21/06/2025
POURQUOI JE DÉTESTE LA FÊTE DE LA MUSIQUE ? Tout d'abord par ce n'est la fête que "d'une certaine musique" (celle, grosso modo, qui va du rock d'après-guerre à aujourd'hui) et à 90% amplifiée. Si bien que 8 à 10 siècles de musiques sont tout simplement rayés de la carte ce soir-là. On veut bien, à la limite, tolérer une ou deux heures en début de soirée la "musique dite classique" (encore un mot qui a perdu tout son sens et qui demeure classée "musique de vieux ou d'intellos") et ensuite, place au vacarme à tue-tête, à la soupe sonore tous azimuts. Comme on est loin des premières éditions des années 80 où l'on pouvait découvrir un quatuor de Beethoven ou une chorale de qualité dans un square ou sur une place de village. Désormais, la Fête de "la" (?) musique, c’est un groupe de rock tous les 50 mètres, un groupe de metal tous les 100 mètres, un groupe de jazz tous les 20 mètres et un groupe de rap tous les 10 mètres. Résultat : tous les genres se mélangent d'un trottoir à l'autre pour devenir une véritable bouillie auditive. Rajoutons à cela une foule compacte discutant et chantant, voire hurlant, si bien que toute discussion posée est devenue un calvaire. Pour beaucoup, la Fête de la musique, c’est juste un prétexte pour s’enfiler bière sur bière si bien que dès 22 heures, tout le monde est ivre. Les rues sont blindées, on doit slalomer entre les débris de verres etc. Bref, il est impossible de se déplacer normalement un 21 juin. Cette chaleur humide aidant ajoutée à mon aversion viscérale pour les corps moites qui se collent, j'ai donc décidé de tirer un trait sur cette "fête". La seule solution pour revenir (un peu ?) à une relative authenticité serait de sauvegarder dans le centre des grandes villes des zones, de îlots sans amplification. Alors, peut-être, recommencerait-on enfin à s'entendre et sortirait-on (un peu ?) de cet invraisemblable vacarme, de cette biture tapageuse. Ce soir-là, je pense souvent à ma grand-mère qui me disait avec son léger et délicieux accent provençal : "Vois mon petit, le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit". À bon entendeur salut.