30/09/2023
Proposition pour une résidence à La Traverse à Argenteuil – Juillet 2021
Une résidence avec une suite ?
1/ Écriture (rédaction finale de ma thèse de géographie (EHESS, Paris) - Le travail du paysage. Manufacture du sensible entre arts et agricultures
« Le lien vaut plus que le bien » Jean Duvignaud ---- "Le paysage est mon thème de recherche, autant dans ses formes agricoles (paysannes, indigènes ) qu’artistiques. Liées et déliées, leur expression et leur expérience peuvent nous faire ressentir comment et de quoi nous vivons. Cela peut accroître notre perception avec ce qu’on appellerait un Sens du paysage et sa part humaine ou inhumaine. Mais qu’est qu’être humains sur la terre ?"
2/ À la Traverse - Ponts et portes
L’accueil en résidence à La Traverse étant un don qui me serait fait pour que je me concentre sur la rédaction de cette thèse de doctorat en géographie (soutenance en fin d’année 2021), je propose d’associer ces moments de clôture à des moments d’ouvertures, pour un contre-don : amorcer et le cas échéant contribuer à poursuivre un horizon de projets au décours de mon travail d’écriture confinée, avec si possible la mise en commun d’enjeux partagés.
Cela s’annonce bien. « Merveille ! » : traverse, mot très riche dans sa sémantique (mon premier projet de micro-entreprise s’appelait Traverse ! : verbe à l’impératif pour inviter à « l’alter-activité » : une traverse est certes « une pièce posée en travers de la voie, sous les rails pour en maintenir l'écartement et l'inclinaison, et transmettre au ballast les charges des véhicules circulant sur les rails ». Je découvre qu’on parle aussi de « traverse paysagère » pour désigner « un élément décoratif d'aménagement extérieur, pour une mise en scène assez « rustique » : murets, bordures de jardin, marches d’escalier... ».
Ainsi se croisent à La Traverse ce qui est au cœur de mon projet : les liens entre le beau et l’utile, les manières avec lesquelles les artistes perçoivent et nous font percevoir « le réel ».
Propositions, à discuter avec Diana Ruiz Pino - La Traverse
J’imagine, durant les pauses de mon travail d’écriture, observer le lieu qui m’accueille en le considérant comme un lieu au milieu de…, au milieu d’éléments extérieurs ferments de créativité artistique, même là où l’art semble absent autour des lieux qu’il habite ou traverse, ou aux lointains qui l’inspirent (« révolution colombienne » ? : part des jeunes et des « indigènes »… ?
Et ainsi amorcer, et le cas échéant contribuer à poursuivre, un horizon de projets au décours de mon travail d’écriture confinée, avec si possible la mise en commun d’enjeux partagés.
Comment « faire paysage » ?. C’est aussi ce qui est devenu central au fil des années dans mes activités d’urbaniste en tant que géographe (et historienne) : le tissu urbain n’existe vraiment qu’avec les tisserands que sont les habitants ou ceux qui le fréquentent plus occasionnellement. L’art et certains artistes ont le pouvoir et le devoir de contribuer à la mise en mouvement de cette expression et de cette expérience sensibles.
Quelques pistes, à partir d’observations et de rencontres de personnes engagées « dans la ville » croisant :
- projets en cours ou en réflexion à La Traverse
- voisinage de la voie ferrée, culture de « la traverse de voie » : quelle insertion dans la ville ?
- présence des impressionnistes et de Monet. Elle concerne plutôt les bords de Seine. Les artistes en résidence dans un tout autre lieu devraient pourtant s’y intéresser pour une approche sensible de ces lieux utiles qui nous semblent laids. De la fumée du train qui passe sur le pont à ce « tout voitures » en bord de Seine, une histoire à comprendre, représenter, des pistes d’évolution à tracer.