Aurore Spencer Njr III

Aurore Spencer Njr III Écrivaine, critique, cinéaste, conseillère d’orientation. Je travaille avec les mots, les images et les vies. Le théâtre est mon souffle.
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Ce doigt levé m'a toujours fascinée. Comme si, sans le savoir, tu annonçais déjà quelque chose. Tu n'étais encore qu'un ...
10/07/2026

Ce doigt levé m'a toujours fascinée. Comme si, sans le savoir, tu annonçais déjà quelque chose. Tu n'étais encore qu'un bébé et pourtant j'avais déjà le sentiment que tu m'invitais à regarder devant, à croire en ce qui venait.

Quatre ans ont passé, mais chaque fois que je revois cette photo, j'y retrouve la même évidence. Tout a commencé avec toi. Tu as fait de moi une mère, tu as donné un autre sens au temps, aux peurs, aux rêves, à l'amour. Il y a un avant toi et il y a tout ce qui existe depuis toi.

Alors aujourd'hui, je fais le même vœu. Que ce un t'accompagne toute ta vie. Non pas pour être au-dessus des autres, mais pour être le premier à croire en toi quand le doute voudra s'installer, le premier à te relever après chaque chute, le premier à choisir le bien quand le mal semblera plus facile, le premier à ouvrir des chemins là où d'autres ne verront que des murs. Et si un jour tu perds ta route, que cette main levée, suspendue dans le temps depuis le neuf du septième mois, te rappelle le chemin de ton commencement. Celui qui s'est écrit un soir de deux mille vingt-deux, à vingt heures trente et une minutes, quand pour la première fois ton souffle a rencontré le monde.

Je t'aime ❤️
Lorenzo Maël

19/06/2026
Si cette histoire était un film, je crois que ce serait un très mauvais scénario pas parce qu'il manque d'émotion.Au con...
04/06/2026

Si cette histoire était un film, je crois que ce serait un très mauvais scénario pas parce qu'il manque d'émotion.

Au contraire.

Une enfant au centre du récit, des parents bouleversés, une population inquiète, des manifestations, des personnalités qui défilent, des caméras, des déclarations. Sur le papier, tous les ingrédients du drame sont réunis.

Le problème se situe ailleurs, dans l'écriture.

Dans ce scénario, les personnages secondaires occupent parfois tellement l'écran qu'on finit par perdre de vue le personnage principal.

Une petite fille.

Depuis une semaine, les visiteurs sont entrés et sortis du cadre. Certains sont venus avec leur compassion, d'autres avec leur indignation, d'autres encore avec leurs promesses.

La caméra les a suivis, puis ils sont repartis et au milieu du plateau, une question est restée assise sur une chaise vide.

Que s'est-il réellement passé ?

C'est peut-être la scène la plus étrange du film. Tout le monde parle autour de l'intrigue, mais l'intrigue elle-même semble avancer hors champ.
Et pendant que les spectateurs attendent la suite, le scénario introduit un autre personnage.

La peur.

La peur de ceux qui posent des questions, de ceux qui refusent de passer à autre chose, de ceux qui continuent à regarder l'écran alors que le générique semble vouloir commencer avant la fin de l'histoire.

À ce stade du récit, le spectateur commence à se demander quel genre de film il regarde réellement.

Un film sur la protection des enfants ? Ou un film où les figurants deviennent progressivement plus importants que l'enquête elle-même ?

Dans un bon scénario, chaque acte rapproche le public de la vérité. Dans celui-ci, les jours passent et le brouillard semble parfois bénéficier d'un budget plus important que la lumière.

Pourtant, le public reste dans la salle, pas parce qu'il aime le spectacle, parce qu'il attend toujours la même scène, celle où quelqu'un allume enfin la lumière et décide de raconter l'histoire dans son intégralité.

Mais une semaine plus t**d, le film donne parfois l'impression d'avoir choisi un autre genre.

Au départ, on nous annonçait un drame.

Puis c'est devenu une visite guidée.

Puis une succession de prises de parole.

Puis un concours d'apparitions.

Puis un exercice de communication.

À ce rythme, il ne manque plus qu'une avant-première, quelques critiques élogieuses et une remise de trophées pour la qualité de l'interprétation.

Malheureusement, au milieu du décor, il y a toujours une enfant et contrairement aux autres, elle n'a choisi aucun rôle dans cette histoire.

J'espère simplement que lorsque ce film prendra fin, nous aurons enfin droit à la vérité. Parce qu'en matière de cinéma, on peut pardonner une mauvaise réalisation.

On peut pardonner un mauvais montage.

On peut même pardonner un scénario raté.

Mais lorsqu'une enfant est au centre de l'intrigue, personne ne devrait accepter que la vérité disparaisse dans les scènes coupées.

FIN! STOP!

Aurore.Njere III

Signons la pétition https://www.change.org/p/p%C3%A9tition-%C3%A0-l-assembl%C3%A9e-nationale-du-cameroun-sur-le-renforcement-des-lois-contre-les-auteu?cs_tk=A4phOh43Ui93VHXtHWoAAXicyyvNyQEABF8BvDZjYTU2ZTc3MmY4NzVmOGQ2Nzg1ZTZhMDkzZmEyMDRiNGU2NDY3NzIzODM3ZDgxZGU3YzI3NzQ5ODFjMjFmZTU%3D&utm_campaign=66e1e0d430c84ed7b0a4484d44b2025c&utm_content=sunrise_v1_0_0&utm_medium=email&utm_source=recruit_sign_digest&utm_term=cs
Aurora Spencer

01/06/2026
Bonne fête à toutes les mamans.Cette année, les fleurs ont du mal à faire oublier les inquiétudes. Trop d'enfants sont v...
31/05/2026

Bonne fête à toutes les mamans.

Cette année, les fleurs ont du mal à faire oublier les inquiétudes. Trop d'enfants sont victimes de violences, de disparitions ou de crimes qui nous bouleversent tous.

Alors aujourd'hui, je pense à ces mères qui aiment, qui protègent, qui veillent et qui prient chaque jour pour revoir leur enfant rentrer à la maison.

Parce qu'aucune maman ne devrait avoir peur pour la vie de son enfant.

Bonne fête à toutes celles dont l'amour continue de tenir ce pays debout.

Aurore.Njere III

Quand j'étais petite, mon père me lavait.Je pourrais m'arrêter à cette phrase et certains y verraient déjà un problème. ...
29/05/2026

Quand j'étais petite, mon père me lavait.

Je pourrais m'arrêter à cette phrase et certains y verraient déjà un problème. C'est peut-être cela qui me rend triste aujourd'hui.

Parce que dans mes souvenirs, il n'y avait rien d'autre qu'un père et sa fille. Rien à interpréter, rien à soupçonner, rien à craindre. Juste un père qui prenait soin de son enfant.

Mais nous vivons désormais dans une époque où même les souvenirs les plus simples semblent devoir se justifier. Depuis quelques jours, je lis les commentaires, les accusations, les certitudes des uns et des autres et quelque chose me frappe.

À peine un drame éclate que nous cherchons déjà un coupable parmi les proches. Parmi ceux qui étaient autrefois les protecteurs naturels.

Je ne parle pas ici d'une affaire particulière. Je parle de ce que nous sommes devenus.

Je repense à mon enfance.

Nous jouions sous la pluie jusqu'à ne plus savoir qui était le fils de qui. Nous mangions chez les voisins. Nous pouvions passer la nuit chez un oncle, chez une amie de la famille, chez une voisine que nos parents connaissaient depuis toujours. Un enfant pouvait voyager dans un bus sous le regard bienveillant d'inconnus qui se sentaient responsables de lui jusqu'à sa destination.

Aujourd'hui, relisez ces phrases lentement.

Elles ressemblent presque à des extraits d'un autre siècle. Pas parce que le mal n'existait pas. Le mal a toujours existé. Mais parce qu'autrefois, la confiance était plus grande que la peur.

Aujourd'hui, c'est la peur qui a gagné du terrain.

Elle s'est installée dans les écoles.
Elle s'est installée dans les familles.
Elle s'est installée dans les quartiers.
Elle s'est installée jusque dans nos regards.

Et la conséquence la plus tragique n'est pas celle dont on parle le plus.

Les victimes perdent leur innocence.

Mais les innocents perdent aussi quelque chose.

Ils perdent la confiance qu'on leur accordait autrefois.

Nous sommes arrivés à un point où certains pères n'osent plus être tendres en public avec leurs propres enfants sans craindre un regard déplacé. À un point où un geste normal doit parfois être expliqué. À un point où la suspicion voyage plus vite que la vérité.

Et je trouve cela terriblement triste.

Parce qu'une société qui ne fait plus confiance à personne finit par fabriquer des citoyens qui ont peur de tout.

J'aimerais que nos enfants grandissent dans un monde où la prudence existe sans étouffer l'innocence. Un monde où l'on protège les enfants avec sérieux, sans pour autant transformer chaque relation humaine en scène de crime potentielle.

Car la plus grande victoire du mal n'est pas seulement de faire des victimes, c'est de réussir à nous convaincre que la confiance est devenue une naïveté.

Et je refuse de croire que nous sommes condamnés à vivre ainsi.

STOP!

Aurore.Njere III

Avant, quand un enfant pleurait dans un lieu public, on pensait au caprice. Aujourd’hui, beaucoup de parents pensent d’a...
28/05/2026

Avant, quand un enfant pleurait dans un lieu public, on pensait au caprice. Aujourd’hui, beaucoup de parents pensent d’abord au danger et cette phrase à elle seule, dit quelque chose de profondément triste sur ce que nous sommes doucement en train de devenir.

On nous apprend à vivre avec trop de choses. Avec les coupures de lumière, les routes qui ressemblent à des pièges, les promesses qui vieillissent plus vite que les bâtiments publics. Mais jamais... Jamais je n’aurais pensé qu’un jour, au Cameroun, des parents auraient peur de l’enfance elle-même.

Je crois que beaucoup de personnes n’ont pas compris ce qui s’est réellement passé aujourd’hui devant cette école.

Ce n’était pas juste une foule, ni des mères en colère, mais un pays qui commençait enfin à avouer sa peur.

Une peur lourde, silencieuse et épuisante...

Parce qu’on ne parle pas d’un simple fait divers destiné à disparaître après deux jours d’indignation sur les réseaux sociaux. On parle d’enfants, de l'innocence et c'est profondément dérangeant qu’au Cameroun aujourd’hui, même l’innocence semble ne plus protéger personne.Cette histoire fait mal au cœur d’une manière difficile à expliquer.

Le plus glaçant dans cette histoire, ce n’est même plus uniquement le crime. C’est cette impression étrange que le pays apprend progressivement à vivre autour de ces drames sans produire une secousse proportionnelle à leur gravité.

Et ça me terrifie.

Parce qu’à force, les parents développent des réflexes presque maladifs.
On accompagne nos enfants partout, même les lieux censés rassurer deviennent des endroits où l’on respire à moitié.

Et ça, ce n’est pas normal.

Moi je suis fatiguée de voir les gens s’habituer. Fatiguée de voir qu’à chaque nouvelle affaire, l’horreur semble devoir attendre une confirmation administrative avant d’être prise au sérieux. Fatiguée aussi de cette manière très froide qu’ont parfois nos sociétés de ranger la douleur des familles derrière des expressions comme “une enquête est en cours”.

Mais pendant que les procédures avancent lentement, des parents ne dorment plus.

Parce qu’il faut dire les choses honnêtement, beaucoup de parents ont peur. Moi j’ai peur, une peur qui ne fait pas de bruit mais qui accompagne chaque départ à l’école, chaque ret**d inhabituel, chaque silence étrange chez un enfant, chaque adulte un peu proche.

Et aujourd’hui, voir toutes ces mamans dehors m’a brisé le cœur.

Voir des femmes obligées de manifester pour réclamer ce qui devrait déjà être garanti. Voir des pères debout avec ce regard impuissant que seuls les parents comprennent. Voir même des enfants réclamer leur sécurité… honnêtement, il faut mesurer la gravité morale d’une telle image.

Un enfant ne devrait jamais avoir à demander publiquement le droit d’être protégé.

Jamais.

Parce qu’une société se juge aussi à la manière dont elle protège ceux qui ne savent même pas encore se défendre eux-mêmes et aujourd’hui, beaucoup de Camerounais ne demandent même plus des miracles, ils veulent juste vivre dans un pays où déposer son enfant à l’école ne ressemble pas intérieurement à un acte de foi.

Je ne veux plus de grands discours. Je veux un pays où un enfant peut encore être petit sans devenir une victime potentielle.

STOP!

Aurore.Njere III

26/05/2026
Il y a quelque chose de profondément contemporain dans cette affaire. Une mère perd son enfant. Un prophète annonce avec...
25/05/2026

Il y a quelque chose de profondément contemporain dans cette affaire. Une mère perd son enfant. Un prophète annonce avec assurance que le bébé se trouve à Maetur Nkoabang et que dimanche, miracle oblige, le témoignage viendra confirmer la prophétie. Aussitôt, les réseaux sociaux se réveillent. Les influenceurs sortent leurs téléphones, les chroniqueurs affûtent leurs directs, les commentaires deviennent des tribunaux populaires, eux, nous, tous. On comptait les jours avant dimanche comme on attend le dernier épisode d’une série.

Mais dimanche annoncé par le prophète, c’était hier.

Et pendant que tout le monde regardait l’horloge, qui regardait réellement les rues de Maetur Nkoabang ?

C’est là que notre époque devient fascinante et un peu tragique. Des centaines de vidéos pour rappeler au prophète que “dimanche approche”, puis que “dimanche est arrivé”, mais presque aucune image de groupes organisés en train de fouiller le quartier, d’interroger les habitants, de distribuer des photos du bébé, de vérifier les maisons abandonnées, les marchés, les carrefours. Nous sommes devenus une société qui préfère commenter la recherche plutôt que chercher.

La vérité, c’est qu’au Cameroun et même ailleurs beaucoup aiment davantage avoir raison que sauver quelqu’un. Dimanche passé et pas de prophétie, certains jubilent presque: “On vous avait dit que c’était un faux prophète.” Comme si le discrédit d’un homme était devenu plus important que la vie d’un enfant.

La Bible elle-même est moins passive que beaucoup de croyants modernes. Dans l’épître de Jacques, il est écrit: « La foi sans les œuvres est morte. » Autrement dit, croire sans agir ressemble davantage à une décoration spirituelle qu’à une véritable foi. Même la célèbre formule populaire “Aide-toi et le ciel t’aidera”, souvent attribuée à la Bible alors qu’elle vient plutôt d’une sagesse ancienne popularisée par Jean de La Fontaine, porte cette idée simple, le ciel ne remplace pas les jambes humaines.

Saint Augustin disait déjà : « Prie comme si tout dépendait de Dieu, agis comme si tout dépendait de toi. » Voilà précisément le problème. Beaucoup ont prié, beaucoup ont débattu, beaucoup ont filmé. Mais qui a agi ?

Les réseaux sociaux ont créé une génération étrange, des détectives sans enquête, des justiciers sans terrain, des indignés professionnels. On filme tout, sauf l’effort. On documente les polémiques, jamais les chaussures poussiéreuses de ceux qui cherchent réellement.

Et pourtant, si cent personnes avaient décidé de parcourir Maetur Nkoabang méthodiquement au lieu de publier cent vidéos sarcastiques, peut-être que cette histoire aurait pris une autre direction. Peut-être pas. Mais au moins, la société aurait essayé autre chose que le spectacle.

Parce qu’au fond, cette affaire dépasse un prophète. Elle révèle notre rapport moderne à la souffrance, nous consommons les drames comme des contenus. La douleur devient tendance, l’émotion devient audience, et la vérité finit noyée entre un live Facebook et une miniature YouTube avec des emojis rouges.

Puis dimanche est passé. Mais les enfants disparus, eux, ne reviennent pas toujours.

Aurore.Njere III
Aurora Spencer

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