04/06/2026
*Le Songo, un jeu de stratégie pour épanouir les psychologies. 📍*
Tel est le thème de la conférence que je donnerai samedi prochain à Yaoundé. Ce sera à partir de 15 heures à la Case des Arts.
J’y serai pour la célébration annuelle organisée par le Cercle des Amis de Cyril Effala. C’est un cercle intellectuel et artistique éclectique, uni par la fascination que nous avons pour le poète et musicien original qu’était Cyril Effala. Il nous a quittés il y a plus de vingt ans. Parti trop tôt, comme toutes les jolies étoiles mystérieuses de l’univers.
Nous ne l’avons pas oublié, nous ne l’oublierons jamais et nous le célébrerons à tout jamais. Nous passerons même le flambeau à nos nombreux fils et filles, naturels, spirituels et intellectuels. Dans les paroles de cet artiste de génie, chaque mot était à sa place, que ce soit dans sa langue maternelle éwondo ou dans sa langue fraternelle française — ce français de la liberté et de toutes les fraternités égalitaires. C’est d’ailleurs en France que nous, du « Vaste Songe », découvrîmes celui que nous surnommâmes « Monsieur l’Abbé ».
Samedi 6 juin, je parlerai du Songo comme patrimoine culturel excellent pour épanouir les esprits. Afin qu’il soit réaffirmé avec acuité que : lorsqu’on sait qui on est, quand on sait d’où on vient, en honorant les intelligences des anciens, alors on est un Homme épanoui intellectuellement, psychologiquement, moralement, spirituellement, physiquement et mystiquement.
Sur l’estrade, il y aura bien évidemment un tablier du jeu de Songo pour matérialiser l’objet qui est métaphore de la société. Je parlerai de stratégie, celle du *Bidoua*, l’art de mastiquer le temps. Celle qui permet de ne pas craindre l’avenir, de le prévoir, de le prédire, comme ces cinq, dix, quinze ou vingt coups d’anticipation qui sont la marque de fabrique des maîtres du Bidoua.
Je parlerai également des liens que j’ai découverts récemment entre l’équation mathématique du Bidoua et celle du nombre d’or.
Il ne sera pas question d’obscurantisme mathématique occulte, non. Ce sera beau de démontrer que la mathématique, science d’ordre et de quantité, est aussi une musique harmonieuse ; celle que Dieu lui-même a choisie pour permettre aux humains de décrire l’univers. C’est une poésie de l’univers, quand on sait de quoi on parle.
La musique de Cyril Effala est une équation de la beauté de la vie qu’il a résolue avec ses mots, ses pensées et sa guitare. Ce fut un génie qui nous apprit que « lorsqu’on brûle sa vie comme un cierge dans la nuit, faisant des alcools sa vie, courant les femmes de l’aube à la nuit avec grand appétit, on fond petit à petit ». Ceci étant dit, il ne faut pas cracher sur la vie pour autant : il faut en j***r avec grand appétit, en réfléchissant avec passion et envie.
L’association Le Vaste Songe fut créée à Lille en France lorsque personne parmi nous n’avait encore 30 ans. Ada, Mba, Ndong, Mbarga, Ferdinande, Diogou, El Hadj… et bien d’autres furent de cette aventure intellectuelle. Elle se poursuit dans les activités que nous menons ici et là-bas, toujours avec la même passion intellectuelle substantielle.
Samedi 6 juin, j’invite celles et ceux qui sont friands d’une certaine esthétique des arts polymorphes à venir regarder, entendre, écouter et participer à cette grande fête.
Nous allons fêter notre ami Cyril Effala, désormais au paradis depuis plus de vingt ans. Ce sera à l’image des rencontres Ozila et de la r***e du même nom qui existèrent dans le froid pays lillois où nous fîmes nos classes de jeunes adultes ouverts sur la diversité du monde.
Nous sommes les héritiers des universels riches de tous leurs particuliers, énoncés par le maître Césaire. Aimé Césaire, grand ancêtre des éruditions savoureuses devant l’Éternel, pour la beauté des lettres écrites dans la maîtrise de la langue, pour l’amour de la langue.
Alors, à samedi prochain à la Case des Arts à Essos. Après les conférences, Etoundi prendra sa guitare. Nous chanterons en chœur le répertoire de Cyril Effala.
*Manekang*