01/01/2026
1er janvier : l’indépendance inachevée du monde
Le 1er janvier.
Une date que l’on commémore parfois par habitude,
trop souvent par lassitude.
Pourtant,
le 1er janvier 1804
n’est pas une fête locale.
C’est un séisme mondial.
Ce jour-là,
des esclaves ont fait trembler l’ordre du monde.
Ils n’ont pas demandé la liberté.
Ils l’ont décrétée.
Ils ont vaincu l’impensable.
Et ils ont fondé Haïti.
On nous a appris à regarder Haïti
comme un problème à résoudre.
Mais Haïti n’est pas un problème.
Haïti est une solution
que le monde n’a jamais su accepter.
Car une nation née
de la liberté radicale
dérange toujours
les systèmes fondés sur la domination feutrée,
la dette éternelle
et l’amnésie organisée.
On n’a pas puni Haïti pour ses échecs.
On l’a puni pour son succès inaugural.
On a puni une victoire.
On a fait payer l’audace.
On a criminalisé la dignité.
Disons-le clairement, une fois pour toutes :
Haïti n’est pas un pays qui échoue.
Haïti est un pays
que l’on a sciemment empêché de réussir.
Et pourtant…
Haïti tient.
Haïti respire.
Haïti se souvient.
Alors non,
nous ne célébrerons pas le 1er janvier par nostalgie.
Nous le célébrerons par urgence.
Urgence de rappeler au monde
que la liberté n’a pas commencé
dans les palais,
mais dans les chaînes brisées.
Urgence de dire aux enfants d’Haïti
que leur histoire n’est pas une faute,
mais une force.
Pas une honte,
mais une source de fierté.
Nous continuerons de célébrer
le 1er janvier.
Encore.
Et encore.
Et encore.
Jusqu’au jour
où l’indépendance d’Haïti
ne sera plus simplement tolérée du bout des lèvres,
mais reconnue, enseignée, honorée
partout dans le monde.
Car tant que Haïti ne sera pas célébrée,
c’est la liberté elle-même
qui restera inachevée.
1804 n'est pas derrière nous.
1804 est ce qui nous attend aujourdhui!
AZAN