Michèle & Barbara en terres inconnues

Michèle & Barbara en terres inconnues A trop vouloir aller à l'Est on finit à l'Ouest ...

*FLASH-BACK*----------------------------------------------------------------------------------------Le départ 11/08Après...
30/09/2016

*FLASH-BACK*
----------------------------------------------------------------------------------------

Le départ
11/08

Après une nuit courte et agitée, on retourne à l'accueil de la guesthouse où nous avons rendez-vous pour le départ. La porte s'ouvre sur une fourmilière. Des bagages jonchent le sol, des gens courent partout, enjambent sacs, tongues et touristes endormis. On nous crie "Take of your shoes !", on s'active. ça parle anglais, espagnol, mongol, coréen ... L’atmosphère explosive, nous calme direct, nous ne disons plus un mot. On attend sagement en chaussettes le top départ.

8hoo :
Nous sommes huit à embarquer dans un vieux van russe : le "driver", le guide, un Japonais et 3 Coréens. On est excitée mais un peu stressée. Tony se présente comme notre nouveau "boss", il a 22 ans, il étudie en école d'inger et travaille comme guide depuis 4 ans pour payer ses études. Tony est un nom d'emprunt car son nom est imprononçable dans nos bouches d'étrangers. Il a vécu 2 ans au Canada. Il connait bien la culture occidentale, il est super drôle, flambeur, son anglais est impeccable. C'est un sacré personnage, crâne semi-rasé, tatouages, gourmette clinquante, grosse montre, lunettes de sport, il a un peigne qu'il traîne partout avec lui dans une sacoche. Mais cette caricature vole en éclat quand il enlève ses lunettes ou qu'il rit. Ses yeux débordent de bienveillance et son rire d'enfant est contagieux quand il nous raconte des histoires de nomades.

On accueille une nouvelle passagère, Ondra, une jeune fille de 20 ans qui sera "l'intendante". Elle monte à l'avant, à côté d'Agi, le driver. En chemisette et casquette en tweed, le visage tanné par le soleil, la soixantaine, chauffeur de profession, c'est lui qui conduit "la machine". Il ne parle que quelques mots d'anglais. C'est un homme méticuleux, très professionnel, très humble et ... farceur. C'est le doyen, la figure paternelle que tout le monde apprendra à respecter.

A côté de nous, Domin, qu'on a appelé Dominique tout le long du road-trip. C'est un excentrique de 40 ans, avec des allures d'enfant modèle (bermudas, chemise, coupe au bol), il se présente comme businessman. Nous avons dû mal à l'imaginer en requin des affaires, c'est la générosité même. Un vrai citadin qui n'a aucune notion de camping, qui a la larme à l’œil, dès qu'il aperçoit une jolie fleur, un nuage en forme de cœur ou un coucher de soleil.

A côté de lui, Satoshi, architecte japonais, la 40aine, super réservé. Un intellectuel qui prend des notes de tout, en premier lieu, nos prénoms qu'il finira par connaître l'avant-dernier jour. ^^

En face de nous quatre, Tony et les deux Coréens. On ne peut pas faire plus asiatiques qu'eux ! Tongues et chaussettes, gadgets en tout genre, appareil photo reflex, repose-têtes portatifs. Young et June, frère et sœur, la vingtaine. Young Eum de son vrai nom, est l'aînée. Elle ressemble à une poupée geisha, deux grands yeux noirs, un teint de porcelaine, les pommettes rosées, une bouche incandescente, elle est sublime ! Ses parents l'ont obligé à voyager avec son petit frère qu'elle taquine en le traitant de boulet. Elle adore voyager, elle a vécu 1 an à Londres, elle est bavarde. Son frère, June est plus timide.

Tony reprend le cours de la discussion, il nous dit qu'à partir de maintenant, nous devons oublier notre passé. On doit faire abstraction de notre vie pour pouvoir nous immerger dans l'expérience. "Oublier votre pays, votre langue, votre famille, vos codes sociaux, immergez-vous dans le temps présent, n'essayez pas de vous raccrocher à ce que vous avez connu auparavant, tout est différent ici."

En effet, passé Oulan-bator, la vie n'est plus la même. La nature est omniprésente, l'homme en est le serviteur. On est plongé dans un nouvel espace temps, où l'heure est estimée en fonction du soleil et les distances en temps de chevauchées.

Le RetourAlors tout d'abord, oui, nous avons survécu. C'est la question que vous nous avez le plus demandé à notre retou...
20/09/2016

Le Retour

Alors tout d'abord, oui, nous avons survécu. C'est la question que vous nous avez le plus demandé à notre retour.
Nous sommes rentrées il y a plus de 19 jours, déjà. Le temps a passé vite. A peine les sacs posés, nous nous sommes laissées happer par les obligations de rentrée. Nous avons vite rangé au placard les déguisements de Michèle et Barbara pour reprendre le cours de notre existence. Fini les aventures merveilleuses des deux voyageuses insouciantes pour la découverte de ... Pôle Emploi et l'expérience de redoublant ! Et oui, à la base ce voyage était pour fêter la fin de nos études, de la vie étudiante. On voulait marquer le coup pour notre entrée dans la vie d'adulte avec la maturité, les responsabilités et le job parfait...Vous voyez quoi, c'était une belle idée. Après, on avait pas pensé que les plans A avec nous, ça n'a jamais marché. C'est pourquoi on a mis un peu de temps à reprendre les articles. Maintenant que nous avons commencé à reprendre une vie à peu près convenable, il est temps de vous raconter l'aventure hors-norme que nous avons vécue cet été ...

La chômeuse & le bonnet d'âne ;)

C'est parti pour 20 jours au coeur de la Mongolie, de passage chez les Nomades ... :)
22/08/2016

C'est parti pour 20 jours au coeur de la Mongolie, de passage chez les Nomades ... :)

Jour 22 : Après ces 38 heures de train, nous faisons les adieux avec nos compatriotes, reprenons nos chers sacs à dos, n...
10/08/2016

Jour 22 : Après ces 38 heures de train, nous faisons les adieux avec nos compatriotes, reprenons nos chers sacs à dos, nous voilà arrivées dans... la « capitale la plus moche du monde » (dixit Le Petit Futé, mais, même si ce n'est pas la plus belle des villes que nous ayons vu, nous le trouvons un peu dur..), nous voilà donc arrivées à : Oulan Bator.

Après, une demie-heure de marche de la gare, nous trouvons le centre-ville et élisons domicile dans un Irish Pub pour prendre le petit déjeuner (original !) et trouver un logement. Repues et déterminées, nous allons en direction de notre futur hébergement.. ou plutôt dans la direction opposée... ne trouvant pas notre guesthouse, nous demandons de l'aide à une personne qui nous aide volontiers et s'improvise guide en même temps, une seconde personne se joint à nous, puis une troisième... et s'est ainsi que la chasse à la guesthouse se poursuivit... l'hospitalité ou plutôt l'accueil mongol n'est pas un mythe !
Nous restons quelques jours à la capitale afin de prévoir la suite de notre voyage et découvrir la capitale.
Nous revoyons les français du transsibérien et nous faisons la connaissance d'autres backpackers français, nous ne sommes décidément pas les seules à vouloir découvrir les vastes étendues mongoles.

J20-21La frontièreNos calculs n'étaient pas exacts, il nous reste 26h de droit de séjour sur le territoire russe. Nous s...
10/08/2016

J20-21

La frontière

Nos calculs n'étaient pas exacts, il nous reste 26h de droit de séjour sur le territoire russe. Nous sommes à moins de 300 km de la frontière. Il est 22h, la chef de gare nous explique à coups de google trad que la billetterie ouvre à 8h du mat. Soit dans 10h, soit H-16 ... et que le prochain train part à 21h, soit dans 23h, il nous restera 3h de validité de visa pour faire la route.
Il reste une quarantaine de places, uniquement en 2e classe. Parfait, notre expérience du Transsib sera plus complète, nous qui sommes habituées à la 3e. On est soulagée d'avoir trouver un moyen de transport jusqu'à la frontière. Les taxis sont hors de prix, les bus doivent être réservés deux jours à l'avance et passer la frontière à pied est interdit. On s'apprête à quitter la gare, quand illumination de génie, nous retournons voir la chef de gare pour lui demander combien dure le trajet. La réponse ? 38heures !!!!

On calcule rapidement, en tournant dans tous les sens le calcul, on est face à un dilemme qui s'appelle, la clandestinité. Si chez certain d'entre vous, cela résonne comme un truc un peu fou mais cool, en Russie, ça l'est un peu moins. On décide quand même de prendre ce train, nous n'avons aucune autre alternative. Nous verrons bien à la frontière, on peut peut-être s'en sortir avec un pot de vin, une amende ou ... en courant (on rigole).

H-3 : Nous embarquons dans le train. Nous pensions lui avoir fait des adieux définitifs, mais non, nous y sommes bien de retour.

Les wagons de deuxième sont plus luxueux, il y a un couloir d'où l'on peut observer le paysage, il donne accès à tous les compartiments. Il y en a une dizaine, qu'on peut fermer à clé. Nous avons beaucoup de chance, nous n'avons pas de voisins. Nous avons donc le compartiment pour nous, seules ! Grande, grande joie !!!

Le trajet nous réserve de grandes surprises ... tous les passagers du wagon sont français ! Nous qui n'en avions pas rencontré depuis le début du séjour, nous sommes surprises. Ça fait du bien d'entendre raloter, ça rapelle le pays !! ^^ On découvre qu'ils font tous partis d'un même voyage organisé. Nous partageons nos expériences et très vite le sujet de conversation, tourne autours de la gastronomie russe, on est pas français pour rien ! Ils nous invitent à prendre l'apéro, shot de vodka et amuses-bouches. L'ambiance est super bonne, nous nous delectons de cette atmosphère de colonie de vacances. Nous dormons super bien dans notre compartiment grand luxe !

H0 : félicitation ! Nous sommes des hors-la-lois, des clandestines.

H+13 : arrêt du train, nous voilà à la frontière .. un homme, peut être un douanier vérifie nos passeports, nous regarde droit dans les yeux, puis enfourne nos passeports sans sa poche et s'en va.

Ça s'annonce mal ..

Nous avons interdiction de quitter la gare. Une heure d'attente devant une porte close, un homme vient nous chercher. Un premier semon, suivi d'une première amende, le bal commence. S'en suit une bonne heure de paperasse, la relevée de nos empreintes digitales et pour conclure, photographies de face et de profil. La classe. Re amende (et non ce n'était pas fini) à payer à notre retour en France, sans quoi nous serons interdites de séjour en Russie à vie. Petit sourire du fonctionnaire, il tamponne nos passeports.

Retour dans la légalité. Retour à la partie de belote avec les français. Retour à la vie normale quoi ;)

10/08/2016
J16 : La Perle Bleue de SibérieImpossible de traverser la Sibérie sans passer par le lac Baikal. C'est la plus grande ré...
10/08/2016

J16 : La Perle Bleue de Sibérie

Impossible de traverser la Sibérie sans passer par le lac Baikal. C'est la plus grande réserve d'eau douce du monde.

Checker bus, ferry, train et autres transports relève de l'exploit pour tous ceux qui ne parle pas russe. Nos recherches et réservations faites au préalable en France s'arrêtaient à Irkoustk.Nous passons la soirée à aller de guichet en guichet à la pêche aux informations. Spectacle de mimes, grimaces clownesques, diction théâtrale ... mais aucune certitude sur la véracité des infos obtenues.
C'est le plus usant, la barrière de la langue. Nous ne connaissons que 3 mots de russe et la plupart de la population ne parle pas du tout anglais, même les jeunes. Nous pensons aux étrangers qui reprochent aux Français de se crisper dès qu'il s'agit de parler anglais. Mais les Russes sont champions dans la discipline. Même pour commander un coca-cola, c'est un parcours du combattant. On ne peut plus calculer le nombre de fois où le serveur, l'épicier ou la gérante d'hôtel ont tourné la tête de gauche à droite puis tourné les talons, gênés. Une Russe nous a expliqué bien après qu'ils vivaient dans l'immédiateté et communiquaient essentiellement par les mots et sans les accompagner de gestes, c'était difficile pour beaucoup, d'appréhender la communication autrement que par le verbal ... On ne sait pas trop quoi en penser, mais nous de notre côté on a ressenti ces situations de fuites comme du dénigrement, snobisme ou peur de l'étranger ...

Enfin, passé ces problèmes logistiques, nous embarquons le lendemain matin dans un fourgon avec une quinzaine d'autres backpackers. Ils sont de toutes les nationalités, partis bivouaquer sur l'île d'Olkhon quelques jours, pour se ressourcer, faire des excursions ou observer la faune et la flore spécifique à l'île. Olkhon est célèbre pour ses paysages mais aussi pour la quiétude qui y règne. En effet, elle est l'un des pôles mondiaux de l'énergie shamanique.

Après 6 heures de bus qui nous ont donné le mal de mer, et une traversée en ferry, nous y voilà.

Bluffant.

J14 : Fuller's Irish pubTrempées jusqu'aux os. On court jusqu'au pub. On ouvre la porte, la chaleur ambiante, nous envel...
09/08/2016

J14 : Fuller's Irish pub

Trempées jusqu'aux os. On court jusqu'au pub. On ouvre la porte, la chaleur ambiante, nous enveloppe. Nous-nous debarrassons de nos vêtements. Nos cheveux degoulinent, nous sommes affamées. Les banquettes en cuir forment des espaces intimistes, au dessus de certaines, s'échappe des volutes de fumée. Les shishas man sont dans la place. On commande deux bierres anglaises. Le serveur nous propose des plats mais nous explique que ce sera un peu long le temps pour eux de rouvrir les cuisines, il est 23h. On est trop contente. L'atmosphère qui règne est détendue. Un concert d'ACDC tourne en boucle, une femme drapée d'une robe rouge dessine des arcs de cercle avec ses bras, elle est à contre courant de la musique mais semble flotter entre les tables, c'est beau. D'un bout à l'autre du comptoir, chacun fait sa vie. Le Fuller's prend des allures d'Arche de Noé, on retrouve tous les oiseaux rares des bars. On passe au martini, nos plats arrivent. La pluie bat toujours contre les vitraux, la chaleur de l'alcool irradie nos corps. On se sent bien. Le spectacle continue, deux Russes de hautes carrures arrivent en criant, ils viennent saluer nos voisines. Le premier est énorme, avec des chevalières à chaque doigt. Il porte un costume bleu satin, mais aucun point en commun avec notre Michou national, oubliez tout de suite. Le deuxième est un peu moins impressionnant mais s'impose à coup de vocalise. L'arrivée surprenante de ses deux hommes nous fait rire. Le mauvais temps retient a huit clos tous les clients ... mais de tous, c'est la Marseillaise qui a le plus trinqué !

J 13 - 14 - 15 - 16 : Irkoutsk - L'étape la plus populaire de la ligne Est du Transsibérien. Capitale de la Sibérie orie...
08/08/2016

J 13 - 14 - 15 - 16 : Irkoutsk - L'étape la plus populaire de la ligne Est du Transsibérien. Capitale de la Sibérie orientale, elle se situe à 70km du lac Baïkal.

Un pont.

D'un côté la gare, ses voyageurs, son effervescence, sa ruche de taxis, ses mendiants, ses motels qu'on loue à l'heure ou à la nuit. Un peu plus loin, la banlieue. Des maisons en bois avec des toits en taule, des clôtures gardant jalousement des jardins sauvages, des cabanons, du linge qui sèche, des fils électriques et à côté de tout ça, notre hôtel.

De l'autre côté du fleuve de l'Angara, la grande ville. De nombreuses églises orthodoxes, catholiques ou synagogues ponctuent le paysage et partagent fréquemment le même trottoir. Une promenade le long du fleuve, deux parcs, deux pubs irlandais dont un qui se nomme le Fuller's (mais nous y reviendrons), des statuts de camarades soviétiques, des poneys attelés dans les parcs pour les enfants, mais aussi des chameaux et .. des rennes ! (Oui comme ceux du père noël) un quartier de maisons en bois restauré tel qu'il était au 19e siècle, tout spécialement pour nous, les touristes. Lister comme nous le faisons les éléments d'une ville ne présente aucun intérêt. Mais c'est notre 5e ville Russe et nous n'avons pas grand chose à en dire .. C'est la ville où nous sommes restées le plus longtemps. Nous avons farnienté, familiarisé nos palais à toutes sortes de nouveautés cuminaires, fait du shopping, pris nos habitudes dans un pub irlandais, trinqué, chanté la marseillaise, commenté vos photos de vacances, descendu des litres de limonade sur la terrasse panoramique du centre commercial, fait des rencontres étonnantes, pris des photos avec des chinois. Ils nous ont demandé la permission de poser avec nous alors qu'on marchait dans la rue. Pourquoi ? Le mystère reste entier.

D'ailleurs rien à voir, mais autre mystère ... russe cette fois, le tramway. On l'a vu passer des dizaines de fois, nous avons marché à côté, même couru après. Mais alors on l'a jamais vu s'arrêter ! La taille de nos mollets sera à la hauteur de notre manque de bon sens ...

Les Russes ont pensé à tout, nous ne nous quitterons plus jamais ....
01/08/2016

Les Russes ont pensé à tout, nous ne nous quitterons plus jamais ....

Jour 12: Le trésor de Stolby8h45, nous lâchons le dortoir ambulant pour la terre de Krasnoïarsk. C'est toutes "fraîches"...
30/07/2016

Jour 12: Le trésor de Stolby

8h45, nous lâchons le dortoir ambulant pour la terre de Krasnoïarsk. C'est toutes "fraîches" que nous arrivons devant une petite cantine à la décoration disco. Trop fatiguées pour avoir des préjugés, nous prenons un plateau. Boulgour, viandes en sauce, carottes râpées ... faites votre choix. Il est beaucoup trop tôt pour nous. On pleure le croissant-baguette et on finit par avaler un café en poudre. Nous ne savons pas si un jour, nous serons prêtes pour la Mongolie ! Nous déposons nos sacs à l'hostel. Un jeune homme hyper enjoué, nous accueille en nous appelant par nos prénoms qu'il avait pris soin de mémoriser lors de la réservation. Il nous apprend que nous avons été surclassé ! On le suit, très curieuses de savoir comment on peut être surclassé en auberge de jeunesse ;) ... chambre et salle de bain privative ! Franchement, à cet instant, on ne pouvait pas nous faire de plus beau cadeau ! Il y a eu une contrepartie, à savoir 1h30 de re**rd sur notre programme : deux filles-une salle de bain, une salle de bain-deux filles, si vous faites le calcul, en prenant en compte le contexte, on a été rapide ! (En plus c'était une do**he avec des jets massants !!!). Bref, après cette extase matinale, nous sommes parties pour Stolby, grande réserve naturelle. Les bus locaux, ont le même cachet que ceux du Togo, en espérant qu'ils ne nous amènent dans la brousse, ni dans le décor.. le chauffeur avait une façon très personnelle de prendre les rond-points.

C'est sur le parking des bus, avant la réserve, où nous avons rencontré Trésor. Assis près de l'arrêt, il s'est immédiatement mis en mouvement pour venir à notre rencontre. À croire que nous avions rendez-vous. Il était beau avec ses yeux marrons. Sans un mot, il nous a suivi. Au début, cela nous faisait rire, puis, peu à peu, nous nous inquiétons de savoir d'où il venait. Impossible d'en savoir plus sur lui. Nous décidons de continuer notre chemin et de voir jusqu'où ce trio nous mènerait. Avec le plus grand naturel, nous l'adoptions, il marchait à notre rythme, s'asseyait entre nous lors des pauses. Nous partagions nos vivres avec lui. Si cette rencontre inopportune avait évolué peu à peu ... Il restait cependant un bémol qui nous embarrassait beaucoup. Trésor était mal éduqué. Il soulevait les jupes longues des dames, se penchait sur les landaus pour lécher les bambins, faisait fuir les écureuils du parc que les parents avaient plaisir à montrer à leurs enfants. Nous étions très mal vus, les promeneurs nous jetaient des regards désapprobateurs, des voitures de gardes forestiers se sont arrêtées pour nous sermonner en russe. Comme Trésor s'était éloigné, nous essayâmes de faire comprendre à ses messieurs que nous ne nous connaissions pas, mais avant d'avoir pu allumer une lueur de compréhension dans les yeux des gardiens, Trésor revenait vers nous en courant pour nous sauter dans les bras...Nous nous fîmes gravement disputer. Mais le charme de Trésor nous empêchait de lui exprimer la moindre remontrance. Et si nous devions nous faire mal voir pendant ces six heures de marche, nous étions prêtes à l'accepter. Son panache nous a permis de gravir dans la bonne humeur la plus grande montagne de la réserve. Nous réfléchissions à toutes les solutions possibles pour le garder avec nous. De nombreux problèmes se posaient, le voyage restant en Transsibérien, les hostels qui ne l'auraient pas accepter, son hygiène, les nomades mongols qui risquaient de vouloir en faire leur dîner. L'argument qui nous fit renoncer à tout espoir de le garder, était le passage à la frontière, il n'avait pas de papiers.

Nous jouissions alors du temps présent sans chercher à savoir quel tournant prendrait cet amour naissant. Après des heures de marche, nous nous retrouvions avec Trésor au sommet du monde.

Deux heures de marche ont été nécessaires pour descendre de la montagne rocheuse. Dégrisées par la baisse d'altitude, nous fîmes nos adieux à Trésor quand le contrôleur de bus nous montra le logo : interdit au chien.

Dans la nuit de J11 à J12 : Clair de lune(13h de Transsibérien)Les rayons de soleil tirent leur révérence. La lumière se...
29/07/2016

Dans la nuit de J11 à J12 : Clair de lune
(13h de Transsibérien)

Les rayons de soleil tirent leur révérence. La lumière se fait plus envoutante, ocre et rosée, elle annonce à tous, la fin d'une journée d'été. Nous grimpons pour la troisième fois dans le train. Ce voyage s'apprête cependant à être différent, nous ne dormirons pas dans le même lit superposé. Je vous demande immédiatement d'enlever votre petit sourire narquois nous traitant de vieux couple. Je voudrais vous y voir, vous, devoir grimper sur un étranger pour pouvoir se coucher (c'est une image !!).

Nous nous installons à nos places respectives en priant pour que le dieu du Transsibérien (la provodnitsa) ne nous ait pas refourguer un Russe trop ... disons rustre ? Finalement après ces invocations, nous avons rencontré nos nouveaux compagnons de voyage. Ce sera une dame d'un certain âge pour la première et une jeune fille pour la deuxième. On essuie la sueur qui a coulé de nos tempes, on s'en sort bien !

La dame ne parle pas un mot d'anglais, mais la chaleur de son regard en dit beaucoup. Timidement, je dis deux, trois mots de Russe puis, lui fait lire quelques phrases de notre guide de conversation. Elle sourit et me prend la main dans les siennes. Elle me fait signe de regarder le coucher de soleil. J'aurai su parler Russe, j'aurai dis des phrases du genre "c'est magnifique", "quelle splendeur", puis aurais posé des questions pour chiffrer sa vie en données numériques : quel âge avez-vous ? Avez-vous des enfants ? Combien ? Où vivent-ils ? ... Mais là, je n'avais aucun échappatoire langagier dans lequel me jeter. Ne parlant pas le Russe j'étais comme muette, il n'y avait qu'elle, moi devant l'au revoir de l'astre céleste. C'était presque intimidant cette authenticité.

De l'autre côté du wagon, c'était plus festif, Michèle était en pleine conversation avec la jeune fille. Elle parlait anglais couramment !!!!! Incroyable, c'était la première que nous rencontrions en une semaine ! Quelles études faisait-elle ? Pour devenir traductrice, pardis ! Michèle profita de de cette opportunité pour en savoir plus sur le système d'éducation russe, la politique, la manière de vivre etc, enfin un vrai échange (!!) et ce, jusqu'à l'extinction des feux. Notre population d'inconnus prend peu à peu des airs de famille. La pyjama party peut commencer. Les enfants font la queue pour se laver les dents, les mères rangent le dîner puis créent à l'aide de couvertures un rempart pour éviter aux plus jeunes de tomber de leur lit.

A partir de ce moment, seules des « veilleuses » restent allumées. Et c'est donc discrètement qu'un russe d'une trentaine d'années profita de cette ambiance tamisée pour venir s'asseoir à côté de Michèle et sa voisine : Christine. Cette dernière servit de traductrice afin que Michèle puisse répondre au curieux russe. Ruslan proposa de la bière fait-maison par un de ses amis... Michèle : « Mais ce n'est pas interdit ? », Ruslan rigole gêné et rétorqua « Si le provodnista ne le voit pas, non » ahh.. bon bah allez, un peti...*pas le temps de le dire que le quart était déjà rempli* grand verre donc, accompagné de gâteaux apéritifs à base de poisson séché... Muuhh.. Après cet apéritif improvisé du côté de Michèle, le calme s'est répandu dans le wagon. Le Clair de lune laisse entrevoir le visage de tous ces hommes, ces femmes, ces enfants, de tous les âges. Ils racontent une histoire différente, une culture différente, une classe sociale différente. C'est la magie du Transsibérien. Ce soir, tous ces visages sont les mêmes, chacun ayant trouvé la paix dans un sommeil bien mérité.

Adresse

Caen
14000

Site Web

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Michèle & Barbara en terres inconnues publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L'entreprise

Envoyer un message à Michèle & Barbara en terres inconnues:

Partager