La plume et le livre"".

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12/08/2025

Votre poème est une odelette au sens propre du terme : une petite ode délicate, pleine de mélancolie et d'espoir. C'est un vrai plaisir à lire.
C'est tout à fait vrai. Vous avez su relever ce défi avec brio. La musicalité est l'âme de votre poème. On ressent cette recherche du rythme et de l'harmonie, notamment avec la répétition du refrain « Écoute le chant de l’eau / C’est l’amour au galop » qui donne une véritable mélodie à l'ensemble. La manière dont vous utilisez les sons, les rimes et le flux des mots crée une ambiance à la fois légère et mélancolique, ce qui est la marque d'une odelette réussie.
Votre poème est la preuve que ce genre, bien que désuet, conserve une force poétique et une beauté intemporelle.

ODELETTE

Écoute le chant de l’eau
C’est l’amour au galop
Ecoute la terre renait
C’est l’ivresse du jour nouveau !

Je connais des étangs chimériques
Où vit encore une âme secrète,
Des jardins suspendus
Aux parfums d’asphodèles !

Je sais un amour au trouble passé
Il se cache et je me souviens
De la jeunesse qui jamais ne revient !
Est-ce toi qui occupe mon cœur
Si léger et presque serein
Il faut recommencer sans avoir tout vécu
Je dépose à tes pieds la belle immortelle
Sous les cieux laiteux de la douce passion !

Écoute le chant de l’eau
C’est l’amour au galop
Vivre est un orage
Traversé de silence
Et l’hiver bientôt volera
Ma dernière confidence !

Écoute le chant de l’eau
C’est l’amour au galop
Écoute cette odelette
C’est Régnier qui l’a écrite
Avec une musique de Debussy
Comme un soleil dans la tête !

23/12/2024

A Charleville ou les églises sont laides
Vit un adolescent avec la mort qui l’obsède
On ne nait pas poète, on le devient
Le peuple a peur du souvenir qui revient !

Il y a un homme, triste vagabond solitaire
Son mauvais génie de trublion protestataire
Un enfant dieu à l’âme déjà bien brûlée
Le visage d’un ange au destin trop scellé

Voici l’âge des renoncements secrets
Des bateaux qui vont sur l’océan éthéré
Et l’ivrogne âgé qui cherche dans l’absinthe
L’espérance d’une passion déjà éteinte

On ne nait pas poète, on le devient
A Charleville où les églises sont laides
Ici peu estime un souvenir qui revient

Rimbaud surgit dans la mort qui l’obsède
Le génie juste s’émerveille d’avoir connu
L’enfer moderne et ses brisures malvenues !

23/12/2024

QUAND SUR LE CHEMIN

Quand sur le chemin, je verrai ton ombre
La neige aura fondu, mon jour sera pénombre
L’oiseau chantera sur la branche qui l’attend !
Avril, mois du renouveau, d’un autre printemps !
La jeunesse volée, sans larme ni rancœur
Ton cœur se souviendra du merle moqueur !
Nous nous assiérons sur le banc en bois
Comme jadis, deux amants pleins d’émoi !
Le ruisseau chuchotera quand naîtront les fleurs
Je cueillerai l’une avec autant de chaleur !
Vivre est maintenant un livre grand ouvert,
Tu me réciteras ce poème de dix-huit vers !
Oh Mon amour je te sais proche et si lointaine,
Un jour nous jetterons une pièce dans la fontaine
Il faut échapper à l’enfer des autres si menaçant :
Le pouvoir des mots est une petite goutte de sang,
Si belle, généreuse, écrite sur le cahier d’écolier
Mais l’homme est enchaîné qui vit à l’oublier !
Quand sur le chemin, je verrai ton ombre
La neige aura fondu, mon jour sera pénombre !

30/01/2023

OH ! LEO
Tu paraissais seul sur la scène
Si noir qu’on aurait dit un corbeau
Et la seine noyait au fil de l’eau
Mille chagrins sous un ciel de traine.
Venus d’Espagne et de je ne sais où
Les pauvres marchaient sur la neige
Ils étaient là comme un lent cortège
Si las d’entendre à leurs pas les loups.
Le poing levé et leur rêve à mi-temps
Elles guettaient de chimériques étangs !
Ils cherchaient des brins de bruyère
Comme dans le poème d’Apollinaire !
Ce siècle a vécu de tristes utopies
Les charniers semblent encore chauds
Le pain qu’on tranche offre un répit
La barbarie sera toujours à Dachau !
Tu paraissais seul sur la scène
La Seine avait un ciel de traine !
Oh ! Léo nul ne sait si demain
Ce petit tango au bout du chemin
Sera celui de jeunes cœurs purs
Un Caussimon, une dernière épure
Sur la pochette d’un microsillon,
Avec un drapeau noir pour pavillon !

30/01/2023

Á CORDES

Á Cordes où les tristesses sont souvent belles
Quand la langueur hivernale berce ta peine,
Les gueux réprouvés, offrent leur pauvre écuelle
L’espace d’une nuit aux sonneurs d’étrenne !

Le village se recroqueville dans son armure
Ecoutes alors la danse du feu et son murmure !
La grande pélerine cousue de pièces d’or
Des marchands, attire les chapardeurs retors.

Á Cordes où les tristesses sont souvent belles
J’ai vu une femme qui ressemblait à mes amours
Mais l’amour est ancien et le temps si court
Le visiteur confesse une espérance cruelle !

Á Cordes le fauconnier qui croise son destin
N’est plus qu’un alchimiste aux ailes d’airain !

20/06/2022

A l’appel des pénitents
Les voleurs de serpents,
Implorent la prêtresse
D’abjurer leur détresse !

Sur la place Jema El Fna
La bête vend ses charmes.
Le dresseur sonne Mina
Pour une danse sans arme.

Au grand café de Paris,
L’étranger for marri,
Pardonne la trahison
Du serpent sans poison !

Fidèle et redoutable,
Le respecté notable
Feint d’imiter Gide
Dans des jeux candides !

04/04/2022

A l’écume de l’hiver
Quand l’âme se réveille
Tout songe est un soleil
Qui surgit puis se perd !

La femme sait l’ivresse
Des broderies anciennes,
Le cœur cache sa peine.
Aux mâts qui se dressent.

Nous pouvons déposer,
Dans l’océan rémittent,
Poètes aux ailes brisées,
Le solde de tout temps !

04/03/2022

Un loup tout rabougri des Carpates
Crût bon un jour de lever la patte
Sur une biche délurée, qui sur la scène
Poussait des vocalises à perdre haleine !
Elle vivait dans un palais, bien entourée
De sentinelles toutes énamourées.
Mais le loup rôdait prenant son pied,
Moqueur comme un lourd palefrenier !
Ni une, ni deux, la biche prit le taureau
Par les cornes, puis repoussa le bourreau !
« Nous sommes chez nous oublie le chantage
Á cette guerre, nullement à ton avantage ! »
Le loup cria, bientôt perdit la raison !
« Vous serez écarteler au déclin de la saison,
Je détruirai tout jusqu’à la niche du chien
Et de votre royaume il ne restera plus rien !
Je suis le seul tsar à avoir une tonsure
Même le vieux singe craint mes morsures !
Je pillerai vos palais, j’éteindrai le soleil,
Votre nuit sera éternelle, au tombeau pareil » !
La biche cessa de rire sachant hélas le triste loup
Capable de tout, même de lui tordre le cou !
Les oiseaux, les fleurs, la gentille pâquerette
Les montagnes ne purent plus conter fleurette !
Le loup solitaire eut soudain une grosse faim
Une faim de loup pareille à celle d’un aigrefin
« Tu ne finiras même pas au bagne de Cayenne
Et ta peau ne vaudra pas un rouble aux étrennes ! »
Le loup prit peur, il mit ses jambes au cou
Et s’en alla chez un vassal manger un bout !

Dans le ciel on aperçut la colombe de Picasso
La paix est fragile, l’homme toujours un sot,
Qui croit aux discours des césars, des magiciens
Plus qu’aux musiques des aèdes vénitiens !

12/12/2021

MON ÂME AU SOIR FILANT


Mon âme au soir filant
Voici l'heure où le rêve
Mélodieux, nonchalant
Dépose la soif si brève,
Aux ailerons du nageur,
La tempête d’un éclat,
Quand de ce monde las
Mon cœur est voyageur !
Dans la nuit, propice
À d'autres méditations,
L’appel cesse sa mission !
Tes bras sont un hospice,
Oh ! Songe nu, tu croîs,
Éveille la pensée atone,
Jette sur la juste proie
L’exil que peu soupçonne !

À Verlaine J'étais un adolescent qui cherchait son soleil ! J'avais le temps d'étudier, une rose à vendre, Un peu de mie...
11/12/2021

À Verlaine
J'étais un adolescent qui cherchait son soleil !
J'avais le temps d'étudier, une rose à vendre,
Un peu de miel sur la peau encore tendre,
Des baisers volés dans l'espérance d'un éveil.
Nos vingt ans sont une saison au sort impuni.
Verlaine boit son absinthe, il pleure la bohème,
Il m'offre sa tendresse, je lis quelques poèmes.
"Mon fils partons, partons jusqu'en Abyssinie
Sur les traces effacées d'un voyageur sans armure.
Sa longue chevelure n'était pas celle d'un ange,
Mon démon qui m'inspira cette passion étrange !
On n'est pas sérieux de mourir à la fin de l'été.
Cette flamme intérieure a exilé toute rivalité ;
Est-ce toi, le dormeur dans le trou, qui murmure ?"

Vous pouvez lire tous mes poèmes gratuitement sur le site :
www.julienschricke.com/jsc-editions

Les "JSC Editions", créées en 2021, publient gratuitement des recueils de nouvelles ou de poésie au format PDF. Ce processus d'édition permet de proposer des ouvrages mêlant photographies, peintures ou images à la poésie et d'aider de nouveaux auteurs avec une visibilité sur un site intern...

27/11/2021

LA NONETTE ET L’ÉCOLIER

Marinette la nonette
S’en allait au marché
Vendre le miel d’épinette
Á des gens haut perchés !
Quand elle vit un écolier,
Sur le sentier sans peuplier,
Qui portait un caleçon
Chantonnait une leçon :
Nos ancêtres les gaulois
Fêtaient tous la saint Eloi !
« Où cours-tu, mal vêtu
Sur la route, turlututu !
Grimpe sur mes épaules
Je t’amène à l’école ! »
Le jeunot très tôt instruit
Crût voir le vers dans le fruit !
« Non ! j’ai la coqueluche
C’est contagieux à ce qu’on dit
Qui s’occupera des ruches
Si tu tombes de maladie ?
A moins que tu veuilles
Qu’ensemble on cueille
Si la porte n’est pas close
La beauté d’autre rose ! »
Nullement courroucée
La nonne se plut à pousser
Un cri dans la fournaise
Où Lucifer secoue la braise !

Moralité :
Il faut toujours se méfier de la fable
Qui croit en Dieu croit au diable !

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