09/06/2026
Qu’est-ce que « le trac » ?
Le trac
Derrière le rideau, quelques secondes avant l’entrée en scène, le temps semble parfois suspendu. Les artistes attendent leur tour, concentrés, silencieux ou fébriles. Certains jettent un dernier regard vers la salle, d’autres écoutent les premiers applaudissements ou les murmures du public. C’est dans cet instant particulier que naît souvent ce que les gens de théâtre appellent depuis longtemps : le trac.
L’expression n’est pas nouvelle. Dès le 19ᵉ siècle, les dictionnaires d’argot et les ouvrages consacrés au théâtre évoquent déjà ce sentiment mêlant peur, émotion et appréhension. On disait alors indifféremment avoir « le trac », « le taff » ou même « le taffetas ». Ces termes désignaient cette angoisse qui saisit parfois les artistes avant d’entrer en scène, qu’il s’agisse d’une première représentation, d’un rôle particulièrement difficile ou de la crainte de ne pas être à la hauteur d’un prédécesseur ayant connu un grand succès.
Loin d’être réservé aux débutants, le trac accompagne souvent les artistes les plus expérimentés. Nombre de comédiens, chanteurs ou musiciens ont raconté qu’ils continuaient à le ressentir après des années de carrière.
Pour beaucoup, cette émotion est même le signe que le spectacle compte encore, que la rencontre avec le public reste un moment unique et jamais totalement maîtrisé.
Aujourd’hui encore, malgré les évolutions du spectacle vivant, le trac demeure un compagnon fidèle de nombreux artistes.
Et peut-être est-ce justement cette petite part d’incertitude qui rend chaque représentation différente de la précédente, et chaque lever de rideau toujours aussi magique.
Illustration : Dans les coulisses, Laura Knight (1877-1970).