17/05/2026
Et si le "couvent"d'Arlempdes qui vient d'être réhabilité, était juste la maison de la béate...
𝗟𝗘𝗦 𝗕𝗘𝗔𝗧𝗘𝗦 : 𝗟𝗘𝗦 𝗙𝗘𝗠𝗠𝗘𝗦 𝗤𝗨𝗜 𝗢𝗡𝗧 𝗔𝗟𝗣𝗛𝗔𝗕𝗘𝗧𝗜𝗦𝗘 𝗟𝗘 𝗩𝗘𝗟𝗔𝗬
Dans tout hameau du Velay, on voit une petite maison basse que surmonte une cloche. C'est la maison de la béate. Cette phrase, écrite au XIXe siècle, décrit un réseau unique au monde qui a structuré la vie rurale de la Haute-Loire pendant près de trois siècles.
L'institution des béates est fondée en 𝟭𝟲𝟲𝟱 au Puy-en-Velay par 𝗔𝗻𝗻𝗲-𝗠𝗮𝗿𝗶𝗲 𝗠𝗮𝗿𝘁𝗲𝗹, à la demande de l'abbé Tronson, directeur du séminaire du Puy, qui veut lutter contre l'analphabétisme et le protestantisme dans les campagnes. Le principe : des femmes célibataires, ni tout à fait laïques ni religieuses, s'installent dans les hameaux à la demande des habitants. Ces derniers leur construisent une maison, la "𝗺𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 𝗱'𝗮𝘀𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲́𝗲", lui apportent du bois, de la nourriture et un peu d'argent. En échange, la béate enseigne la lecture, l'écriture et le calcul aux enfants le matin, apprend la dentelle aux jeunes femmes le soir, soigne les malades, prie pour les mourants.
Au sommet de la maison : une cloche. Elle rythme la vie du hameau. C'est le seul repère visuel encore présent dans le paysage vellave.
En 𝟭𝟴𝟴𝟬, on dénombre presque 𝟵𝟬𝟬 𝗯𝗲́𝗮𝘁𝗲𝘀 dans le département. Les lois Jules Ferry de 1881, en instaurant l'école publique laïque, leur retirent le droit d'enseigner. L'institution s'éteint progressivement. Les dernières béates actives cessent dans les 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀 𝟭𝟵𝟲𝟬. Deux cents maisons d'assemblée subsistent encore dans les hameaux du Mézenc et du Velay.
© Source : Archives départementales 43 / Wikipedia / Wikimedia Commons Par Sabine Baring-Gould