20/08/2026
À Ntsingbeu, le Yémbà reprend la parole : « La langue Yémbà en proverbes », un trésor culturel révélé au cœur du festival NGONG-EPONG
NTSINGBEU .
14 août 2026. La culture camerounaise ne se raconte pas seulement dans les danses, les rites et les traditions. Elle vit aussi dans les mots, les expressions, les proverbes et cette sagesse transmise de génération en génération. C’est précisément cette mémoire linguistique que l’ouvrage La langue « Yémbà » en proverbes, de Germain Métàŋmɔ̀, entend préserver, documenter et faire rayonner.
La dédicace de cet ouvrage s’est déroulée le vendredi 14 août 2026, dans la salle des fêtes du village Ntsingbeu, à l’occasion de la troisième édition du festival NGONG-EPONG, organisée en parfaite synergie avec la célébration des 25 ans d’anniversaire de TOCKEM. Un rendez-vous culturel qui aura ainsi offert une place de choix à l’un des patrimoines les plus précieux de l’Ouest Cameroun : la langue.
Le Yémbà, une langue, une mémoire, une identité
Parler du Yémbà, c’est parler d’une langue profondément enracinée dans l’histoire et la culture des peuples de la Menoua, dans la région de l’Ouest Cameroun. Principalement parlée notamment à Dschang, Fongo-Tongo et Foto, cette langue bamiléké compterait environ 300 000 locuteurs, selon les données mentionnées dans l’ouvrage.
Mais derrière les mots se cache bien davantage qu'un simple moyen de communication. Le Yémbà porte une vision du monde, des valeurs, des enseignements, une philosophie et une mémoire collective.
C’est cette richesse que Germain Métàŋmɔ̀ entreprend de mettre en lumière à travers les proverbes, adages, aphorismes, dictons, idiotismes et maximes qui constituent la matière de son ouvrage.
La langue « Yémbà » en proverbes apparaît ainsi comme une véritable passerelle entre les générations : une invitation adressée aux plus jeunes à redécouvrir les mots de leurs ancêtres et, à travers eux, une part essentielle de leur identité culturelle.
Germain Métàŋmɔ̀, le passeur de mémoire
Né en 1953 à Bafou, Germain Métàŋmɔ̀ est originaire du département de la Menoua. Son parcours universitaire et professionnel témoigne d’un profond attachement aux langues, à la transmission du savoir et à la culture.
Directeur des Études à l’Institut Supérieur de Traduction, d’Interprétation et de Communication de Yaoundé, il a également enseigné dans plusieurs lycées, à l’École Normale Supérieure, à la Faculté des Lettres de l’Université de Yaoundé I comme vacataire, puis à l’Université de Dschang comme permanent.
Auteur de plusieurs ouvrages, notamment en espagnol, entre romans et poésie, il fait de la valorisation de la culture ancestrale un fil conducteur de son œuvre. Avec ce nouveau livre, il choisit de placer le Yémbà au premier plan, non pas comme une langue du passé, mais comme un patrimoine vivant qui mérite d’être étudié, transmis et célébré.
Quand le festival NGONG-EPONG devient une tribune pour le patrimoine
La dédicace du livre à Ntsingbeu n’est pas un simple événement littéraire. Elle prend tout son sens dans le cadre de la troisième édition du festival NGONG-EPONG, couplée aux 25 ans de TOCKEM.
À travers cette rencontre entre littérature, langue, mémoire et célébration culturelle, le festival NGONG-EPONG confirme son rôle de plateforme de mise en valeur du patrimoine et des savoirs qui fondent l’identité des communautés.
Le choix de présenter et de dédicacer un ouvrage consacré au Yémbà au cœur de cette grande célébration culturelle est particulièrement symbolique : le festival donne une scène à la culture, et le livre lui donne une mémoire écrite.
Dans un monde où les langues locales sont confrontées aux mutations sociales, à l’évolution des modes de communication et au risque de transmission de plus en plus fragile entre générations, une telle initiative revêt une importance particulière.
Écrire les proverbes pour empêcher la mémoire de s’effacer
Un proverbe n’est jamais une simple phrase. Il condense une expérience, une morale, une observation de la société et parfois plusieurs générations de sagesse.
En rassemblant ces expressions dans un ouvrage, Germain Métàŋmɔ̀ accomplit donc un travail qui dépasse largement le cadre littéraire. Il contribue à archiver une partie de la mémoire immatérielle du peuple Yémbà et à la rendre accessible aux générations présentes et futures.
La dédicace du 14 août 2026 à Ntsingbeu aura ainsi marqué une rencontre particulièrement forte entre le livre et la tradition, l’écrit et l’oralité, la littérature et le patrimoine.
NGONG-EPONG : célébrer le passé pour mieux construire l’avenir
En associant cette dédicace à la troisième édition du festival NGONG-EPONG et aux 25 ans de TOCKEM, Ntsingbeu a offert bien plus qu’un cadre à une cérémonie littéraire.
Le village a été, le temps de cette célébration, un espace où la culture pouvait reprendre toute sa place : celle d’un patrimoine à protéger, mais surtout d’une richesse à transmettre et à faire vivre.
La langue « Yémbà » en proverbes rappelle finalement une évidence : une culture qui perd ses mots risque de perdre une partie de sa mémoire.
À travers cet ouvrage, Germain Métàŋmɔ̀ fait donc bien plus que consigner des proverbes. Il recueille une voix, préserve une sagesse et tend aux générations futures un morceau vivant de leur histoire.
Et à travers le festival NGONG-EPONG, cette voix trouve désormais une tribune pour résonner plus loin.
À Ntsingbeu, le 14 août 2026, le Yémbà n’a pas seulement été célébré. Il a été écrit, transmis et placé au cœur de la mémoire collective.
By Michel Jotsa officiel fans Infos.com TOCKEM Pierre-Marie Metangmo Festival International Reconnection ELANS Infos Festival NGong-Epong PEUPLE NTSINGBEU