Biarritz Poésie

Biarritz Poésie Dispositif d'insertion poétique urbaine, en réponse à l'appel à participation citoyenne lancé par la ville de Biarritz.

On parle de Biarritz Poésie sur le nouveau JunkPage (p24).« BIARRITZ POÉSIE « J’ai pour moi les vents, les astres et la...
02/06/2021

On parle de Biarritz Poésie sur le nouveau JunkPage (p24).

« BIARRITZ POÉSIE « J’ai pour moi les vents, les astres et la mer » telle est la devise de la ville ; avec la création de ce parcours poétique, on peut maintenant y ajouter la poésie.LE SECRET A TOUJOURS LA FORMED’UNE OREILLEUne ville est un imaginaire et cet imaginaire a sa langue, composée
de multiples sources venues de l’intérieur comme de l’extérieur, de l’ici comme de l’ailleurs. Entrer dans sa matière, c’est faire l’expérience de ce mélange, être à l’écoute de cette chambre d’échos et interroger la littérature qui en découle.Biarritz n’a jamais cessé de s’ouvrir aux influences extérieures et de s’en servir pour fortifier son ancrage et sa singularité. La liste est longue des personnalités du monde de l’art et de la culture qui ont noué une relation forte avec cette ville et contribué à sa renommée. Dans le cadre du dispositif de participation initié par la Municipalité de Biarritz pour recueillir des propositions d’aménagements urbains imaginées par des Biarrots, Mélanie Cessiecq-Duprat, directricedes éditions Exopotamie, a proposé un parcours poétique ponctué
par des citations d’écrivains et d’artistes qui ont eu un lien attesté avec cette ville. Biarritz Poésie a été retenu et sa mise en place
est effective depuis l’automne. Désormais, les mots de Victor
Hugo, Sarah Bernhardt, Gina Pane, Jean Cocteau, Claude Debussy, Madeleine Vionnet, Marguerite Duras, Manex Erdozaintzi-Etxart, Louis Guillaume et Romy Schneider apparaissent étroitement associés à des lieux emblématiques de la cité.Chaque phrase apporte ainsi sa respiration, déroule la couleur
de son secret qui, selon Jean Cocteau, « a toujours la forme d’une oreille », aiguillonne le regard et l’esprit, et révèle autrement
tout ce qui l’entoure. La poésie devient le principe actif d’une déambulation où la ville se découvre sous de nouveaux éclairages et donne à son histoire des résonances particulièrement amples et vivifiantes.
Didier Arnaudet
Un livret est gratuitement disponible à la Mairie et l’Office de tourisme contenant des informations biographiques et historiques sur chacune des citations regroupées dans un plan qui répertorie tous les lieux où elles sont intégrées,
en suggérant un parcours possible. www.biarritz.fr/culture-/-kultura/balades-historiques/biarritz-poesie »

https://www.junkpage.fr/wp-content/uploads/2021/05/JUNKPAGE82-WEB-1.pdf

Des nouvelles du parcours   sur le site de Biarritz Tourisme.https://tourisme.biarritz.fr/sites/default/files/nouveautes...
18/05/2021

Des nouvelles du parcours sur le site de Biarritz Tourisme.
https://tourisme.biarritz.fr/sites/default/files/nouveautes_biarritz_tourisme_2021.pdf

10 – "L’envie est plus forte que la peur."Romy SchneiderRomy Schneider, de son vrai nom Rosemarie Magdalena Albach-Retty...
12/02/2021

10 – "L’envie est plus forte que la peur."
Romy Schneider

Romy Schneider, de son vrai nom Rosemarie Magdalena Albach-Retty, est née en 1938 à Vienne, en Autriche, et morte en 1982 à Paris. Actrice allemande naturalisée française, elle fut l’une des plus grandes icônes du cinéma du XXe siècle, et incarna avec talent la femme moderne.

À sa naissance, Wolf Albach-Retty et Magda Schneider, tous deux acteurs, choisissent d’appeler leur fille Rosemarie ; une contraction des deux prénoms de ses grands-mères : Rosa et Maria. Lorsque la guerre arrive, la famille doit quitter Vienne et part s’installer dans un petit village situé dans les Alpes bavaroises où Romy Schneider passera toute son enfance. Ses parents se séparent lorsqu’elle a un peu plus de 4 ans et son frère 2 ans.

Après des études dans une institution catholique, elle entre à 15 ans à l'École des Beaux-arts de Cologne. La même année, le producteur Kurt Ulrich avec qui travaille sa mère comme actrice, la choisit pour interpréter l’un des rôles principaux dans Lilas Blanc. Le film connaît un franc succès et lui permet d’accéder peu après au rôle de Sissi – l’Impératrice Elisabeth d'Autriche – dans une trilogie de films qui la rend aussitôt célèbre.

En 1959, Romy Schneider se fiance avec Alain Delon et le suit à Paris où ils vivront cinq années tumultueuses. À cette époque, il lui présente Luchino Visconti qui donne un nouvel élan à sa carrière en lui offrant un rôle au théâtre dans un drame de John Ford (l’auteur anglais) : Dommage qu'elle soit une pu**in (1961). La pièce traite d’un amour incestueux entre Giovanni et sa sœur Annabella, et c’est Alain Delon qui interprète le personnage du frère.

Sa relation avec l’acteur se termine en 1963, et celle que les producteurs américains surnomment désormais « La petite fiancée du monde » entame dès lors une carrière à Hollywood avec plusieurs rôles importants dont celui dans Le Procès d'Orson Welles, pour lequel elle obtient son premier prix ; l'Étoile de Cristal de l'Académie du cinéma. De retour en Europe, elle épouse l'acteur et metteur en scène berlinois Harry Meyen dont elle aura un fils : David Christopher, qui décèdera accidentellement à l’âge de 14 ans, après avoir tenté d’escalader la grille d’un portail.

Mais pour l’heure, Romy Schneider veut profiter de sa maternité et passe donc deux ans à l’écart de la vie publique avant de revenir à l’écran à la demande d’Alain Delon pour jouer à ses côtés dans La Piscine, de Jacques Deray. Le film, encensé par la critique, est un véritable triomphe. Elle enchaîne ensuite les tournages, dirigée par les plus grands réalisateurs de l'époque comme Claude Sautet qui en fait son égérie à travers plusieurs films dont Les Choses de la vie qui connaît un succès unanime, la plaçant au sommet de sa gloire. Elle obtient un premier César de la Meilleure actrice en 1976 pour L'important c'est d'aimer, d'Andrzej Żuławski, et un second en 1979 pour Une histoire simple, de Claude Sautet.

Après plusieurs évènements qui vont bouleverser sa vie privée – son divorce et un nouveau mariage, une fausse couche, le décès de son fils, le su***de de son premier mari et la naissance prématurée de sa fille – Romy Schneider est retrouvée morte à l’âge de 43 ans dans son appartement. Malgré la présence d’alcool et de médicaments sur les lieux, personne ne saura affirmer s’il s’agit d’un su***de, d’un accident ou d’un simple arrêt cardiaque.

Au cours de sa carrière, Romy Schneider s’est rendue au moins deux fois à Biarritz, lors du tournage du film Le Vieux Fusil (en 1975) avec Philippe Noiret, et celui de La Banquière (en 1980) pour lequel elle a séjourné à l’Hôtel du Palais. Son nom a d’ailleurs été attribué à l’une des suites de l’établissement, décorée dans un style romantique du Second Empire, et offrant une vue privilégiée sur l’océan.

Connue pour être particulièrement en proie au trac, elle avait fait sienne cette devise qu’elle se répétait avant de monter sur scène : « L’envie est plus forte que la peur. »

Article paru hier dans le journal Sud-Ouest."Les vacances peuvent être l'occasion de redécouvrir le Parcours poétique de...
12/02/2021

Article paru hier dans le journal Sud-Ouest.

"Les vacances peuvent être l'occasion de redécouvrir le Parcours poétique de Biarritz. Un dispositif mis en place à la veille du second confinement et passé quasi inaperçu.

Une chasse aux jolis mots dans Biarritz ? Ces vacances de février 2021 peuvent être l’occasion de découvrir (entre deux averses) le Parcours poétique imaginé dans la ville. Il est l’un des ultimes projets du premier budget participatif, lauréat en 2019, à voir le jour. Il a été finalisé fin octobre, juste avant le second confinement. De quoi valoir à cette fine idée de passer quasi inaperçue.

Un lien avec Biarritz
Le projet comportait deux parties. La première consistait à apposer une dizaine de citations d’écrivains, poètes, cinéastes, musiciens ou encore plasticiens sur le sol, les murs ou tout autre élément urbain. Toutes ces personnalités devaient avoir de près ou de loin un lien avec Biarritz.

Un livret avec un plan
Dans un second temps, il s'agissait d'éditer un livret avec un plan permettant de partir à la chasse aux citations et une biographie de chaque auteur choisi.

Ce livret de 9 pages est disponible à l’accueil de la mairie. Il peut être téléchargé sur le site de la Ville à la rubrique "Biarritz poésie" (https://ville.biarritz.fr/fileadmin/user_upload/biarritz/Ville/telechargements/CULTURE/BALADE/Biarritz_Poesie_Livret_11.pdf).

Une page Facebook du même nom a été créée (https://www.facebook.com/BiarritzPoesie/).

Le dispositif est aussi mis en valeur sur Instagram (https://www.instagram.com/biarritzpoesie/).

https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/biarritz/biarritz-a-la-chasse-aux-citations-poetiques-dans-la-ville-1281008.php?fbclid=IwAR0kRm8tKGNSHstZsZV5BeVRpk_qbscCERJK_6IXkL-ys4RmuBeU58PvXnI

Les vacances peuvent être l'occasion de redécouvrir le Parcours poétique de Biarritz. Un dispositif mis en place à la veille du second confinement et passé quasi inaperçu

9 – "Où la voix dira le mot, la vie recommencera."Louis Guillaume Louis Guillaume, né en 1907 à Paris et mort en 1971 à ...
27/01/2021

9 – "Où la voix dira le mot, la vie recommencera."
Louis Guillaume

Louis Guillaume, né en 1907 à Paris et mort en 1971 à Biarritz, est un écrivain et poète français dont le nom a été attribué peu après sa mort (en 1973), au prix décerné chaque année à un auteur contemporain de poésie en prose.

Il passe le début de son enfance chez sa grand-mère maternelle sur l’île de Bréhat, en Bretagne. Sur cette terre des Côtes-d’armor à la végétation luxuriante, il vit l’une des périodes les plus heureuses de sa vie. De ce paradis perdu, il gardera un souvenir idéalisé qui inspirera plusieurs de ses écrits.

À la fin ses études, il s’installe à Créteil où il devient instituteur, entamant ainsi une longue carrière dans l’Enseignement qui le mènera ensuite à Charenton pour y être professeur de lettres, puis à Paris où il occupera un poste de directeur de collège jusqu’à sa retraite.

Il publie son premier recueil de poèmes à l’âge de 21 ans : Sônes d’Armor (Éd. Gloria, 1928), mais son œuvre est surtout reconnue à partir de 1947 avec Pleine absence. S’ensuivent une multitude de recueils et quelques romans aux titres particulièrement inspirés parmi lesquels on peut citer :

Noir comme la mer (Les Lettres, 1951), Étrange Forêt (Les Lettres, 1954), La Feuille et l’épine (Les Amis de Rochefort, 1956), La nuit parle (Subervie, 1961), Fortune de vent (José Corti, 1964), Lux (La Presse à Poèmes, 1968), et surtout Agenda (Subervie, 1970), qui se révèle dès sa sortie comme son chef-d’œuvre.

Dans ce livre lumineux et particulièrement habité, Louis Guillaume s’imposa de retranscrire chaque matin, et cela pendant cent quatre-vingt-sept jours consécutifs, des vers dont on pourrait croire qu’ils furent tout droit sortis d’une révélation nocturne, délivrant des vérités d’une surprenante clarté.

Ce « déraisonnable sage » comme il se qualifiait lui-même, est l’auteur d’un univers mystérieux, fait de douceur et d’intensité qui, par une contemplation obstinée des êtres et des choses, amène ses écrits vers une démarche tenant, selon l’écrivain et poète Jean Rousselot, « moins de l’invention que de la médiumnité ». Poète d’un silence songeur auquel se mêle la mouvance imprévisible des éléments, « Louis Guillaume est une île habitant la brume et le sel du mystère et des symboles », comme l’affirmera avec justesse le philosophe Gaston Bachelard.

Parallèlement à son œuvre poétique, il rédige un long Journal commencé en 1935, composé de 47 cahiers. Il le tiendra assidument jusqu’à la fin de sa vie, sans un seul jour d’interruption.

En 1962, il prend sa retraite et s’installe à Biarritz où il se consacre entièrement à son œuvre qui atteint alors toute son ampleur. Au regard des écrits produits durant cette période, on peut facilement faire le lien entre le cadre environnant et le contenu de ses textes qui évoque régulièrement les forces de la nature comme la mer ou le vent. Il est probable qu’il ait retrouvé dans Biarritz un peu du paradis breton qui avait illuminé la première partie de son enfance.

Considéré en France comme l’un des « pères » de la poésie en prose, l’association des Amis de Louis Guillaume décerne chaque année le Prix Louis Guillaume à un recueil présentant des caractères définis par le poète lui-même, comme l’autonomie : « un tout organique, une cristallisation, un morceau de prose autonome », la gratuité : qui n’a « aucune fin, pas plus narrative que démonstrative, et qui n’est ni une anecdote, ni un conte, ni une histoire, ni une fable », et la brièveté : « d’une grande économie de moyens. »

La citation choisie ici vient d’un poème paru dans Agenda ; il s’intitule Incertitude et a été écrit peu avant sa mort :

« Incertitude. Où la voix dira le mot, la vie recommencera. Pour l’instant rien qu’une attente. Un désir qui n’ose s’avouer désir. Une aube oublieuse de la nuit mais qui doute du jour. Tout pourrait rester ainsi entre rêve et sang, souffle et pierre. N’avoir qu’une conscience, l’angoisse. N’être qu’un remous de néant. Mais, la parole enfin gorgée de silence, voici que sur le fond blême du matin se lève un soleil sûr de sa fin. »

8 – "Izadian eta Gizadian – Ixiltasunean bezala elhean – Bihotzek elgarri" ("Dans la nature et dans l'humanité – Comme l...
06/01/2021

8 – "Izadian eta Gizadian – Ixiltasunean bezala elhean – Bihotzek elgarri" ("Dans la nature et dans l'humanité – Comme le silence dans le silence – Les cœurs sont nourris").
Manex Erdozaintzi-Etxart


Manex Erdozaintzi-Etxart, né en 1934 à Ibarrolle, et mort en 1984 à Toulouse, est l'un des écrivains et poètes les plus importants de la littérature basque du XXe siècle. Il fut également moine franciscain et membre de l'Euskaltzaindia (l’Académie de langue basque).

Né de parents agriculteurs vivant en Basse-Navarre – dans le Pays Basque Nord –, son enfance est marquée par les valeurs de la famille, son rapport à la terre et à la nature. Ces expériences influencent fortement son œuvre poétique dont le style emprunte très tôt un caractère naturaliste.

Il entre au séminaire franciscain de Saint-Palais à l'âge de 8 ans, puis fréquente celui de Brive-la-Gaillarde pendant cinq années avant de poursuivre de longues études en philosophie, théologie et psychosociologie entre Béziers, Pau et Paris.

De retour en Amikuze (nom basque de l’ancien territoire de Mixe qui désignait la province de Basse-Navarre), il découvre un peuple qu’il juge en déclin. Poussé par l’envie d’impulser un nouvel élan à la culture et à la langue basques, et le désir de « redonner de la dignité et de l’identité aux gens simples » de son peuple, il s’engage en faveur des droits culturels, sociaux et politiques, en s'impliquant activement dans des associations comme Seaska (Ikastola au Pays basque français), mais aussi aux côtés d’Amnesty International ou du Comité de soutien aux réfugiés qui fuient le franquisme.

Sous son influence, le couvent des franciscains de Saint-Palais dont il acquiert la charge, devient un véritable centre de formation culturelle, notamment par le biais de sa précieuse bibliothèque qui constitue aujourd’hui plus de 4500 documents en euskara, français ou espagnol, sur des sujets très variés : littérature, histoire, langues, société, philosophie, religion, agriculture, art, etc.

Comme l’affirme Lurdes Otaegi Imaz – une philologue et professeure de théorie de la littérature basque –, « par ses multiples articles, ses interventions, ses relations des deux côtés de la frontière, ses conseils aux jeunes auteurs et aux acteurs culturels, il a été le prophète annonciateur de la nouvelle vague culturelle des années 70-80 (…), et son œuvre poétique est la manifestation d'une personnalité qui ressent dans sa chair l'urgence, l'angoisse d'une culture en régression et l'exprime dans un langage clair, émotif et direct. »

On trouve dans son œuvre trois grandes parties principales : des poèmes naturalistes, des écrits humanistes et des textes socio-militants. De son vivant, il ne publie pourtant que deux livres : un roman : Gauaren atzekaldean (De l’autre côté de la nuit, éd. Elkar, 1982) et un recueil de poésie : Hinki hanka (De travers, éd. Elkar, 1978). Il écrit en revanche de nombreux articles qui paraissent dans des r***es et journaux tels que Egan, Euzko Gogoa, Gure Herria, Jakin, Elgar, Gazte, Herria, Olerti.

La r***e Euzko Gogoa (Esprit basque), est fondée en 1949 depuis le Guatemala par l'écrivain exilé Jokin Zaitegi, avec l’aide des auteurs Orixe et Andima Ibinagabeitia. À partir de 1956, elle est rapatriée à Biarritz où elle sera éditée jusqu’en 1959. On y trouve des textes de littérature, de musique, de linguistique ou de sociologie, et des traductions basques d'auteurs anciens comme Sophocle, Horace ou Virgile. Parmi ses contributeurs, on compte de nombreux auteurs illustres dont Manex Erdozaintzi-Etxart.

La citation « Izadian eta Gizadian – Ixiltasunean bezala elhean – Bihotzek elgarri » (« Dans la nature et dans l'humanité – Comme le silence dans le silence – Les cœurs sont nourris »), est tirée d’un poème intitulé Hogeitabortzgarren orrendo meditazionea (Méditation de la troisième heure), qui incarne assez fidèlement l’atmosphère et les idées véhiculées par les textes de Manex Erdozaintzi-Etxart dont le caractère philosophique et souvent contemplatif pousse à questionner notre rapport au monde.

7 – "S’il n’y avait ni la mer ni l'amour, personne n'écrirait des livres" – Marguerite Duras Marguerite Duras est le nom...
04/01/2021

7 – "S’il n’y avait ni la mer ni l'amour, personne n'écrirait des livres" – Marguerite Duras


Marguerite Duras est le nom de plume de Marguerite Donnadieu, née en 1914 à Gia Định (près de Saïgon), et morte en 1996 à Paris. Elle est l’une des plus célèbres écrivaines françaises, et fut également une talentueuse dramaturge, scénariste et réalisatrice.

Après une enfance passée au Viet-Nam où elle obtient son baccalauréat, elle arrive en France l’année de ses 18 ans pour y poursuivre ses études. Elle obtient un diplôme de sciences politiques et trouve un emploi de secrétaire au ministère des Colonies.

En 1939, elle épouse le futur écrivain et résistant Robert Anselme, avec qui elle aura un garçon qui décède à la naissance. Elle ne se remettra jamais complètement de cette perte. Devenue secrétaire générale du Comité d’organisation du livre, Marguerite se met alors à écrire et publie son premier roman : Les Impudents, qu’elle signe du nom de Duras, en hommage au village où se trouve la maison paternelle.

Avec son mari et un groupe d’intellectuels dont l’un deviendra plus t**d son second mari : Dionys Mascolo, elle entre dans la résistance. Elle s’engagera plusieurs fois dans de grandes causes comme le communisme, le féminisme, la lutte contre la guerre d'Algérie ou celle pour l'avortement.

En 1944, elle publie son deuxième roman : La vie tranquille, mais c’est surtout en 1950 qu’elle est révélée au grand public avec un texte d'inspiration autobiographique : Un barrage contre le Pacifique. Associée d’abord au mouvement littéraire du Nouveau Roman, elle se distingue ensuite grâce à sa voix singulière qui manie la déstructuration des phrases, des personnages, de l'action et du temps, et ses thèmes récurrents comme l'attente, l'amour, la sensualité féminine, la douleur ou l'alcool.

Elle rencontre un succès mondial avec L’Amant, prix Goncourt en 1984, qui est une autofiction sur les expériences sexuelles et amoureuses de son adolescence dans l'Indochine des années 30. Elle écrit aussi pour le théâtre et le cinéma, souvent des adaptations de ses propres romans. En 1959, sa rédaction du scénario et des dialogues du film Hiroshima mon amour réalisé par Alain Resnais, lui apporte une nomination pour l'Oscar du meilleur scénario original à la 33e cérémonie de l’Académie.

Onze ans après sa mort (en 2007), on découvre un texte inédit : Caprice, identifié par l’écrivain Dominique Noguez comme écrit par Marguerite Duras pendant la guerre, probablement à titre « alimentaire », comme elle affirmera l’avoir fait à plusieurs reprises. Caprice fut publié anonymement en 1944 aux Editions Nicéa, dans la collection Visages de femmes, une série de romans sentimentaux non signés par leurs auteurs. Présenté comme un roman de gare, ce texte n'en est pas moins intéressant car on y reconnaît son style, sa ferveur et sa voix si particulière.

L’histoire se déroule à Biarritz où un jeune couple fraîchement marié arrive pour passer des vacances. Alors que son mari part en promenade, la femme s’installe sur la plage où elle rencontre un jeune homme dont la vue du corps sortant de l’eau lui cause un certain trouble. Elle le revoit quelques jours plus t**d à la foire, puis de retour à Paris, le croise à nouveau avec la même émotion. Lorsque son mari s'absente une semaine, elle ne peut s'empêcher de retrouver celui qui hante encore ses pensées et qui devient alors son amant. Mais quand l’homme de la plage repart pour Biarritz, elle se demande comment elle pourra reprendre sa vie auprès de son mari. Pourtant, lorsque ce dernier la serre dans ses bras à son retour, « Elle pense qu'elle pourra rester avec lui, qu'elle est maintenant en règle avec la vie. »

La citation choisie ici : « S’il n’y avait ni la mer ni l’amour, personne n’écrirait des livres », est donc une allusion à cette anecdote qui permet d’en déduire que Marguerite Duras a pu séjourner à Biarritz avant d’écrire ce livre. Mais ces mots contiennent aussi une dimension poétique où le romantisme est au cœur de ce qui sonne ici comme une vérité faussement naïve, plaçant la nature et l’amour comme sources d’inspiration indispensables à l’écriture.

Portrait de Madeleine Vionnet, l'une des plus grandes couturières de l'histoire de la mode, qui ouvrit une boutique à Bi...
22/12/2020

Portrait de Madeleine Vionnet, l'une des plus grandes couturières de l'histoire de la mode, qui ouvrit une boutique à Biarritz en 1918.

Peu connue du grand public, Madeleine Vionnet est pourtant l’une des couturières les plus importantes de l’histoire de la mode.

6 – "Il faut toujours se dépasser pour s’atteindre."  Madeleine VionnetMadeleine Vionnet, née Marie Madeleine Valentine ...
22/12/2020

6 – "Il faut toujours se dépasser pour s’atteindre."
Madeleine Vionnet

Madeleine Vionnet, née Marie Madeleine Valentine Vionnet, a vu le jour en 1876 à Chilleurs-aux-Bois, et s’est éteinte en 1975 à Paris. Elle est l’une des plus grandes couturières françaises, dont les idées et les méthodes ont révolutionné le monde de la mode. En proposant des créations qui ont permis une profonde métamorphose de l’esthétique et du statut du corps féminin, elle a également participé à l’émancipation des femmes.

Issue d’une famille modeste, elle est une enfant brillante, mais ses parents l’enlèvent de l’école à 12 ans pour l’envoyer apprendre la couture chez une voisine. Deux ans plus t**d, elle s’installe à Paris et entre comme apprentie chez le couturier Vincent, rue de la Paix.

Mariée à 18 ans, elle donne naissance à une fille qui décède peu après. La douleur de ce deuil la conduit à divorcer rapidement et à partir pour l’Angleterre où elle travaille d’abord comme lingère. À 20 ans, elle est engagée dans une maison de couture londonienne où elle perfectionne son apprentissage. De retour à Paris cinq ans plus t**d, elle entre chez les sœurs Callot, l’une des plus prestigieuses maisons de l’époque.

En 1906, le couturier Jacques Doucet lui confie pour mission de donner un nouveau souffle à sa maison. Mais lorsqu’elle propose aux mannequins de marcher pieds nus et vêtues de robes aériennes portées à même la peau (sans l’incontournable corset), elle se heurte aux réticences de l’époque, et doit se résoudre à garder ses idées pour elle.

Elle ouvre sa première maison de couture en 1912, rue de Rivoli. Malgré les honneurs que lui attire ce lieu qui se fait vite une réputation, la guerre la contraint à fermer à peine deux ans plus t**d. C’est surtout lors de sa réouverture, en 1918, qu’elle connaîtra le véritable succès.

Fascinée par la Grèce antique, les performances de la danseuse Isadora Duncan et la vague d'orientalisme qui souffle sur l’Europe, Madeleine Vionnet élabore un style novateur, basé sur des lignes fluides et épurées. Elle travaille la coupe de biais, inédite à l'époque, et réinvente l’art du drapé en réduisant les coutures et les attaches. Partant de formes géométriques, elle conçoit des tenues qui épousent parfaitement les formes et mettent en valeur les corps. Elle exploite aussi sa passion des fleurs à travers des jupes corolles, des roses amassées sur des bandeaux, des colliers ou des guirlandes, ou parsemées sur des capes ou des cols. Elle conçoit tous ses prototypes en modèles réduits sur un petit mannequin de bois.

En 1922, elle ouvre une boutique à Biarritz avec un salon de présentation au Grand Casino, rejoignant ainsi Coco Chanel déjà installée depuis 1915, et d’autres grands noms de la mode. Au cœur de ce vent d’euphorie des années folles, la cité compte jusqu'à vingt-cinq maisons de haute couture. Mais après la Seconde Guerre mondiale, la ville perd de son attrait et la vie mondaine se déplace alors vers la Côte d'Azur.

En avance sur son temps, Madeleine Vionnet a adopté des idées et des engagements qu’on qualifierait aujourd’hui de féministes, n’hésitant pas à tout quitter – mari, travail et pays – pour se former à l’étranger lorsqu’elle a éprouvé le besoin de se reconstruire. Dans son travail, elle a pris des mesures concrètes pour protéger ses créations par un système de copyright qui fait toujours référence (elle appose sa griffe, un numéro de série et son empreinte digitale sur chaque modèle). Elle a aussi mis en place des avantages sociaux inédits pour ses employées (congés payés, soins médicaux, cantine, crèche, et même une bibliothèque).

Vers la fin de sa vie, elle déclara par écrit : « L'important, c'est d'arriver à vivre et à travailler tel que l'on est, en pleine vérité, en somme à s'imposer, mais il faut qu'il y ait en soi de quoi le faire. Que de gens s'ignorent toute leur vie et courent après eux-mêmes ! Il faut toujours se dépasser pour s'atteindre. Toujours lutter au fond, c'est passionnant. C'est la force de résistance qui soutient le mieux. Elle seule dépend de vous. »

"On s’obstine autour de moi à ne pas comprendre que je n’ai jamais pu vivre dans la réalité des choses et des gens, d’où...
18/12/2020

"On s’obstine autour de moi à ne pas comprendre que je n’ai jamais pu vivre dans la réalité des choses et des gens, d’où ce besoin invincible d’échapper à moi-même dans des aventures qui paraissent inexplicables…"

Claude Debussy dans "Une vie, une œuvre" par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Claude Debussy, musicien libre et anticonformiste, a souvent été caractérisé d’impressionniste musical, étiquette qu’il n’a jamais acceptée. Sa musique accorde une place de choix à la couleur et aux timbres instrumentaux. Retour sur sa vie et son oeuvre.

5 – "N'écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe  et nous raconte les histoires du monde."  Claude Debuss...
17/12/2020

5 – "N'écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe
et nous raconte les histoires du monde."
Claude Debussy

Claude Debussy, nommé Achille-Claude Debussy, est né à Saint-Germain-en-Laye en 1862, et mort à Paris en 1918. Il est l’un des plus importants compositeurs français du XXe siècle.

Il passe ses premières années entre Cannes et Paris, éduqué par des femmes et en particulier sa mère, dont les idées anticonformistes la conduisent à assurer elle-même son instruction plutôt que de l’envoyer à l’école. Son père enchaîne les déboires professionnels et fait même de la prison pour s’être ligué avec des révolutionnaires. De cette éducation hors-normes, il gardera un tempérament rebelle et indépendant.

À l’âge de 8 ans, il commence le piano avec Antoinette Mauté de Fleurville, une ancienne élève de Chopin qui est aussi la belle-mère de Verlaine. Elle le prépare au Conservatoire de Paris où il sera admis deux ans plus t**d et y restera jusqu’à l’âge de 20 ans.

Ses premières compositions s’inspirent de textes d'Alfred de Musset (Madrid, Ballade à la lune) et affirment une rupture avec l’harmonie classique et le romantisme du XIXe siècle. Ces particularités habiteront toute son œuvre et seront souvent reprises par ses successeurs. Très attiré par toute forme de création, notamment par la poésie et la peinture, il écrira tout au long de sa vie des mélodies à partir de poèmes.

Durant plusieurs étés à compter de ses 18 ans, il est engagé par Nadezhda von Meck – une riche v***e russe, mécène de Tchaïkovski –, afin d’enseigner la musique à ses enfants. Il la suit dans ses voyages en Suisse, à Vienne et en Italie, où il fait la connaissance de musiciens importants tels que Verdi et Liszt.

Alors qu’il n’a que 22 ans, il remporte le 1er grand Prix de Rome avec sa cantate L'enfant prodigue. Cette reconnaissance lui ouvre les portes de la Villa Médicis où il passe les deux années suivantes.

De retour à Paris en 1887, il fréquente les milieux littéraires et artistiques, y rencontre des personnalités comme Toulouse-Lautrec, Erik Satie, ou Stéphane Mallarmé avec qui il collabore sur un projet théâtral pour lequel il compose Prélude à l’après-midi d'un faune, l’un de ses premiers grands succès.

Ses créations, innovantes et inspirées, offrent de vastes fresques qui lui vaudront d’être souvent qualifié d’impressionniste musical, mais il n’appréciera jamais ce terme. On trouve pourtant dans ses œuvres de nombreuses évocations de la nature comme l’attestent plusieurs de ses titres : La mer, Clair de lune, ou encore Le printemps. Une grande part de ses compositions est dédiée au piano et constitue, avec celle de Gabriel Fauré, l’une des œuvres les plus importantes de la musique française.

Vers la fin de sa carrière, rejetant la musique de Wagner qu’il avait pourtant ardemment appréciée étant jeune, il est pris d’élans patriotiques et se revendique alors musicien français, allant jusqu’à signer ses lettres Claude de France.

Il laisse derrière lui une œuvre où souffle un vent de liberté, tout comme ce vent bavard et inspirant qu’il désigne dans la citation choisie ici : « N’écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe et nous raconte les histoires du monde. »

Après avoir séjourné une première fois au Pays Basque en 1915, Claude Debussy y revient pour une période de quatre mois l’année qui précède sa mort (en 1917). Il donne à cette occasion ses deux derniers concerts, accompagné du violoniste Gaston Poulet. L’un aura lieu à Saint-Jean-de-Luz et l’autre à l’Hôtel du Palais de Biarritz.

4 – Un secret a toujours la forme d’une oreille.Jean Cocteau Jean Cocteau, né en 1889 à Maisons-Laffitte et mort en 1963...
12/12/2020

4 – Un secret a toujours la forme d’une oreille.
Jean Cocteau

Jean Cocteau, né en 1889 à Maisons-Laffitte et mort en 1963 à Milly-la-Forêt, est un célèbre poète, dessinateur, dramaturge et cinéaste, élu à l'Académie française en 1955.

Il n’a que 20 ans lorsqu’il publie son premier recueil de poésie : La Lampe d'Aladin, inspiré des contes des Mille et une nuits. Ce livre lui apporte aussitôt la reconnaissance du milieu intellectuel parisien ; il fréquente alors les salons en vogue aux côtés de personnalités comme Anna de Noailles ou Marcel Proust.

Mais c’est surtout sa rencontre avec Serge de Diaghilev qui marque un tournant décisif dans sa carrière. En collaborant avec cet homme influent qui fut l’importateur des ballets russes en France, il crée plusieurs spectacles dont Parade (1917), pour lequel Erik Satie compose la musique et Pablo Picasso réalise les décors.

En 1924, Jean Cocteau se met à dessiner et se découvre alors une nouvelle passion pour l'art graphique qui engendrera de nombreuses productions (illustrations, fresques et même des vitraux).

Ses écrits, prolifiques et variés, font preuve d’une remarquable curiosité, s’inspirant tour à tour de la poésie futuriste, dadaïste ou cubiste, ou se tournant vers le roman poétique ou le théâtre. Il occupe d’ailleurs une place importante dans ce dernier registre avec des pièces comme La Voix humaine (1930) ou Les Monstres sacrés (1940).

En 1938, il écrit pour Jean Marais Les Parents terribles qui propulse la carrière de l’acteur jusque-là encore peu connu. Un peu plus t**d, c’est pour Édith Piaf qu’il écrit Le Bel Indifférent qui connaîtra un immense succès. Mais l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale est pour lui une période difficile car malgré ses divers projets avec des célébrités comme Pablo Picasso ou Coco Chanel, il est pointé du doigt en raison de son homosexualité.

Le cinéma l’attire également et il délivre au septième art des films et des scénarios marquants comme Le Sang d’un poète (1930), La Belle et la Bête (1945) ou Orphée (1950).

En 1949, alors que le cinéma hollywoodien envahit les écrans, le ciné-club Objectif 49 représenté par Jean Cocteau et André Bazin et fondé pour soutenir des films d’avant-garde, décide de créer à Biarritz le 1er Festival du Film Maudit. En marge des films commerciaux et des programmations conventionnelles des festivals de Cannes et de Venise, cet évènement entend récompenser ce que Jean Cocteau nomme par analogie avec les poètes maudits, des films maudits. Le cinéaste Robert Bresson les décrit comme "des films qui sont pleins de choses remarquables bien que peu remarquées, qui poussent continuellement le cinéma en avant, mais qui ne sont goûtés au début que par un petit nombre".

Le Festival du Fil Maudit ouvre ses portes au Casino Municipal le 29 Juillet 1949 et fait entrer des personnalités comme Orson Welles, Marlene Dietrich, François Truffaut et Eric Rohmer. Les organisateurs, se moquant des convenances, convoquent les journalistes sur la plage et se font photographier les pieds dans l’eau. Un vent d’euphorie souffle sur la ville pendant les 10 jours où des fêtes succèdent aux projections et aux rencontres avec le public. L’année suivante, une seconde édition sera organisée et intitulée Le rendez-vous de Biarritz, mais elle n’aura pas le succès de la précédente et ne sera pas reconduite.

La citation "Un secret a toujours la forme d’une oreille", au-delà du caractère poétique qu’elle suscite en évoquant l’image de confidences murmurées, est tirée d’un recueil de textes critiques publié en 1926 : Rappel à l’ordre, qui présente une notion que Jean Cocteau qualifie de classicisme vivant, s’attachant à délivrer une vision de l’art et notamment de la poésie où il défend "un ordre considéré comme une anarchie, dans lequel des individualités peuvent s’exprimer sans perdre leur originalité, une discipline de liberté".

Adresse

Rue Des Halles
Biarritz
64200

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Présentation du projet

"Biarritz Poésie" est un projet artistique qui a été élu par les habitants à l’issue d’un appel à participation citoyenne lancé par la ville de Biarritz.

Il a permis d’établir un parcours au cœur de la cité, ponctué de citations poétiques apposées à même l’espace urbain.

Les extraits choisis sont issus de paroles ou d’écrits de personnalités (écrivains, poètes, philosophes, chanteurs, artistes) qui ont tous eu un lien avec la ville à un moment de l’histoire.

Simultanément à ce dispositif, est mis à disposition un livret imprimé comportant un plan et des éléments biographiques sur chaque auteur, qui recense tous les lieux où sont intégrées les 10 citations dans la ville. Ce livret est disponible à la Mairie, à la Médiathèque et à l’Office du tourisme.