23/01/2020
Sur la tombe de Melville
Souvent, sous la vague, au large de ces hauts-fonds,
Il a vu ces dés, les os des noyés, lui léguer
Une ambassade. Comme il les regardait, ils heurtaient
Nombreux le rivage poussiéreux, puis étaient recouverts.
Et les naufrages passaient sans son de cloches,
Le calice de la mort généreuse donnait en retour
Un chapitre dispersé, le hiéroglyphe livide,
Présage enroulé dans des corridors de coquilles.
Puis, dans le circuit calme d’un vaste rouleau,
Ses lacérations sous le charme et sa méchanceté apaisée,
Il y avait des yeux givrés qui élevaient des autels;
Et de silencieuses réponses coulaient entre les étoiles.
Compas, quadrant, sextant n’inventent
Pas de marées plus lointaines... Haut dans l’azur escarpé,
Le chant monodique n’éveillera pas le marin.
Cette ombre fabuleuse que la mer garde seule.
Bâtiments blancs, Hart Crane
At Melville’s Tomb
Often beneath the wave, wide from this ledge
The dice of drowned men’s bones he saw bequeath
An embassy. Their numbers as he watched,
Beat on the dusty shore and were obscured.
And wrecks passed without sound of bells,
The calyx of death’s bounty giving back
A scattered chapter, livid hieroglyph,
The portent wound in corridors of shells.
Then in the circuit calm of one vast coil,
Its lashings charmed and malice reconciled,
Frosted eyes there were that lifted altars;
And silent answers crept across the stars.
Compass, quadrant and sextant contrive
No farther tides ... High in the azure steeps
Monody shall not wake the mariner.
This fabulous shadow only the sea keeps.