, la cavalerie confédérée avait démontré sa supériorité systématique sur les Fédéraux. Cependant, à Kelly’s Ford, en mars 1863, la division de Stuart avait montré qu’elle n’était pas invincible, se faisant sérieusement bousculer par la division du Brigadier General William Averell. Mais les Fédéraux avaient rompu le combat à la fin de la journée et JEB Stuart, avec une certaine suffisance, s’était considéré vainqueur, une nouvelle fois. Il avait pourtant assisté, médusé, au repli d’un régiment de Virginiens, ce qui ne s’était jamais produit jusque-là.

A Brandy Station, le matin du 9 juin 1863, JEB Stuart et ses hommes sont imprégnés d’un sentiment d’invincibilité. Ils n’ont jamais été surpris, jamais franchement mis en danger et n’ont jamais eu l’occasion de douter d’eux-mêmes.

Aux premières lueurs de l’aube, la 1st Division de Buford franchit le gué à Beverlys’ Ford et la 1st Brigade du Colonel Benjamin F. Davis attaque frontalement la brigade du Brigadier General William Henry Fitzhugh Lee, le plus jeune fils du General Robert E. Lee, tandis que la 2nd Brigad du Colonel Thomas Devin attaque la brigade du Colonel Grumble Jones. La brigade d’infanterie rattachée à la division de Buford, commandée par le Brigadier General Adlebert Ames (qui vient de transmettre le commandant du 20th Maine Infantry à son adjoint, le Colonel Joshua Chamberlain), engage la brigade de Colonel Wade Hampton. Surprises, les trois brigades confédérées sont rapidement enfoncées et font une retraite ordonnée vers Fleetwood Hill et Brandy Station.

Simultanément, à plusieurs kilomètres au sud-est, la 2nd Division du Colonel Alfred Napoléon Duffié, un vétéran français du 6e Dragons en Crimée, et la 3rd Division du Brigadier General David McMurtrie Gregg traversent Kelly’s Ford et progressent rapidement vers l’ouest. La brigade d’infanterie du Brigadier General David A. Russel attaque la brigade du Brigadier General Beverly H. Robertson et la repousse vers la voie ferrée, tandis que la 2nd Divsion de Duffié progresse vers Stevensburg pour prendre Stuart à revers et que la 3rd Division de Gregg progresse vers Brandy Station pour prendre Stuart de flanc.

JEB Stuart, concentré sur la stabilisation du front à Fleetwod Hill, face à Buford, n’écoute pas les compte-rendus qui l’avertissent de l’avance de Gregg sur son flanc droit. L’un de ses officiers d’Etat-Major, le Major Henry McClellan, chevauche lui-même vers un point d’observation et constate avec effroi que deux brigades, celles du Colonel anglais Percy Wyndham et du Brigadier General Judson Kilpatrick, sont presque à portée de combat. Par chance, un canon de six livres, retiré du front par manque de munitions, est tout près. McClellan ordonne à son équipage d’entrer en action avec ce qu’il leur reste et envoie un message à Stuart qui n’en tient pas compte, jusqu’à ce qu’il entende le canon de six livres faire feu. Réagissant rapidement, il envoie quatre canons et deux régiments de la brigade de Grumble Jones pour renforcer son flanc. Les cavaliers de Jones arrivent juste à temps pour voir le régiment de tête de Percy Wyndham lancer une charge sur la crête sud de Fleetwood Hill. Sans attendre, les Confédérés mènent une contre-charge et une bagarre furieuse s’engage. Les Fédéraux parviennent à neutraliser les canons confédérés mais la brigade de Wade Hampton vient en renfort. Wyndham est repoussé au bas de la colline et Kilpatrick ne parvient pas à garder l’avantage, alors que l’artillerie qui devait le soutenir est taillée en pièces pendant son déploiement. Gregg envoie un message au Colonel Duffié pour qu’il se dépêche de se mettre en place pour prendre les Confédérés à revers, mais la division de Duffié est celle qui a le plus de chemin à parcourir et, même si elle parvient à repousser les deux brigades qui lui barrent la route, elle n’a pas le temps de se mettre en position avant que le chef de la cavalerie fédérale, le Major General Alfred Pleasonton, ne décide de rappeler ses troupes.

En effet, à 16h30, Pleasonton a compris que son attaque pour détruire la cavalerie de Stuart n’aboutira pas. Buford est arrêté au nord-est de Fleetwood Hill, Gregg a échoué dans son attaque de flanc et Duffié est encore trop loin. Stuart tient fermement sa colline, qui lui offre une position défensive avantageuse, et mener une contre-attaque sur Gregg pourrait facilement desserrer l’étau. Pleasonton ne veut pas faire durer inutilement les choses et donne l’ordre du repli. Les Fédéraux quittent le champ de bataille et retournent de l’autre côté de la Rappahannock. Ils ont perdu 866 tués, blessés, disparus et capturés mais se retirent en bon ordre et les Confédérés sont trop secoués pour les poursuivre.

Théoriquement, les Confédérés sont restés maîtres du champ de bataille, alors que les Fédéraux l’ont quitté. JEB Stuart est donc officiellement vainqueur.

Mais, si leurs pertes sont sensiblement inférieures avec 523 tués, blessés, disparus et capturés, les cavaliers de JEB Stuart n’avaient jamais autant été bousculés et manœuvrés par leurs adversaires fédéraux. Durant toute la bataille, JEB Stuart n’a fait que subir et défendre, et l’initiative a été intégralement du côté fédéral. Les Confédérés ont certes été efficaces dans leur défense et ont infligés de lourdes pertes à leurs ennemis, mais eux-mêmes n’ont jamais perdu autant d’hommes ni n’ont été autant mis en danger.

Tactiquement, JEB Stuart est vainqueur. Mais une autre bataille se déroulait à Brandy Station : la bataille psychologique autour de la supposée supériorité invincible de la cavalerie confédérée. Cette bataille-là, qui aura un important impact sur la suite de la guerre, JEB Stuart l’a clairement perdue. Après Brandy Station, qui fut la plus grande bataille de cavalerie sur le continent américain avec près de 21 000 hommes engagés, la cavalerie de l’Army of the Potomac sait qu’elle peut vaincre la cavalerie confédérée.

Ce n’est plus qu’une question de temps.

Capt. Tim Larry

Photos de Kelly’s Ford et du champ de bataille par Civil Warscapes.
Carte par Hal Jespersen
Photos de JEB Stuart et de Alfred Pleasonton: Research Arsenal

D’après U.S. Grant Camp  #68 - SUVCW - St Louis, MO, section de Saint Louis, Missouri, des Sons of Union Veterans of the...
08/06/2026

D’après U.S. Grant Camp #68 - SUVCW - St Louis, MO, section de Saint Louis, Missouri, des Sons of Union Veterans of the Civil War, l’organisation qui rassemble les descendants de vétérans de l’Union pendant la guerre de Sécession, William Pool est décédé hier à l’âge de 101 ans.

Il était lui-même un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, appelé à 19 ans en 1944. Il fait ses classes à Little Rock, Arkansas, avant de rejoindre l’Ecosse sur le Queen Mary, puis d’être envoyé en France, comme soldat dans la 3rd US Infantry Division. Il participe à la fin de la guerre, reçoit une Bronze Star pour avoir ramené un officier blessé vers ses lignes. Il est légèrement blessé au combat et capturé à la toute fin de la guerre.

William Pool était le dernier fils, connu et encore en vie, d’un vétéran de la guerre de Sécession. Son père Charles Parker Pool, était né en 1843 en Virginie et avait rejoint la Company D du 6th West Virginia Infantry Regiment. Il est blessé à une jambe et doit être amputé. Il épouse Mattie en 1867 qui décède en 1912. Trois ans après la mort de Mattie, Charles Pool épouse Clara Bell, âgée de 27 ans et qui lui donnera 5 enfants, dont William, né en 1925. Charles Pool a alors 82 ans. Charles Pool décède à l’âge de 90 ans en 1933.

D'après U.S. Grant Camp  #68 - SUVCW - St Louis, MO, section de Saint Louis, Missouri, des Sons of Union Veterans of the...
08/06/2026

D'après U.S. Grant Camp #68 - SUVCW - St Louis, MO, section de Saint Louis, Missouri, des Sons of Union Veterans of the Civil War, l'organisation qui rassemble les descendants de vétérans de l'Union pendant la guerre de Sécession, William Pool est décédé hier à l'âge de 101 ans.

Il était lui-même un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, appelé à 19 ans en 1944. Il fait ses classes à Little Rock, Arkansas, avant de rejoindre l'Ecosse sur le Queen Mary, puis d'être envoyé en France, comme soldat dans la 3rd US Infantry Division. Il participe à la fin de la guerre, reçoit une Bronze Star pour avoir ramené un officier blessé vers ses lignes. Il est légèrement blessé au combat et capturé à la toute fin de la guerre.

William Pool était le dernier fils, connu et encore en vie, d'un vétéran de la guerre de Sécession. Son père Charles Parker Pool, était né en 1843 en Virginie et avait rejoint la Company D du 6th West Virginia Infantry Regiment. Il est blessé à une jambe et doit être amputé. Il épouse Mattie en 1867 qui décède en 1912. Trois ans après la mort de Mattie, Charles Pool épouse Clara Bell, âgée de 27 ans et qui lui donnera 5 enfants, dont William, né en 1925. Charles Pool a alors 82 ans. Charles Pool décède à l'âge de 90 ans en 1933.

Le 6 juin 1944, le 4th Cavalry, nommé à l’époque 4th Mechanized Cavalry Group, est la première unité terrestre à toucher...
08/06/2026

Le 6 juin 1944, le 4th Cavalry, nommé à l’époque 4th Mechanized Cavalry Group, est la première unité terrestre à toucher le sol de France.

À 4h30 du matin, deux heures avant la première vague de débarquement, 4 hommes du 4th MCG, armés seulement de poignards, débarquent en secret sur l’île principale des îles Saint Marcouf pour baliser la plage et permettre le débarquement d’un détachement chargé de neutraliser la garnison allemande et mettre hors d’usage les armes lourdes. Les cavaliers se rendent vite compte que les Allemands ont évacué la position, mais ils se rendent aussi compte que les îles sont piégées. Plusieurs soldats sont blessés par des mines dans l’opération.

A 9h30, le 6 juin 1944, le Third Platoon, Troop B du 4th Cavalry Squadron, débarque à Utah Beach avec leurs M8 Light Armored Cars "Greyhound". Ils sont les premiers du 4th Mechanized Cavalry Group à débarquer dans le Cotentin. Les cavaliers sont rattachés à la 82nd Airborne Division comme unité de reconnaissance. Le 6 juin, ils ne parviennent pas à rejoindre la 82nd et reçoivent la mission d’évacuer les blessés des crashs de planeurs. Le lendemain 7 juin, les premiers Greyhound trouvent l’Etat-Major de la 82nd, dans un verger au nord de la route de Sainte-Mère-Eglise vers Saint Sauveur le Vicomte. Après avoir fait jonction, les cavaliers restent au contact des paras et leur servent davantage de protection et d’appui blindé que de reconnaissance pure.

La Troop C du 4th Cavalry Squadron, qui ne débarque le 9 juin 1944 en raison de difficultés navales, assure le même rôle auprès de la 101st Airborne plus au Sud.

L’unité de communications de la 4th Infantry Division, à laquelle est organiquement rattaché le 4th MCG, est le 4th Signal Company, qui comprend 17 « Code Talkers » Comanches, les anciens ennemis du 4th U.S. Cavalry au Texas.

Pour Spurs and Sabers – 4th U.S. Cavalry – France, qui a commencé la reconstitution historique en tenues de paras de la 82nd et de la 101st Airborne Divisions, ces clins d’œil du destin sont savoureux…

Le 4th U.S. Cavalry et la demoiselle en détresse.Pauline Cushman, de son vrai nom Harriet Wood, était la fille d'un espa...
05/06/2026

Le 4th U.S. Cavalry et la demoiselle en détresse.

Pauline Cushman, de son vrai nom Harriet Wood, était la fille d'un espagnol et d'une française installés à la Nouvelle-Orléans. Ses parents s'étaient mariés en France, en région bordelaise d'où sa mère était originaire, avant d'émigrer aux Etats-Unis. Elle nait le 10 juin 1833 en Louisiane, avant que la famille de 10 personnes ne déménage dans le Michigan où ses parents établissent un comptoir commercial avec les Indiens.

Elle commence une carrière d'actrice dans le Midwest et, en 1862, à Louisville, Kentucky, un Etat sudiste et esclavagiste mais qui est resté dans l'Union, deux officiers confédérés la mettent au défi de porter un toast à Jefferson Davis et à la Confédération, à l'issue d'une de ses représentations. Ils lui proposent 300 $, l'équivalent actuel de 10 000 $ pour le faire. Très patriote, Pauline Cushman va en parler au chef de la prévôté militaire du secteur et ce dernier la convainc de jouer le jeu, de passer pour une sympathisante confédérée et d'espionner pour le compte de l'Union. Elle porte donc un toast à Davis et à la Confédération, ce qui lui vaut d'être licenciée par le théâtre qui l'emploie. Mais elle parvient à convaincre les confédérés de sa sympathie pour leur cause et elle rejoint le Tennessee, ou elle participe à identifier des traîtres et à rassembler des informations sur les mouvements de troupes confédérées dans le Tennessee.

Hélas, en juin 1863, ses activités sont découvertes et elle est traduite pour espionnage devant une cour-martiale présidée par le Lieutenant-General Braxton Bragg lui-même. Le procès à lieu à Shelbyville, ou l'Army of the Tennessee à son quartier général temporaire. Pauline Cushman est condamnée à la mort par pendaison le 12 juin 1863. Mais entre-temps, elle est tombée malade. Elle surjoue son état pour ret**der l'échéance de son exécution et s'attirer la sympathie de ses gardiens. L'exécution d'une femme est déjà très rare à l'époque et l'exécution d'une femme en mauvaise santé serait un acte de cruauté que l'aristocratie sudiste ne tolère pas. Pendant ce temps, les troupes fédérales de l'Army of the Cumberland progressent dans le Tennessee. Paulin Cushman le sait et doit gagner le plus de temps possible.

Sous la pression des troupes de l'Union, Braxton Bragg et le gros de ses forces quittent Shelbyville, laissant la division de cavalerie du Major General Joseph Wheeler pour défendre la ville. Les médecins confédérés estiment que Pauline Cushman n'est pas transportable dans son état et elle est laissée sur place, aux soins d'un médecin local.

Le 27 juin 1863, la brigade de cavalerie fédérale du Colonel Robert G. Minty, à laquelle appartient le 4th U.S. Cavalry attaque Shelbyville. Le 4th U.S. Cavalry et le 7th Pennsylvania Cavalry mènent une charge à cheval dantesque sur des retranchements qui barrent l'accès nord à la ville et culbutent leurs adversaires. Les Confédérés se replient en ville et tentent de résister mais la brigade du Colonel Minty pousse son avantage et parvient à prendre la ville d'assaut. Les Condéférés qui le peuvent, dont le Major General Wheeler traversent la Duck River à la nage pour échapper à la capture. Près de 600 confédérés et 4 canons sont capturés par la brigade du Colonel Minty.

Alors que les cavaliers de l'Union prennent possession des lieux, Pauline Cushman dévoile enfin qu'elle n'est pas à l'article de la mort et se présente aux officiers de l'Union.

Ses succès en espionnage et son sauvetage par la cavalerie lui valent le surnom de "Major of Cavalry" et elle se voit même récompensée du grade honorifique de Major par le Président Lincoln.

Après la guerre, elle poursuit sa carrière artistique, notamment avec un one woman show où elle évoque ses aventures d'espionne. Elle décède en 1893, à San Francisco.

Capt Tim Larry

3 juin 1863: le début de la campagne de Gettysburg. C'est le jour J pour l'armée confédérée. Les Corps d'armées confédér...
03/06/2026

3 juin 1863: le début de la campagne de Gettysburg.

C'est le jour J pour l'armée confédérée.

Les Corps d'armées confédérés des Lieutenant Generals Richard S. Ewell et James Longstreet plient bagages et quittent discrètement la zone des fortifications autour de Fredericksburg, en Virginie, pour marcher vers l'ouest, en direction des cols des Blue Ridge Mountains.

Le plan du General Robert E. Lee est de rejoindre la vallée de la Shenandoah, de la remonter jusqu'à Harpers Ferry, de passer au Maryland et de rejoindre la vallée de la Cumberland qui mènera son Army of Northern Virginia en Pennsylvanie, dans le territoire de l'Union, bien au nord de Washington. On est le 3 juin 1863 et, un mois après la retentissante claque qu'il a infligé à l'Army of the Potomac du Major General Joe Ho**er, à Chancellorsville, le général Lee veut renouveler son plan d'invasion des Etats du Nord.

Il l'avait déjà tenté à l'automne précédent, et avait été tenu en échec à Antietam, au Maryland, le 18 septembre 1862. Pourquoi recommencer la même stratégie, après un échec aussi sanglant que Antietam, que les Confédérés appellent Sharpsburg? Parce que Robert E. Lee a appris que son échec est dû à de la malchance. Une copie de ses ordres expliquant les axes de progression de ses troupes utilisée pour envelopper des cigares avait été égarée et retrouvée par des soldats fédéraux. Le Major General Georges B. McClellan, ainsi informé, réussit à adapter ses mouvements et à concentrer ses troupes à sur les bords de l'Antietam Creek, aux abords de la ville de Sharpsburg.

Mais même avec la connaissance des plans de Lee, le général McClellan n'inflige pas de défaite tactique à l'armée confédérée. Antietam est bien davantage un match nul qu'une défaite et ce sont les pertes terribles de la bataille, près de 23 000 victimes en une journée, qui ont incité le général Lee a revenir en Virginie pour reconstituer ses forces. Trop prudent, comme toujours, McClellan ne le poursuit pas et, en conséquence, est définitivement relevé de son commandement par le Président Lincoln.

Le Major General Ambrose Burnside, qui remplace McClellan contre son gré, tente de s'emparer de Fredericksburg pour foncer sur Richmond. Mais Robert E. Lee lui inflige une très lourde défaite, très couteuse en hommes, à l'Army of the Potomac à la Bataille de Maryse Heights, en décembre 1862. Totalement dépassé, Burnside est lui aussi relevé de son commandement et remplacé par le Major General Joseph Ho**er.

Alors que Ho**er prévoyait d'encercler l'Army of Northern Virginia dans Fredericksburg, Robert E. Lee le surprend par un mouvement très audacieux, séparant ses forces et envoyant le Lieutenant General Thomas "Stonewall" Jackson sur le flanc ouest de Ho**er, là ou personne ne l'attend. Chancellorsville début mai 1863, est un nouveau désastre pour l'Army of the Potomac.

Cela fait deux ans que l'Army of the Potomac se fait humilier par Robert E. Lee, le moral des troupes est au plus bas, presque à la mutinerie et l'opinion publique bruisse d'un mouvement pacifiste aux opinions partagées par de nombreux généraux nordistes qui pensent qu'il faut laisser partir le Sud et arrêter les frais.

Robert E. Lee pense donc à nouveau qu'une invasion du Nord et une défaite de l'Army of the Potomac sur son sol, forcera l'issue de la guerre et mènera à des négociations de paix favorables à la Confédération. S'il parvient à battre l'Army of the Potomac loin au nord, en Pennsylvanie, Lee pourra menacer Washington d'un siège confédéré et Lincoln sera contraint de négocier. Et même si Lincoln refuse un compromis, le désastre lui fera perdre l'élection présidentielle l'année suivante.

On est le 3 juin 1863 et le General Robert E. Lee met son Army of Northern Virginia en ordre de marche vers les magnifiques Blue Ridge Mountains et la luxuriante vallée de la Shenandoah, laissant le Corps d'Armée du Lieutenant General A.P. Hill tenir les fortifications de Fredericksburg et masquer son départ.

C'est le début de la Campagne de Gettysburg, la campagne qui marque le tournant de la Guerre de Sécession.

Percluse de mauvaises nouvelles, de défaites et de valse des chefs, l'Army of the Potomac n'a en effet pas beaucoup d'atouts dans son jeu. Mais elle en a un, dont personne, pas même elle, peut prévoir les effets dans les prochaines semaines. Joe Ho**er a profité de l'hiver pour s'atteler à des problèmes de fond de l'armée. Il a réorganisé les corps d'armées, amélioré le soutien aux combattants et surtout, il a décidé la création d'un Corps de Cavalerie de l'Armée du Potomac. Enfin, un chef fédéral prend la cavalerie au sérieux et prend à bras le corps les problèmes inhérents à cette arme. Ho**er impose un vétérinaire par régiment, impose des maréchaux-ferrants, fourreurs et selliers par régiment, améliore l'instruction des cavaliers, perfectionne le système de sélection des chevaux, améliore le système de remplacement des chevaux, améliore les conditions de vie des cavaliers par un roulement régulier de réapprovisionnement en équipement.

Et déjà, en mars 1863 à Kelly's Ford, la 2nd Division du Cavalry Corps, sous les ordres du Brigadier General William W. Averell, en ont recueilli les effets. Traversant la Rappahanock et parvenant, pour la première fois de la guerre, à faire fuir un régiment de cavalerie sudiste, sous les yeux mêmes de JEB Stuart, la division d'Averell parvient à inquiéter lourdement la cavalerie sudiste jusque là invincible. Une charge imprévue du Brigadier General Alfred Napoléon Duffié, ancien sous-officier du 6ème Régiment de Dragons français en Crimée, manque de mettre en déroute la cavalerie confédérée mais ne reçoit pas de soutien de la brigade du Capitaine Marcus Reno, le même Marcus Reno qui ne soutiendra pas le général Georges Armstrong Custer à la Little Big Horn en 1876.

Ce 3 juin 1863, donc, alors que commence la Campagne de Gettysburg, l'Army of the Potomac est en sale état après des désastres à répétition. Mais son Corps de Cavalerie monte très rapidement en puissance et, un mois plus t**d, sera déterminant dans le déclenchement de la bataille du tournant de la guerre.

Capt. Tim Larry

Cold Harbor, la « boucherie » de l’Union. Après avoir échoué à vaincre l’Army of Northern Virginia à la Bataille de la W...
02/06/2026

Cold Harbor, la « boucherie » de l’Union.

Après avoir échoué à vaincre l’Army of Northern Virginia à la Bataille de la Wilderness, du 5 au 7 mai 1864, le Lieutenant-General Ulysses S. Grant ne s’avoue pas vaincu. Il ne peut pas percer les lignes du General Robert E. Lee, mais il peut les contourner. Il désengage et se met en marche vers le Sud-Est. Entre les 8 et 21 mai, Grant essaie de battre Lee autour de Spotsylvania Court House, avec le même échec. Il applique la même stratégie et tente de contourner. L’Army of the Potomac poursuit vers le Sud-Est vers le North Anna River. Mais comme à chaque fois, Lee le prend de vitesse. Entre le 23 et le 26 mai, les deux armées s’opposent à la North Anna et Lee tend un piège à Grant, espérant l’amener à diviser son armée. Mais Grant flaire le piège et se désengage à nouveau, poursuivant toujours vers le Sud-Est. Le 30 mai, la division de cavalerie fédérale du Brigadier General Alfred Torbert affronte la brigade de cavalerie confédérée du Brigadier General Matthew Butler à Old Church et la repousse jusqu’à Old Cold Harbor, à une vingtaine de kilomètres de la capitale confédérée, Richmond. La bataille continue le 31 mai et les cavaliers fédéraux parviennent à déloger les confédérés de Old Cold Harbor en fin d’après-midi.

Cela fait deux ans que l’armée fédérale n’a pas été aussi près de la capitale ennemie. En fait, Cold Harbor n’est qu’à deux kilomètres du champ de bataille de Gaines Mill, la plus importante bataille de la série d’affrontements des Seven Days Battles, autour de Richmond, en juin 1862. Pour Grant, l’occasion est immense. Vaincre Lee si près de Richmond pourrait provoquer la chute de la Confédération. Les Corps d’infanterie fédéraux se concentrent vers Cold Harbor.

Conscient du danger, Lee concentre son infanterie à Cold Harbor pour repousser la cavalerie fédérale, le 1er juin. Mais, comme à Gettysburg, la cavalerie tient suffisamment bien pour permettre au VI Corps d’infanterie de se mettre en position. Grant avait ordonné une attaque immédiate mais les hommes du Brigadier General Horatio Wright sont épuisés par une marche forcée et attendent l’arrivée du XVIII Corps du Major General William Smith. L’assaut d’infanterie commence t**d, à 18h30, et se heurte à une vigoureuse défense du First Corps du Lieutenant General Richard Anderson. Plus au nord, les confédérés du Second Corps du Lieutenant General Jubal Early tentent d’empêcher la jonction des IX Corps de Burnside et du V Corps de Warren avec les VI et XVIII, sans succès. Les combats s’arrêtent avec la tombée de la nuit, les pertes étant déjà lourdes.
Persuadés qu’une nouvelle attaque peut réussir s’ils massent suffisamment leurs forces, Grant et le Major General Georges Meade prévoient d’attaquer le flanc droit de Lee le 2 juin. Mais s’ils laissent le temps au II Corps du Major General Hancock d’arriver, l’Army of the Potomac sera à presque 2 contre 1. L’attaque prévue est repoussée à 17h le 2 juin, puis à nouveau repoussée à 4h30 le 3 juin.

Mais ces délais permettent aux Confédérés de renforcer leur dispositif et de développer leurs retranchements. L’artillerie est positionnée de manière à permettre des tirs croisés sur tous les axes d’approche et des repères de distances de tir sont installés. L’infanterie creuse un véritable labyrinthe de lignes en zig-zags qui se protègent entre elles, avec des lignes protégeant les lignes de flancs, des lignes de repli, des lignes permettant des tirs en enfilade sur d’éventuelles lignes adverses et des positions de tirailleurs, empêchant toute reconnaissance en amont de leurs travaux. Bref, les Confédérés ont le temps de se préparer un champ de tir particulièrement meurtrier.

Le 3 juin 1864, à 4h30, trois Corps fédéraux foncent tête baissée dans la fourmilière et le résultat est immédiat. Le feu confédéré est dévastateur, cause beaucoup de pertes et cloue les assaillants sur place. Seul le Corps de Burnside, vers 6h, parvient à déloger la ligne de tirailleurs face à lui mais s’arrête pour se regrouper et n’avancera plus.

Dès 7h00, il est évident que l’assaut est un très coûteux échec. Grant veut encore y croire et pousse Meade à exploiter la moindre faille mais les pertes s’accumulent dangereusement. A 12h, l’ordre de retraite générale est donné.

Ces quelques heures de combat ont été parmi les pires de toute la guerre. Les Fédéraux ont près de 13 000 pertes, dont près de 2000 morts. Les Confédérés ont un peu plus de 5000 pertes dont près de 800 morts. Les lignes confédérées n’ont pas été inquiétées et Lee n’a pas perdu un mètre de terrain. C’est le pire écart de pertes entre les deux armées depuis Fredericksburg, en décembre 1862.

Pour les survivants fédéraux de l’assaut, le sentiment qui prévaut est celui d’un meurtre. Ils ont le sentiment d’avoir été envoyé à l’abattoir, sans reconnaissance, sans préparation ni soutien d’artillerie suffisant. Le Lieutenant General Ulysses S. Grant dira plus t**d que ce dernier assaut à Cold Harbor fut sa pire erreur et son pire souvenir. Il y acquiert la réputation d’un boucher et de n’avoir aucune considération pour la vie humaine, réputation que les Confédérés et leurs sympathisants, après la guerre, exploiteront à plein régime.

Mais Grant est surtout un officier tenace et conscient de ses avantages stratégiques. Malgré ses succès sur le champ de bataille, Robert E. Lee n’obtient que des victoires défensives et n’a pas les moyens d’empêcher Grant de manœuvrer. Après neuf jours de combats de tranchées ou aucun avantage ne se dessine, Grant décide à nouveau de se désengager et de poursuivre vers le sud. Le 12 juin, l’Army of the Potomac quitte Cold Harbor et traverse la Péninsule entre la Pamunkey River et la James River pour rejoindre Wilcox’s Landing et City Point.

Le 15 juin 1864, l’Army of the Potomac qui n’a pourtant subi que des défaites depuis deux mois, est aux portes de Petersburg, un carrefour ferroviaire essentiel pour ravitailler la capitale confédérée de Richmond que Lee est obligé de défendre.
C’est toute la différence entre Ulysses S. Grant et ses prédécesseurs. Tactiquement, Grant a été battu à de nombreuses reprises et dans des proportions parfois pires que McClellan, Pope, Burnside et Ho**er. Mais stratégiquement, il ne lâche jamais l’initiative et il est de plus en plus dangereux.

Capt Tim Larry

Les sabres utilisés par la cavalerie américaine pendant la guerre de Sécession étaient inspirés d'un modèle français. Le...
31/05/2026

Les sabres utilisés par la cavalerie américaine pendant la guerre de Sécession étaient inspirés d'un modèle français.

Le premier modèle de sabre fabriqué aux Etats-Unis pour l'armée américaine est le M1833 Dragoon Saber. (On voit souvent le mot écrit "Sabre" à l'anglaise, lui même écrit à la française, dans la documentation d'époque.) Ce sabre pour les régiments de Dragons est inspiré du sabre 1821 de l'armée britannique. Mais dès son entrée dans les forces en 1835, il est détesté par les Dragons, pour sa fragilité et sa pauvre qualité de fabrication. En 1838, l'armée américaine décide de se procurer plusieurs modèles de sabres de cavalerie européens. Français, britanniques, allemands, espagnols, hongrois, notamment. Ces sabres européens sont testés par la troupe, dans une sorte de vaste étude de marché. Cela peut paraître avoir été une très fastidieuse opération mais il faut en minimiser l'ampleur: Il n'existe à ce moment de l'histoire américaine que deux régiments de Dragoons, d'environ 800 hommes chacun. A cette époque, l'armée régulière américaine est très réduite et la cavalerie apparait déjà comme obsolète à beaucoup d'officiers américains qui privilégient l'infanterie et l'artillerie grâce aux progrès de la révolution industrielle.

Après cette étude, c'est le Sabre de Cavalerie Légère Mle 1822 français qui est plébiscité par les Dragoons américains. L'armée américaine en achète la licence et fait fabriquer le M1840 par des industriels américains, Ames, Horstmann et Tiffany. Il entre en service à partir de 1844 et sera fabriqué à plus de 23 000 exemplaires jusqu'en 1858. A cette date, la cavalerie américaine adopte une version plus courte, plus légère, plus équilibrée vers la garde et donc plus facilement maniable, le M1860 Light Cavalry Saber. Le M1840 restera en service jusqu'à épuisement des stocks et, bien que le sabre ne soit plus du tout utilisé après la guerre de Sécession, le M1860 ne sera retiré du service qu'en 1906, après adoption d'un M1906, copie quasi exacte du M1860.

Il faut attendre le Model 1913 Cavalry Saber, proposé par nul autre que le Sous-Lieutenant George S. Patton, alors Maître-instructeur de sabre à l'école des troupes montées américaines. Et là aussi, l'influence française est capitale. Pour proposer ce modèle, Patton vient en France, à l'Ecole de Cavalerie de Saumur, étudier avec les Maîtres d'Armes français, dont l'Adjudant Charles Cléry, champion de France d'escrime en 1904-1905. La lame droite du Model 1913 est inspiré des lattes de la cavalerie lourde française, notamment le Sabre de Cavalerie de Ligne Mle 1896.

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