30/10/2025
S : Pourquoi tu parlais d’invitation ?
J.M-A. - Le mot y m’est venu je pense au moment où on est assis devant le tableau, le paysage, et après peut—être aussi dans la dernière partie quand le soleil commence à se lever dans le bus et qu’on rentre ; parce que jusqu’à alors j’ai été pris dans une sorte de tube, comme si l’autobus était une ré-expérience de confinement mais volontaire et plutôt pour ma part plus poétique. Alors je ne pourrais pas dire exactement comment c’est venu à quel moment des textes et tout ça, et du collage sonore mais un moment ça été très clair pour moi que la partie assis tous en ligne devant le tableau c’était autre chose et qu’il voulait dire « Bon et maintenant ? » et comme si il y avait une invitation à se saisir du monde en fait qui était face à nous pour en faire maintenant quelque chose. Et dire le tout ce n’est pas de témoigner, ok, toute la première partie c’est un témoignage de ce qui est arrivé et ce qui est peut-être le plus intéressant c’est sur quoi ça ouvre, peut-être la prise de conscience et moi je me sentais invité, pas une injonction, comme une invit’ à dire « Ben voilà le monde est devant toi, maintenant vas-y saisis toi de ça et fais en quelque chose ». Et ça m’est revenu après et du coup après c’est un peu différent mais quand on a fait le trajet, quand on est remonté dans le bus et quand vous étiez quatre, cinq là, à nous dévisager à travers les vitres chacun avec sa façon particulière de dévisager et là je me suis dit oui là je ressens ça comme vraiment si ils étaient en train de, par le silence, de demander à chacun de prendre une part de responsabilité aussi pour préserver l’état du monde, tu vois la beauté du monde mais pas seulement se dire « okay c’est beau, machin", mais dire… "Et maintenant ?".