19/05/2026
🚨 Avertissement : les images peuvent choquer🚨Je parle souvent de mon corps comme d’une carcasse que je me trimballe. Jamais assez, toujours trop. Entre les carcans et les rêves, il reste comme l’immense déception d’un corps qui ne changera vraiment jamais pourtant. Il va même se dégrader alors que mon expérience m’apporte enfin la sérénité, comme deux trajectoires qui ne se rencontreront jamais. J’aurais aimé être un garçon fille ou une fille garçon. Ne pas avoir à choisir entre l’une et l’autre. Poser sur mon espace corporel les vêtements que je veux sans souffrir du rire et des insultes des autres quand ce n’est pas la violence des coups qui envahissent ma petite sphère.
Cet été j’irai faire une greffe de cheveux. Redessiner la ligne d’un visage masculin pour en effacer les traces, avec cette peur que tout soit raté comme l’image que j’ai de moi. Je laisserai encore une fois mon corps souffrir et saigner. Ça fait 46 ans que c’est déjà le cas, alors bon. Je serai peut-être déçue ou heureuse. Avant de chercher quoi d’autre modifier : mon nez, mes joues tombantes, mes yeux creux ? Je me demande juste parfois pourquoi je m’impose tout cela. Dans quelques années, il ne restera rien de moi et j’aurais vécu une vaine quête, entre émancipation et conformisme. Peut-être je serai vraiment heureuse avec moi-même, même juste une soirée, après les anesthésies et les comprimés, entre les corsets et les perruques, sous trois tonnes de maquillages, ou un matin, les cheveux en vrac, les cernes sous les yeux qui ont trop pleuré, dans une de ces nuisettes toujours trop petite pour mon mètre 87.