10/06/2026
Question à Gilles Boeuf, que nous avons l'honneur de recevoir à la foire bio de Bazens 47, le 21 juin, à 15H salle des fêtes.
« Notre mode de développement et de croissance est insensé »
Depuis un demi-siècle, les scientifiques alertent sans succès sur la destruction massive du monde vivant. N’êtes-vous pas découragé ?
-" Il est vrai que nous prêchons un peu dans le désert. Depuis quelque temps, on parle beaucoup du climat, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt, car on oublie le vivant.
Globalement, la prise de conscience est très lente. Dans les années 1960 et 1970, il y a eu de nombreux lanceurs d’alerte, tels Rachel Carson (« Printemps silencieux » en 1962) ou Jean Dorst (« Avant que nature meure » en 1965).
.. Le terme « biodiversité » n’a a été inventé qu’en 1985 et il fallu attendre 1997 pour que le premier grand article scientifique traitant de la destruction du vivant soit publié."
Pour lutter contre la pollution des terres, des mers et de l’air, vous suggérez d’encadrer le capitalisme. Est-ce suffisant ?
-" Le capitalisme non encadré provoque des dégâts sociaux monstrueux. On ne peut pas continuer dans un système où 20 % des gens possèdent 80 % des ressources de la planète. Ce capitalisme qui consiste à faire des profits en détruisant et en surexploitant le capital qu’est la nature, nous voyons où cela nous mène aujourd’hui. Les économistes font une grosse erreur en ne tenant pas compte des dégâts environnementaux engendrés par les profits des entreprises."
Extrait du journal des activités sociales de l'énergie
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