Le gout des mots

Le gout des mots Présentation des spectacles de contes de Laurence Hilaire Salvi

05/03/2026
ACCES DE CONFIANCE Début septembre, je travaillais et partageait la vie commune d’une résidence sur le spectacle manifes...
29/09/2024

ACCES DE CONFIANCE
Début septembre, je travaillais et partageait la vie commune d’une résidence sur le spectacle manifeste des fesses en fête, avec Loïc Deschamps le metteur en scène et Jeremy Ispizua, le graphiste, deux hommes donc. Au bout d’une journée, ils m’ont dit : « écoute Laurence, tu passes ton temps à t’excuser, à être désolée, tout ça, tout ça , donc on te propose de dire f**k f**k, f**k chaque fois que ça arrive.». Depuis, je f*k f**kise toute la journée. C’est bien simple, ça frôle le défaut d’élocution.

La semaine dernière, j’ai lu le dernier essai de Mona Chollet : « Résister à la culpabilisation, Sur quelques empêchements d’exister ». Un truc de dingue, ouf, je suis pas f***e, c’est pas que moi cette voix incessante et jamais contente ? Limite on nous l’injecte, sœur. Depuis que je l’ai lu, j’ai les épaules 23 fois moins tendues.

Soutenue d’un côté par Mona, de l’autre par les deux gars, je balance ma pseudo réserve aux orties, et je vous fais un petit récit autour de la dernière résidence du MANIFESTE DES FESSES EN FETE.

Une résidence c’est 6 à 7 heures par jour sur la scène, à raconter, à parler, à carburer, tenter, recommencer, essayer, écouter, faire et refaire, Débarrasser. Virer trois scènes, replacer leurs propos ailleurs, autrement, alléger, traquer le donneur de leçon. Veiller à rester compréhensible, la tête dans le cul. Devoir abandonner des témoignages, faute de place, parce que ça colle pas, parce qu’il faudrait un deuxième spectacle, ou parce que je ne parviens pas à restituer l’essence.
Discuter sur la partie des schémas depuis des mois et trouver . Ca y est, on l’a, le déroulement l’encastrement, Loic et moi on a fait rentrer en articulant tout ce quoi on tenait vraiment. Tester, apprendre, doser, le savoir, suffisamment mais pas trop, pas figer, mais l’avoir assez pour l’offrir. Retenir, enregistrer, incorporer moults indications, Faire avec le dessin, et faire avec Abys, le graphiste, alors que je suis hyper concentrée sur mon propre truc que je ne maitrise pas encore. . Passer deux jours avec le vidéo projj en pleine face, et le soir, avoir le sentiment que mes yeux se trémoussent pour sortir de leurs orbites. Opter les trois jours suivants pour des lunettes de soleil. Loic trouve ça classe, il hésite, pourquoi ne pas les garder en représentation? Parfois Loic caresse des questions.

Pendant cette résidence, Il restait un quart du spectacle à boucler, le reste à revoir et assimiler.
A un moment de la construction du spectacle, bien en amont, on a eu un vertige. On s’est aperçus, qu’il a’avait beaucoup mais beaucoup et encore beaucoup d’éléments importants qui ne rentraient pas, que je ne savais pas comment dire et intégrer, c’était ténu, c’était subtil, je savais pas comment l’empoigner, je trouvais pas l’histoire pour raconter l’immensité de ce que nous n’avions pas encore abordé. Et tout le reste, tous ces témoignages dont certains stupéfiants et toutes ces discussions et ces lectures qui bouillonnaient.
La proposition de Loic est arrivée là. « et si tu écrivais l’aspect amoureux et sexuel des relations entre Shérazade et le roi pendant les 1000 et une nuits ? » Ca m’a tilté tout de suite.
Shérazade a choisi de s’unir à Sharayiar, c’est elle qui le demande à son père le vizir.
Mais il n’empêche que la première nuit est une nuit de consommation, il se sert, elle est une suivante.
Pour elle, Il y a eu choix, sans cependant qu’il y ait consentement à ce qui se passe là. Et en ça, nous sommes toutes des Shérazade un jour dans notre vie.
C’est de là que je pars. Et ils suivent un chemin de 1000 et une nuits.
Le langage colore nos regards et nos mains qui se posent. Je fuis les mots qui écartèlent, les images qui écarquillent, et les visions qui souillent. C’est pas le cru qui abime, c’est le manque de fantasmes sans pouvoir.
Je veux écrire des désirs. Je veux dire des sensations, le mot et les choses. Je veux dire la joie de j***r.
Evidemment que je ne raconte pas chacune des nuits par le menu, mais y’a du cul, joyeux, candide, mais pas que, et le renversement est troublant.

Bon, donc, au bout de quatre jours de travail, nous avons fait notre sortie de résidence du spectacle entier.
Je vous la fais courte. Ma mère est ma groupie. Elle a l’esprit qui prend un peu l’air et les oreilles pleines de plomb, elle a néanmoins tenu à venir assister à la sortie de résidence. Ce fut rocambolesque et drôle mais parfaitement « tendant » comme dirait ma fille.
On a mené notre sortie mieux que mal, on a fait bien. Avec une grande curiosité pour les retours du public.
On avait bossé, fini de tailler dans la structure. Pour la partie des 100 et une nuits, j’ai tenté les mots, Jérémy a trouvé les textures graphiques, on a tâtonné pour s’accorder et on a rodé ce morceau d’érotisme. Fallait se lancer. Et les anges sont passés dans la qualité de l’écoute.
Depuis, j’ai redonné cette partie des « 1000 et 1 nuits » dans un vernissage parisien, avec des gens de tous les âges. Je sais pas comment dire, il s’est passé à nouveau le même truc. Un truc fragile et beau.

On savait ce qu’on avait voulu faire. On ne l’avait jamais montré, on se demandait comment il pouvait être pris, ça, on ne savait vraiment pas. A l’issue de la représentation, nous avons donc demandé des retours et voila ce qu’on a eu :
Un homme a dit qu’il pensait venir voir et écouter des contes merveilleux et que c’était bien qu’on annonce clairement le sujet dès le début, les gens avaient le choix de rester ou partir, ils étaient prévenus.
Une femme a dit que « enfin, on en parlait ».
Ils ont dit que le dessin entier, à la fin, c’était dingue, ça faisait revisiter tout le spectacle, autrement. Et ça rallumait plein de trucs.
Ils ont dit que la langue était vraiment belle.
Ils ont dit que les images graphiques et contées étaient là, précises et poétiques.
Ils ont souligné la variété des modes de graphisme
Elles étaient deux femmes, venues ensemble et elles ont dit qu’elles se sentaient requinquées, et joyeuses, que ça rappelait tout ce qu’on peut choisir.
Ils ont dit qu’ils n’avaient pas vu passer le spectacle.
Ils ont dit que c’était bon, le rythme et l’avancée du propos.
Ils ont dit que c’était bien que le dessin soit par moments en collaboration, mais que c’était vraiment bien qu’à d’autres moments il donne sa propre interprétation, sans chercher l’illustration. Et que c’était beau qu’il vive sa vie propre.
Une femme a dit qu’elle avait vraiment aimé le sexe évoqué pour tous les âges de la vie, et que c’était rassurant d’entendre parler du cul chez les vieux, parce qu’on allait tous l’être, vieux. . Elle a dit aussi qu’elle était contente, pour elle. Là, dans le spectacle, elle trouvait que c’était juste, le schéma du patriarcat, la rançon sur le plaisir des femmes, mais aussi les injonctions aux hommes, elle a dit qu’elle aimait bien l’idée du « strip tease des habitudes ». et qu’il y avait plein d’idées à piquer
Une autre femme a dit qu’il y avait beaucoup d’infos, c’était riche à cogiter, il lui faudrait du temps pour digérer.
Il y a eu discussion sur les intermèdes chez les bêtes, (ça vous intrigue ? faudra venir… on va pas non plus tout vous dire).
Ils ont dit que ça faisait des drôles de choses, un autre a dit que ça donnait envie de rentrer vite à la maison. On s’est sentis flattés.
Un homme a dit qu’il avait 72 ans et qu’après ce spectacle, il avait des regrets.
Ils n’ont rien dit, ils étaient là parce que l’un des invités choisis pour faire des retours à ce spectacle tout fragile, a relayé l’info sur le quotidien local, donc on a eu un panel de population plus large que prévu, ils sont restés, mais ils se sont tus.
D’autres ont aimé les variations de tons entre les contes, les témoignages et les pseudos conférences, ils ont trouvé que toute cette diversité de pistes et de ressentis, ça donnait de quoi décomplexer
Léa a beaucoup aimé les jeux de langues et la subtilité des jeux de mots, si, si, elle l’a dit.

Et vous savez ce qui m’a fait rire de joie ? …
Laurent, c’est mon vieux pote, celui qui est de la famille, tu vois ? 37 ans d’amitié traversés, trop de morts, et énormément de vivant.
Il est souvent venu à mes spectacles et il s’y est toujours endormi. En méme temps, et à ma décharge, il a vu souvent les prémisses laborieux… Et il a eu la bonté de s’endormir à tous les spectacles de conteurs prestigieux auxquels je l’ai trainé.
Et ben là, après une journée de boulot et une heure de route pour venir, il a été réveillé de bout en bout, il a aimé et n’a fait qu’une restriction, celle d’un détail à propos du son.
Laurent ne s’est pas endormi, Waouh, j’ai ma médaille à moi.

Cette résidence m’a essorée, mais c’était vraiment le pied .

On cherche une dernière résidence, pour la création des Lumières, avec une sortie de résidence à la fin. Si vous savez qui, ou où, on prend sans chichis.
Si vous avez envie d’accueillir ce spectacle « à la maison », sous une petite forme, sans le graphiste mais avec ses images. On prend aussi.

PS Merci Mona, Merci les gars.

https://www.youtube.com/watch?v=fBKo6Ytr89sVendredi 27 Septembre, 14 h, Séance scolaire, festival CONTES ET COMPAGNIE Ve...
25/09/2024

https://www.youtube.com/watch?v=fBKo6Ytr89s
Vendredi 27 Septembre, 14 h, Séance scolaire, festival CONTES ET COMPAGNIE
Vendredi 27 Septembre, 18h, Montbouton, salle La Familiale, tout public à partir de 8 10 ans. Spectacle LE GOUT DES MOTS, Festival CONTES ET Compagnie
Vendredi 4 Octobre, 20 h 15, Spectacle LE GOUT DES MOTS programmation Contes qui dépotent, « A La lueur des contes » Mathay.
Vendredi 11 Octobre, 18 h, nuit des arts, Belfort. Version sans soupe.
Dimanche 27 Octobre, Festival des Mots, Melisey, Haute Saone
Amenez vos bols et vos cuillères.

Un film de présentation pour des journées professionnelles

Adresse

Belfort
900000

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Le gout des mots publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L'entreprise

Envoyer un message à Le gout des mots:

Partager