Coms a obtenu un master 1 et 2 sur la disparition de l’acteur dans le théâtre symboliste à la fin du XIXe siècle. Ses recherches la pousseront à mieux connaître la pratique marionnettique des Nabis. En effet, si les disciples de Gauguin sont connus par les historiens de l’art, leur passion pour la marionnette – qui les conduisit à ouvrir un théâtre de marionnettes en 1897 : Le Théâtre des Pantins
– est totalement ignorée de l’histoire de l’art. Elle pratique le théâtre, l’écriture et les arts visuels : ses dessins convergent vers la peinture, qu’elle développe en autodidacte. Influencée par ses études anciennes et son attirance pour le Symbolisme, elle travaille en série sur des thématiques mythologiques ou religieuses. Eve, Salomé, Saint-Jean-Baptiste, La vierge Marie, Orphée et Œdipe sont ses principales obsessions. En peinture, la démarche de Léna h. Coms consiste à utiliser la toile comme un espace théâtral. Le corps est le plus souvent limité à son visage : dans la tradition du théâtre de masques ou encore de l’icône, parfois semblable à un masque mortuaire. Les sujets mythologiques et bibliques, explorent le plus souvent des figures d’hommes blessés et de femmes fatales en prise avec les doutes et les souffrances de leur histoire. La culpabilité à laquelle notre société judéo-chrétienne nous pousse l’intéresse beaucoup. Pourquoi Ève a-t-elle choisi de prendre la pomme, pourquoi Salomé a-t-elle demandé la tête de Saint-Jean-Baptiste ? Les politiques actuelles ne nous conduisent-elles pas à des comportements contradictoires ? Et pourtant, nous continuons à construire un monde, à élever des enfants parce que nous avons la foi, cette force qui permet de réaliser des projets fous. Coms pratique aussi l’écriture de théâtre et la poésie : ses travaux d’écriture oscillent entre performance, mise en scène et livres d’artiste. On dit que ce n’est pas le spectateur qui regarde les icônes, mais les icônes qui regardent le spectateur. On ne dessine pas une icône d’ailleurs, on l’écrit. Dessin et écriture ne sont qu’un même geste, les visages se parent d’écritures comme d’un voile. Jean Cocteau disait « Je ne suis ni dessinateur ni peintre ; mes dessins sont de l’écriture dénouée et renouée autrement ». Quant à Rothko, il écrivait « sans monstres ni dieux, l’art ne peut figurer un drame ».
À ces recherches visuelles et textuelles s’ajoute les pratiques textiles. Coms explore la finesse du tricot-dentelle et les travaux d’aiguilles. Ces arts de patiente lui permettent de relier ses différents travaux entre eux lors d’installations plastiques et de créer du lien entre les gens.