18/09/2025
SÉRIE DÉPENDANCE
TITRE : Amour maternel
Technique du couteau à palette
Acrylic sur papier canson
Dimension : 60x50cm
Au centre, une mère se tient penchée, le corps arqué en une forme ovale, protectrice, enveloppante. Elle embrasse tendrement deux enfants qu’elle serre contre elle : l’un, plus jeune et grand, blotti dans le creux de son bras, est manifestement son fils ; l’autre, un peu plus petit, au regard incertain, est un enfant inconnu, accueilli malgré tout avec la même tendresse. La position des corps forme une unité, un refuge presque sacré.
Les figures humaines sont rendues dans des teintes pâles et blanches des blancs laiteux, des touches de beige déposées en aplats épais rigueux et nerveux à la lame du couteau. La peinture ne cherche pas la douceur des contours : elle est brute, tranchée, texturée et chaque geste porte ici une charge émotionnelle. Les visages sont à peine esquissés, absorbés dans la lumière pâle qui tranche avec le fond rouge sombre.
Le rouge, plus vif que celui du fond, semble jaillir comme un cri, une douleur muette ou une mémoire de blessure. Le bleu, froid et isolé, crée des contrastes saisissants : il suggère la solitude, la peur, mais aussi peut-être l’apaisement silencieux qui naît dans cette étreinte maternelle.
La mère aux deux enfants incarne une maternité sans frontières : celle qui aime, protège, accueille qu’importe le lien du sang. Le style expressionniste, ici accentué par la technique du couteau, donne à voir non pas une scène réaliste mais un sentiment brut, viscéral. Le fond rouge sombre enferme et dramatise la scène, tandis que les corps pâles se dressent comme des phares fragiles dans une mer d’émotion.
Cette mère n’est pas un personnage : elle est un symbole. L’amour maternel, dans cette œuvre, devient un acte de résistance, un geste de paix face à la violence du monde. Il s’offre à tous les enfants connus ou inconnus avec la même force, la même douceur écorchée.